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30 juillet 2017 7 30 /07 /juillet /2017 17:50
Magda Pascarel

Magda Pascarel

Aujourd’hui, je présente l’auteure Magda Pascarel.

 

O.B : Bonjour Magda Pascarel. Pouvez-vous vous présenter en     quelques mots, quel est votre parcours, que faisiez-vous avant d’écrire ?

M.P : Je suis née en  Tunisie de parents français, papa militaire de carrière, j’ai suivi mes études une partie en Allemagne puis à Tulle et, ensuite à Bordeaux. Et, par la suite, j’ai effectué une longue carrière médicale et sociale : Au Ministère de la Santé auprès de Mme Simone VEIL, Ministre de la Santé, puis à la Caisse Nationale d’Assurance Maladie des Travailleurs Salariés avec le Professeur Sournia, Médecin directeur National à l’Echelon National du Contrôle Médical à Paris et en province.

 

O.B : Depuis quand écrivez vous et quel(s) type(s) de livre(s) écrivez- vous ?

M.P : J’ai toujours eu dans mes mains un crayon, une gomme, un stylo pour écrire des petits poèmes que mon Papa aimait tant.

Je me suis vraiment mise à écrire à la retraite et j’ai sorti mon premier livre en 2011. J’écris principalement sur le « développement personnel ». Mes premiers livres sont : "Les clés de la réussite par la volonté" et "L'éthique pour offrir un sens à votre vie". Je suis également poète et essayiste.

 

O.B : Quels sont les titres de vos derniers livres ?

M.P : Les deux derniers titres parus sont :

  • Souvenir d’enfance au fil des saisons
  • Bien être  Sérénité accompagné d’un CD musical

 

O.B : Magda, pouvez-vous justement nous  parler de vos derniers ouvrages ?

M.P : Dans "Souvenirs d'Enfance au Fil des Saisons", je raconte mon enfance entre Tunis et Kaiserslauten et mes années heureuses. Je n'ai rien oublié des leçons de sagesse et de courage léguées par mes parents et ma grand-mère. C'est avec beaucoup d'émotion que je retrace, dans ce livre autobiographique, les grandes étapes de ma vie, celles qui ont forgé ma personnalité. Et puis, je voulais témoigner de ce que je dois à chacun.

Quant à "Bien Etre Sérénité", il s'agit d'un petit guide. Je n'ai pas la prétention d'inventer quoi que ce soit. Ce sont tout simplement de petits conseils et des méthodes pour pouvoir être dans une situation de bien être et de sérénité. Je pense que ces conseils peuvent rendre service à mes lecteurs. Il est accompagné d'un CD musical.

 

 

 

MAGDA PASCAREL : UNE AUTEURE
MAGDA PASCAREL : UNE AUTEURE

O.B : Quels sont les sujets qui vous inspirent ?

M.P : Toujours dans ce même domaine que le développement personnel. Je ne saurai pas écrire un roman, par contre, je fais des poèmes.

 

O.B : Quel est le conseil le plus important que vous avez reçu pour écrire ou dans un autre domaine ?

 

M.P : Aucun car ce que j’écris en « développement personnel », est issu de mes études et, par la suite, de toute mon expérience professionnelle acquise après de nombreuses années d'activité.

 

O.B : Les lecteurs s’interrogent souvent sur la méthode des auteurs pour écrire. Avez-vous une technique précise ou est-ce l’inspiration qui vous guide dans la construction de vos livres ?

 

M.P : Cette question pour moi ne se pose pas. Moi, j’écris pour apporter quelque chose aux lecteurs, pour améliorer leur quotidien avec mon savoir. Je n’écris pas pour être écrivain, j’écris pour rejoindre en silence cet amour qui manque à tout « Amour ».

 

O.B : Travaillez-vous sur un nouveau projet et si oui, sans tout nous  dévoiler, quel en est le thème ?

 

M.P : Oui, j’y pense. Bien entendu ce sera sur le développement personnel, il y a tant à dire.

 

O.B : Allez-vous participer prochainement à un évènement littéraire ?

M.P : Oui, je serai dimanche 6 août à Champs sur Tarentaine, ensuite à Montcuq le Quercy Blanc, Excideuil, Monclar le Quercy, Villepinte, Niort, Lourdes, Pau, et comme cela jusqu’au mois de décembre.

 

O.B : Quel est le conseil que vous donneriez à un auteur débutant ?

M.P : Que son livre soit clair et aéré, avec des caractères suffisamment  gros pour que tout le monde puisse le lire. Et puis enfin, faire attention qu’il ne paraisse pas avec des fautes d’orthographe ce qui gâche un peu le livre et le plaisir du lecteur. D’où la nécessité d’avoir de très bons correcteurs…

 

O.B : Comment appréhendez vous le monde de l’édition        d’aujourd’hui ?

 

M.P : Moi, je n’appréhende pas le monde de l’édition. Je suis en auto-édition et je pense tout simplement que la seule difficulté tient à l’investissement financier pour le tirage, mais que c’est accessible à tous.

Mais par contre, par la suite, pour assurer la promotion et la diffusion c’est contraignant. D’un côté, vous avez les maisons d’édition qui ont un réseau de diffusion en librairie très large, qui investissent sur leurs écrivains dont les droits sont faibles. De l’autre côté, vous avez les auteurs auto-édités qui investissent eux même dans l’impression de leurs ouvrages et qui doivent assurer eux même la diffusion. Dans ce cas, l’auteur participe en toute indépendance aux salons du livre qu’il choisi, il dédicace et vend directement ses livres à ses lecteurs (1).

 

OB : Magda, avez-vous des auteurs fétiches ?

M.P : Oui bien sûr. J’aime Erik Orsenna, Marc Levy, Christophe André, Alexandre Jollien,Roger Cavalié, Morgane Seliman Christian Signol, Régine Laprade ou encore Matthieu Ricard dont « Trois Amis en quête de Sagesse », est un livre formidable à relire plusieurs fois.

 

O.B : Que lisez-vous en ce moment ?

M.P : Actuellement, je lis « Le Relais de la belle Etoile » de Marie Claude Remond ( IFIE EDITIONS PERIGORD) un livre offert aux auteurs lors de la foire du livre de Lanouaille.

 

O.B : Une question essentielle : où peut-on se procurer vos livres et où peut-on suivre votre actualité ?

 

M.P : Les lecteurs peuvent acquérir mes livres auprès des Editions EIVLYS, Monsieur Jean Louis Mauré, à 15200 Mauriac : 23, rue Charles Périé,

et sur mon site :

http://magda-pascarel.com

 

O.B : Merci Magda Pascarel d’avoir participé à cette interview qui va permettre à nos lecteurs de mieux vous connaitre.

 

 

Olivier Blochet

Interview réalisée le 29 juillet 2017

 

(1)  NDLR : nous précisons aux lecteurs que la production littéraire est très importante et que les éditeurs ne signent pas, bien entendu, tous les livres qui leurs sont proposés. L’auto-édition est un moyen de faire paraître ses livres en maîtrisant le tirage. Mais il ne faut pas voir les auto-édités comme des auteurs exclu de la fameuse chaîne du livre. Certains écrivains choisissent ce statut pour garder leur liberté éditoriale et leur choix de participer à tel ou tel événement littéraire, liberté que n’ont pas forcément les écrivains appartenant à certaines « écuries ». En fait, il y a de la place pour tout le monde, observation faite qu’il existe des bons livres dans les deux systèmes, et des moins bons aussi …

Magda Pascarel au 1er Salon du Livre de La Mothe Achard les 13 et 14 mai 2017

Magda Pascarel au 1er Salon du Livre de La Mothe Achard les 13 et 14 mai 2017

MAGDA PASCAREL : UNE AUTEURE
MAGDA PASCAREL : UNE AUTEURE
MAGDA PASCAREL : UNE AUTEURE
MAGDA PASCAREL : UNE AUTEURE
MAGDA PASCAREL : UNE AUTEURE
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26 juillet 2017 3 26 /07 /juillet /2017 08:41
LA DURBELIERE - EXTRAIT DE : LES AVENTURES DE VICTORIEN LAFLEUR

EXTRAIT DU ROMAN HISTORIQUE

"LES AVENTURES DE VICTORIEN LAFLEUR"

Olivier Blochet

Editions La Comoé 2017

page 157 à 158

extrait illustré de photographies prises par l'auteur le 23 juillet 2017

 

3

 

                Victorien parvient à La Durbelière en milieu de matinée. Il suit une longue allée avant d’atteindre un grand mur d’enceinte percé en son centre d’un magnifique porche encadré par deux pilastres à chapiteau dorique. Les dépendances du château n’ont pas pâti des incendies mais elles sont désertes. 

 

Le porche et les dépendances du château - photographies copyright Olivier Blochet - juillet 2017Le porche et les dépendances du château - photographies copyright Olivier Blochet - juillet 2017

Le porche et les dépendances du château - photographies copyright Olivier Blochet - juillet 2017

 

Victorien met pied à terre pour traverser la cour d’honneur jusqu’aux douves entourant les ruines de la demeure avec ses deux ailes en retour. Au dessus de l’ancienne porte d’entrée, les armes de la famille du Vergier de La Rochejaquelein veillent sur ce qui subsiste de cette splendide bâtisse.

Photographie Copyright Olivier Blochet - juillet 2017

Photographie Copyright Olivier Blochet - juillet 2017

Victorien emprunte ensuite un petit pont dallé au dessus des douves pour rejoindre les jardins d’agrément laissés à l’abandon. Il pousse ensuite son exploration jusqu’aux eaux dormantes d’un étang sur lequel les ombres d’une futaie se reflètent. Le temps est légèrement brumeux et pas un bruit ne vient troubler ce moment paisible jusqu’à ce qu’un clapotis n’attire son attention.

               

Photographies copyright Olivier Blochet juillet 2017Photographies copyright Olivier Blochet juillet 2017
Photographies copyright Olivier Blochet juillet 2017

Photographies copyright Olivier Blochet juillet 2017

Une jeune femme évolue dans l’eau jusqu’à la taille. Elle aime particulièrement ce temps là pour se baigner dans l’étang. Quand elle sent son voile légèrement transparent lui coller au corps elle éprouve une sensation faite de frissons, sur ses seins et entre ses jambes, comme une brûlure sensuelle réveillant des désirs que la fraîcheur de l’eau ne parvient pas à apaiser.

 

Sur le bord de la rive, son regard surprend celui d'un homme. Intriguée, elle sort de l'eau sans pudeur et s'approche doucement de l'intrus. Des brindilles de bois secs craquent sous ses pas.

 

Les yeux dans les yeux, sans parole, elle observe Victorien. Des larmes coulent sur son visage lorsque le jeune homme accueille tendrement sa tête sur son épaule. Il lui passe les mains dans ses cheveux bouclés, incapable de prononcer un mot. Lorsqu'elle se redresse, elle approche sa bouche et dépose avec délicatesse un simple baiser sur celle de Victorien. Le sifflement de quelques oiseaux brise le silence solennel de l'instant avant que Marie-Hortense ne s'enfuit en courtant dans la futaie.

 

Les épaules voûtées et le regard embué de larmes, Victorien repart chercher sa monture près du château ruiné.

 

Photographies copyright Olivier Blochet -  juillet 2017
Photographies copyright Olivier Blochet -  juillet 2017
Photographies copyright Olivier Blochet -  juillet 2017
Photographies copyright Olivier Blochet -  juillet 2017
Photographies copyright Olivier Blochet -  juillet 2017

Photographies copyright Olivier Blochet - juillet 2017

LES AVENTURES DE VICTORIEN LAFLEUR

d' Olivier Blochet

Editions La comoé - 2017 : 14, 90 €

Bon de commande à envoyer sur papier libre à Olivier Blochet, 8 rue principale - 79290 Brion Près Thouet, en mentionnant vos noms et adresse, accompagné du chèque de règlement (frais de port offerts) - dédicace sur demande

LA DURBELIERE - EXTRAIT DE : LES AVENTURES DE VICTORIEN LAFLEUR
LA DURBELIERE - EXTRAIT DE : LES AVENTURES DE VICTORIEN LAFLEUR
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24 juillet 2017 1 24 /07 /juillet /2017 08:39
SALON DU LIVRE DE DOLUS D'OLERON - DES LIVRES ET LES ARTS DANS LA RUE - LE 27 JUILLET 2017

Avec un plaisir renouvelé, je participerai au Salon du Livre de Dolus d'Oléron le jeudi 27 juillet 2017 aux côtés de mes amis (par ordre alphabétique) : Claudine Aubineau,Marie Bessaguet, , Jean Pierre Bonnet,  Christian Drillaud, Pierre Dumousseau, Jean-Paul Fontanon,Thierry Jouet,Jean-Luc Loiret, Stéphane Marais, Sophie Salleron, Michel Van de Wiele, Robert Vignaud et bien d'autres auteurs et d'artistes.

Il s'agit d'une agréable manifestation littéraire destinée à vous permettre de découvrir les livres de vos vacances présentés par leurs auteurs.

Au plaisir de vous y rencontrer.

 

Olivier Blochet

Les auteurs présents

Les auteurs présents

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Published by Olivier BLOCHET - dans Salon du livre
20 juillet 2017 4 20 /07 /juillet /2017 10:58
8e SALON DU LIVRE VENDEEN - LE REFUGE DU LIVRE - FORET DE GRASLA - LES 22 ET 23 JUILLET 2017

Les 22 et 23 juillet, j'aurai le plaisir de participer à la 8e édition du Salon du Livre Vendéen -"Refuge du Livre" - dans la forêt de Grasla (85) avec 92 autres auteurs.

Bien entendu, je présenterai "Les Aventures de Victorien Lafleur", mon dernier roman dont l'intrigue se déroule dans la période mouvementée des guerres de Vendée.

Venez-nous retrouver et découvrir non seulement des livres vendéens, mais également ceux d'une délégation d'auteurs Belges.

 

Olivier Blochet

 

 

8e SALON DU LIVRE VENDEEN - LE REFUGE DU LIVRE - FORET DE GRASLA - LES 22 ET 23 JUILLET 2017
8e SALON DU LIVRE VENDEEN - LE REFUGE DU LIVRE - FORET DE GRASLA - LES 22 ET 23 JUILLET 2017
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18 juillet 2017 2 18 /07 /juillet /2017 06:30
Christophe Michaud

Christophe Michaud

Aujourd’hui, je présente Christophe Michaud :

un auteur de Dark fantasy .

 

O.B : Bonjour, Christophe Michaud, pouvez-vous vous présenter en quelques mots : quel est votre parcours, que faisiez-vous avant d’écrire ?

C.M : J’ai toujours été attiré par les livres. C’est donc tout naturellement, que j’ai commencé ma vie professionnelle en tant que libraire. Malheureusement, je suis arrivé  dans le métier à la fin des années 80, au moment où la librairie traditionnelle a commencé à décliner. Je ne me voyais pas faire de la mise en rayon dans la grande distribution. J’ai donc repris mes études pour travailler dans l’édition mais j’ai découvert la géographie, ce qui m’a amené à l’urbanisme que j’ai exercé pendant dix ans. Les aléas de la vie ont fait que je me suis retrouvé dans l’informatique. C’est un métier que j’affectionne particulièrement et qui me permet de disposer d’un peu de temps libre pour écrire.

 

O.B : Depuis quand écrivez vous et quel type de livre écrivez- vous ?

C.M : J’écris depuis tout petit. J’ai toujours aimé prendre une feuille et un crayon et laisser mon esprit vagabonder. J’ai voulu me diriger vers l’écriture de scénarii de BD mais ma vie professionnelle ne m’a pas laissé le temps de m’investir dans mes projets. Je me suis remis à écrire vers 2010. J’ai choisi de faire de la Dark fantasy, un genre un peu confidentiel mais si intéressant. Ceci dit, je ne me limite pas qu’à ce type de récits, je travaille aussi sur des projets de science-fiction ou de thriller, voire aussi un livre pour enfants.

 

O.B : Quels sont les titres de vos derniers livres ?

C.M : Mes derniers livres sont « le Sacrifice des Dieux » et « Le sacrifice des âmes du Purgatoire » issus de la série illustrée Codex Memoriæ. Celle-ci s’inspire de l’univers lovecraftien auquel j’ajoute de la mythologie grecque. On y suit, dans les années trente, un enquêteur du Saint Office qui se retrouve confronté à des situations qui le dépassent. La folie et les pertes de repères y sont également très présentes.

Les livres sont travaillés pour être des livres objets, avec une maquette un peu rétro et des illustrations, particulièrement en ce qui concerne « le sacrifice des Dieux » qui reprend le concept d’un journal de bord.

 

O.B : Pouvez-vous nous  parler de votre dernier ouvrage ?

 

C.M : Oui bien sûr. C’est un récit court intitulé “Le Réveilleur” où un tueur en série raconte son histoire à sa prochaine et dernière victime. La majeure partie de l’intrigue se déroule par une merveilleuse journée d’automne 44. C’est une histoire fantastique (on reste dans le genre de la dark fantasy) sur le thème d’une vengeance endiablée.

 

O.B : Quels sont les sujets qui vous inspirent ?

 

C.M : J’affectionne particulièrement les sujets qui mettent l’Homme à une place insignifiante dans l’Univers. J’aime également exploiter les côtés sombres des personnages. Je me suis un peu lassé de lire des romans avec des personnalités lisses et, du coup, j’ai voulu prendre un peu le contrepied. Je trouve que c’est plus intéressant quand il n’y en a pas un pour rattraper l’autre.

 

O.B : Quel est le conseil le plus important que vous avez reçu pour écrire ou dans un autre domaine ?

 

C.M : Lorsque j’ai repris mes études, je suis passé par un équivalent du bac qui m’a permis d’entrer à l’université. Je suis donc arrivé en première année de géographie sans avoir fait de lycée. Cette année a été particulièrement difficile et éprouvante pour moi. Alors que j’allais chercher les résultats des partiels au secrétariat de l’Institut de Géographie de Paris IV, en sachant que j’avais tout raté (j’avais juste eu mon UV de probabilité, allez savoir pourquoi), je croise Jean-Robert Pitte, un de nos grands géographe français. Celui-ci me salue et m’indique que mes examens ne se sont pas bien déroulés. Il a eu une phrase simple et encourageante : “Ne vous laissez pas abattre”. Pour lui ce n’était probablement pas grand chose, mais pour moi, cette petite phrase m’a redonnée de l’énergie. J’ai suivi son conseil et tout s’est très bien passé. Aujourd’hui encore, quand j’ai un coup de mou je repense à ce moment et c’est reparti (sourire).

 

O.B : Christophe, les lecteurs s’interrogent souvent sur la méthode des auteurs pour écrire. Avez-vous une technique précise ou est-ce l’inspiration qui vous guide dans la construction de vos intrigues et de vos personnages ?

 

C.M : Ca dépend un peu du sujet. Une histoire comme « le Réveilleur » est très construite, selon une timeline précise. J’ai décrit chaque étape du récit dans l’ordre chronologique puis, ensuite, j’ai développé l’axe narratif. Pour « Codex Memoriæ », je connais le début et la fin avec en général une étape clef du récit. C’est donc mon inspiration qui guide mon écriture. Comme l’ambiance est assez onirique, je laisse souvent mon esprit vagabonder pour ensuite formaliser mes idées.  

 

O.B : Travaillez-vous sur un nouveau projet et si oui, sans nous dévoiler l’intrigue, quel en est le thème ?

 

C.M : Je travaille sur le troisième volume de « Codex Memoriæ ». Il parlera de la lumière nécessaire pour lutter contre les ténèbres. Toutefois, avoir un éclairage dans l’obscurité ne vous empêche pas de vous perdre. Bien que le côté fantastique soit toujours présent, il sera davantage traité comme un thriller afin d’élargir mon lectorat. Sans le gommer complètement, je vais minimiser l’aspect lovecraftien pour me donner un peu plus d’ouverture dans mes intrigues.

 

O.B : Allez-vous participer prochainement à un évènement littéraire ?

C.M : Oui, le salon du livre de Niort le 8 octobre.

 

O.B : Quel est le conseil que vous donneriez à un auteur débutant ?

 

C.M : Ne pas en garder sous le coude. Au contraire, mettre tout ce qu’on a dans son premier livre. Garder des idées pour un autre livre ne me semble pas pertinent car rien ne dit qu’il se fera. On a le temps d’évoluer, tant son écriture que dans sa manière de créer, et les idées qui auraient pu servir dans un premier livre seront perdues alors qu’elles auraient pu lui apporter de très bonnes choses. Si besoin, on trouvera toujours de nouvelles idées pour un prochain livre.

 

O.B : Actuellement, un grand nombre d’auteurs pense que le monde de l’édition est en crise. Pour votre part, comment appréhendez-vous celui-ci ?

C.M : Le monde de l’édition est en mutation. Le virage est difficile pour les éditeurs qui ont pignon sur rue et qui doivent désormais transiger avec tout un tas de jeunes maisons d’éditions numériques particulièrement dynamiques. Toutefois, tous doivent composer avec l’autoédition qui est une sorte d’épine dans leur pied. Il y a du bon et du moins bon, mais aujourd’hui, l’éditeur, pour moi, ne reste qu’un chef de projet (spécialisé dans l’édition). Je crois que la seule vraie différence concerne la promotion. Un éditeur (et je ne parle pas des sociétés de service qui se font passer pour tel) a des moyens de promotion et un réseau de distribution qu’un autoédité n’a pas et n’aura jamais. Réaliser une couverture, une maquette, ou s’attacher les services d’un correcteur est à la portée de tous, ce n’est qu’une question de moyens, mais ça reste accessible. Par contre, assurer sa promotion  et la diffusion est beaucoup plus difficile. Cela nécessite un savoir-faire que seules les maisons d’édition ont.

Au final, on s’aperçoit que les éditeurs lorgnent du côté des autoédités car ils représentent un vivier dans lequel ils peuvent piocher à tout moment, particulièrement quand l’auteur commence à avoir du succès avec l’avantage de ne pas investir sur son lancement. La boucle est bouclée et c’est très bien comme ça. On pourrait dire que rien ne se perd et que tout se transforme. Le dernier exemple en date est de celui de Jacques Vandroux, ce qui va pouvoir donner à sa déjà belle carrière d’auteur, un très bel essor (bien mérité).

 

O.B : Christophe, avez-vous des auteurs fétiches ?

C.M : Evidemment, Lovecraft. Je ne me lasse pas de lire et relire ses récits. Il tient une place assez importante dans mon cœur. Sinon, j’apprécie grandement Mickaël Moorcock, pour son concept de multivers. Howard et Ashton Smith pour le côté Héroic Fantasy. Pratchett pour son sens de l’humour. Dan Simmons pour la SF, Chattam pour les thrillers. Plus récemment des coups de coeur avec Zàfon et son « Ombre du vent », Justine Niogret et son « Chien du heaume » ou encore Damasio avec « la Horde du Contrevent ».

 

O.B : Que lisez-vous en ce moment ?

C.M : Je la lis la superbe intégrale de Clark Ashton Smith produit par Mnémos dans le cadre d’un financement participatif.

 

O.B : Une question essentielle : où peut-on se procurer vos livres et où peut-on suivre votre actualité ?

C.M : J’ai un site internet www.codexmemoriae.com où l’on retrouve mon actualité et les liens vers mes livres ainsi que les bandes-annonces. Il y a également une page Facebook dédiée et un compte twitter.

Les ouvrages sont disponibles en numérique via Amazon, Kobo, Google Play ou iBooks d’Apple mais aussi en format papier par l’intermédiaire de Lulu.com

 

O.B : Merci  Christophe Michaud d’avoir participé à cette interview qui va permettre aux lecteurs de vous découvrir ou de mieux vous connaitre.

 

 

Olivier Blochet

Interview réalisée le 8 juillet 2017

CHRISTOPHE MICHAUD : UN AUTEUR DE DARK FANTASY
CHRISTOPHE MICHAUD : UN AUTEUR DE DARK FANTASY
CHRISTOPHE MICHAUD : UN AUTEUR DE DARK FANTASY
Christophe Michaud au 18e Salon du livre de Montmorillon les 24 et 25 juin 2017 (photo copyright Olivier Blochet juin 2017)

Christophe Michaud au 18e Salon du livre de Montmorillon les 24 et 25 juin 2017 (photo copyright Olivier Blochet juin 2017)

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8 juillet 2017 6 08 /07 /juillet /2017 16:35
Françoise Bercot

Françoise Bercot

Aujourd’hui, je présente Françoise Bercot une auteure

 

O.B : Bonjour Françoise Bercot. Merci d’avoir accepté cette nouvelle interview. Je rappelle à nos lecteurs que je vous avais présenté sur ce blog après la parution de « La fabrique de fantaisie »  en mai 2014. Depuis, vous avez eu une période d’activité intense liée à cette parution. Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

En effet, ce livre a reçu le prix des Gourmets de Lettres de Toulouse, et l’accueil que m’a réservé cette ville m’a inspiré un autre livre intitulé Les Roses rouges de Toulouse, dont le peintre Mariano OTERO m’a fait l’honneur d’illustrer la couverture. Cela a été une rencontre liée aux affinités électives, car j’ai mis en exergue des vers de Garcia Lorca, que le père de Mariano a été le dernier à interviewer, ce que j’ignorais. Mon choix s’était porté spontanément sur un pastel de ce peintre dont je connaissais surtout les tableaux représentant des danseurs de tango. Peut-être devrais-je préciser que le personnage principal est espagnol. Le thème du livre est une rencontre amoureuse racontée de façon différente en fonction des narrateurs qui se succèdent sous forme de témoins, ou des points de vue adoptés. Il s’agit en quelque sorte d’exercices de style à la Queneau, c’est-à-dire de variations autour d’un thème central décliné chaque fois dans  un style et un registre de langue  différent, incluant de la poésie, des saynètes, des calligrammes…Ce procédé se retrouve dans ma Fabrique de fantaisie, notamment dans les discours de mariage de la deuxième partie. Ces deux livres ont été présentés dans de nombreux salons, en France et en Belgique (Mons). Je tiens à dire à quel point l’illustration de couverture est importante pour moi.  

 

 

 

FRANCOISE BERCOT : ENTRE LES MAILLES DE LA FOLIE

Je vous présente également, la photo d’une vitrine présentant les livres illustrés par le peintre Pascal EWALD auquel je tiens à rendre hommage, suivie d’un article de journal relatant l’événement.

FRANCOISE BERCOT : ENTRE LES MAILLES DE LA FOLIE
FRANCOISE BERCOT : ENTRE LES MAILLES DE LA FOLIE

OB : La parution de votre nouvel ouvrage est prévue en octobre prochain sous le titre de «   Entre les mailles de la folie ». Quel en est le thème et le sens du sous-titre « Suzanne Takes you down » ?

F .B : Le thème est tout entier dans le titre…C’est une allusion aux mailles du filet qui retiennent prisonnier. Ici, il s’agit de d’échapper à la folie qui nous entoure sous des formes multiples, là encore. C’est cette multiplicité et cette variété qui m’inspire. Cette fois-ci j’ai choisi d’écrire à la 2è personne du singulier pour entraîner avec moi le lecteur dans les méandres de la vie de Suzanne. Le sous-titre est directement inspiré de la chanson éponyme de Leonard Cohen. Suzanne vous entraîne dans son monde intérieur, dans sa folie douce …et pour mieux y pénétrer, j'ai choisi un narrateur omniscient, qui connaît les secrets intimes de Suzanne et à travers lequel, par un effet de miroir, l’auteur s'adresse au lecteur, de sorte que ce dernier s’identifie au personnage principal.

Du moins je l’espère !   

         

O.B : En vous adressant directement au lecteur, l’auteure que vous êtes nous renvoie à notre propre vécu et à nos émotions intimes dans un style original qui mêle humour et dérision, réalité mais aussi fiction,  dialogues et réflexions.

F.B : Oui, je l'ai voulu comme un échange de mails, journal intime, confidences, aperçus photographiques, secrets entrevus et entrevues secrètes, critiques de l’accueil en établissements prétendus hospitaliers, réflexions sur la maladie d’Alzheimer, amours fictifs ou  impossibles, relatant  des évènements tantôt tragiques, tantôt triviaux, souvent les deux à la fois, le narrateur  est un témoin omniscient qui nous entraîne dans  un tourbillon de folie tantôt douce, tantôt sévère,  car la vie  de Suzanne ne ressemble pas à un long fleuve tranquille, mais comme le chante Leonard Cohen :

She’s half-crazy but that's why you want to be there

Elle est à demi-folle mais c’est pour ça que tu veux être là.

 

                      

illustration : Daniel Challand

illustration : Daniel Challand

O.B : Françoise, vous avez un éclectisme littéraire assez fascinant. Comment faites-vous pour allier plusieurs activités professionnelles et des domaines d’explorations littéraires aussi divers ?

F.B : J’étais professeur de Lettres et passionnée de littérature. Je n’ai eu aucune difficulté à mener de front ma carrière d’enseignante et celle d’écrivaine. Cela était complémentaire. En outre, travaillant dans un lycée international, j’ai pu également cultiver mon amour des langues étrangères. Par ailleurs, ma formation de danseuse classique et modern’ jazz m’a tout naturellement amenée à la pratique d’un art martial chinois, satisfaisant ainsi ma quête d’esthétisme. Les calligrammes qui figurent dans la plupart de mes livres et la calligraphie en couverture de mon premier roman participent à cette quête de beauté et d'harmonie.

 

O.B : J’imagine que votre programme de fin d’année sera chargé et lié principalement à la parution de votre nouveau livre.

F.B : Oui, plusieurs salons du livre m’ont invitée, notamment ceux de Paris, Dourdan,  Lyon, Toulouse, Oléron, Rennes, Montmorillon,Mons. J'espère être présente à la fête du livre du Var, car c'est une région que j'évoque dans la plupart de mes romans et à laquelle je suis très attachée. En outre, deux peintres varois illustrent mes couvertures : Pascal Ewald et Daniel Challand.

Et bien sûr des séances  de dédicaces en librairie.

 

O.B : Vous êtes une des rares auteures française à vous rendre souvent à l’étranger pour des manifestations littéraires. Quelles expériences retirez-vous de ces rencontres ?

F.B : C’est toujours un plaisir de découvrir des lecteurs fervents de langue et de littérature françaises. C’est aussi un honneur pour moi de me retrouver avec des auteurs tels que Grimbert, Fernandez ou  Ruffin, ou encore le dessinateur de BD Daniel Kox dans le cadre de ces rencontres à l’étranger.

 

O.B : La littérature française a-t-elle toujours une aussi belle aura à l’étranger ?

F.B : Oui ! (en s’exclamant)

 

O.B : Françoise, avez-vous le sentiment que la crise du livre que nous ressentons aujourd’hui en France existe également dans les pays que vous fréquentez professionnellement ?

F.B : je n’ai pas cette impression, mais il m’est difficile d’avoir un point de vue objectif, car les étrangers qui achètent mes livres sont par définition  amoureux de notre culture.

 

O.B : J’imagine que vous projetez déjà un prochain livre pour 2018. Pouvez-vous nous en parler ou est ce trop tôt ?

F.B : Effectivement, je viens de commencer un roman, et c’est trop tôt pour en parler car je suis en plein processus d’élaboration.

 

O.B : Françoise vous nous faites un cadeau appréciable en nous offrant trois extraits de « Entre les mailles de la folie », que je reproduis ci-dessous :

 

Extrait n°1 :

 

MONSIEUR LE PILOTE,

Voilà bien longtemps que je voulais vous écrire,

Mais vous savez comment sont les grandes personnes, elles remettent au lendemain les choses essentielles pour se consacrer à leurs occupations d’adultes, elles préfèrent regarder la TV ou jouer avec leur ordinateur plutôt que rédiger une missive.

Bien sûr, le temps pour vous n’existe pas, et l’essentiel est invisible. Ce qui compte, c’est ce qu’on a dans le cœur. Alors vous pardonnerez sans doute  ma négligence et ma paresse. Un jour ou l’autre, pensais-je, il faudra bien que je dise au pilote que le petit Prince est redescendu sue Terre. Je l’ai tout de suite reconnu avec ses cheveux blonds, son regard clair son sourire d’enfant, sa silhouette fragile et sa longue écharpe flottant dans le vent, car le mistral soufflait fort ce jour-là.

Il exposait dans une galerie, car il avait eu tout le loisir d’apprendre à dessiner et à sculpter. Pas seulement des moutons ni des éléphants dans un boa, pas simplement des baobabs ni des volcans, mais toutes sortes d’animaux imaginaires, d’arbres, de fleurs, de drôles d’engins, d’hommes de de femmes parmi lesquelles je crus me reconnaître, et vous, monsieur le pilote, que je pris d’abord pour un embryon, tout recroquevillé dans une capsule entourée de flammes et flottant dans l’azur. La sculpture me plut tant que je l’acquis. Par la suite, chaque fois que j’écrivais un livre, je choisissais une œuvre de mon ami pour sa couverture.

Quitter son étoile pour venir sculpter la matière, c’était original, signer ses œuvres Eldjfall, c’était astucieux. J’ai fait des recherches ; en islandais, ça signifie volcan. Ervin Eldjall, ça sonnait bien. C’est pour cela aussi que j’aime le petit Prince : c’est un poète. Il possédait une fleur unique, dont monsieur de Saint-Exupéry nous a caché le nom : Maria Mey, qui signifie rose mystique dans sa langue.

Je suis persuadée qu’il est revenu sur terre pour embellir notre vie.

Et puis un jour le serpent l’a retrouvé et lui a injecté son venin et mon ami a de nouveau disparu

 

Extrait N°2 :

 C’est l’histoire d’un mec nommé Jules marié depuis plus de trente ans, grand-père de cinq minots, qui après des années de mésentente conjugale décide de co-abiter avec son épouse, une forme d’habitat sans coït très répandue chez les hommes mariés infidèles que leur maîtresse fait semblant de croire.

La régulière de Jules est mariée à un type violent et jaloux, qui, un mauvais jour, tente de la noyer dans sa baignoire et se ravise au dernier moment, laissant des marques prononcées sur le cou de la victime, qui va porter plainte. Appréhendé par la police, il reconnaît les faits et déclare avoir agi par dépit amoureux, mettant en cause l’infidélité de sa femme avec notre mec. Scandale au village.

Le type est condamné à six mois de prison avec sursis et Marie, la victime, obtient le divorce. Jules lui promet de quitter sa femme, mais il ne veut pas abandonner sa belle villa au sommet de la colline, d’où il peut contempler chaque soir le coucher de soleil sur les calanques, tandis que les lumières du village s’allument une à une à ses pieds comme les étoiles au firmament. Jules est poète à ses heures.

Son épouse non plus ne veut pas quitter la maison où elle a vu grandir ses enfants et petits-enfants.

Tout continue donc comme avant, sauf que la maîtresse est libre à présent.

Mais un autre drame survient : le condamné de justice, jugeant sans doute sa sentence trop légère, la convertit en peine de mort. Il se suicide. Ça ne refroidit pas pour autant les ardeurs de son ex-femme qui, le jour des funérailles, tombe littéralement dans les bras d’un ami d’enfance. Joseph est marié et père de trois enfants. Il promet à Marie de divorcer pour refaire sa vie avec elle.

Et notre mec alors, que devient-il dans l’histoire ? Écouter les confidences sur l’oreiller de sa maîtresse lui donne un sentiment de supériorité. Il peut jouer les jules protecteurs comme par le passé. Il est plus amoureux que jamais de cette pauvre Marie qui n’a pas l’air de savoir à quel saint se vouer. Marie est bonne, cela va sans dire. Jules n’est donc pas malheureux : il a une belle et grande maison, une belle et grande famille, un bon métier , une bonne amie, et de bons copains musiciens, car non content d’être poète, il fait des galas en tant que chanteur. C’est d’ailleurs chez l’un d’entre eux qu’il a fait connaissance d’une Parisienne, qu’il est certain d’avoir déjà vue quelque part ....sa silhouette ne lui est pas inconnue : elle lui évoque certaines sculptures d’Ervin. Elle a une jolie voix et il lui dit que si elle venait s’installer dans le sud, ils pourraient faire un duo.

Il lui propose même un rendez-vous sur la plage.

Le jour J, Jules se dégonfle. Si sa conjointe (encore que dans le cas présent le terme soit aussi peu approprié que le verbe cohabiter) ou sa régulière venait à l’apprendre, une nouvelle crise pourrait éclater au sein du couple et Marie risquerait de le planter.

Peu de temps après, il croise Suzanne lors d’une exposition des œuvres d’Ervin et fait semblant de ne pas la voir.

Suspension de quatre années.

Un jour de cafard, notre mec appelle la Parisienne. Il prétend s’être trompé de numéro et feint la bonne surprise.

 

 EXTRAIT N°3 :

Un matin, la femme de chambre t’annonce que l’infirmière en chef veut te voir. Habituellement, c’est l’inverse. Mais comme d’habitude, en arrivant à l’infirmerie tu trouves porte close. On te dit : l’infirmière est à l’étage. C’est comme si l’on te disait : la concierge est dans l’escalier. On ne sait pas dans quel escalier ni dans quel étage, on ne sait jamais rien : pourquoi ta mère est couverte de bleus, où, quand, comment elle se les est faits. Il n’y a jamais de témoin. On ne sait pas non plus pourquoi il y a un déambulateur dans sa chambre, non, on ne lui fait pas de perfusion, c’est juste au cas où...Elle mange toujours quand tu n’es pas là, bref, tout se passe bien, on n’a jamais rien à te signaler, mais ce matin, l’infirmière veut te voir. Pourquoi ? On ne sait pas. Tu cours vers la chambre de ta mère. La Mégère et un type en blouse blanche occupent la largeur de la porte. Le type est le nouveau médecin conseil. Il veut te parler. Quoi, mais quoi ? Ma mère ne vit plus, c’est ça ? Non, on l’a agressée. Agressée ? Où, quand, comment ? Elle vit encore ? Entrons dans la chambre. Ta mère endormie porte deux énormes marques rouges au niveau des carotides. Un résident a failli l’étrangler .Quand, comment ? Probablement la nuit. Qui a fait ça ? On ne sait pas. Même si l’on savait, on ne te donnerait pas le nom de l’agresseur. C’est un malade, il est irresponsable.

  • Vous allez prévenir sa famille et le faire hospitaliser ? Il faut le mettre sous camisole chimique ! Et ma mère, elle va s’en tirer ?
  • On va faire le nécessaire, ne vous inquiétez pas.
  • Ma mère a failli être tuée et vous voudriez que je ne sois pas inquiète ?

Maintenant ils sont trois : La Mégère, monsieur Purgon, et la psychologue. Si tu as besoin de parler, madame Le Divan est à ta disposition.

  • Parler, parler, tout ce dont j’ai besoin, c’est d’être sûre que ma mère n’est plus en danger et que l’ordre va régner dans cet établissement. Vous avez prévenu son médecin traitant ?
  • C’est à vous de le faire.

Tu remercies les trois comédiens de t’avoir prévenue.

  • C’est la moindre des choses, répondent-ils.
  • EHPAD’ souci ! Clames tu en détachant bien les deux premières consonnes, avant de foncer au commissariat le plus proche pour déposer une main courante.

 

O.B : Merci Françoise Bercot de nous avoir accordé de votre temps. Nous attendrons avec impatience la parution de «  Entre les mailles de la folie »  et nous en reparlerons probablement ici même à ce moment là.

 

F.B : Merci Olivier pour cette interview que vous m’avez proposée en dépit d’un emploi du temps chargé et d’une actualité littéraire foisonnante.

 

Olivier Blochet

Interview réalisée le 02 juillet 2017

 

Vous pouvez retrouver Françoise Bercot sur sa page Facebook : Frann Bercot

Françoise Bercot

Françoise Bercot

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2 juillet 2017 7 02 /07 /juillet /2017 09:50
LE CHATEAU DES LIVRES DU 1er au 17 JUILLET 2017 AU CHATEAU D'OLERON

J'aurai le plaisir de participer au CHATEAU DES LIVRES, rue du port au Château d' Oléron les 5 et 6 juillet puis les 14,15 et 16 juillet 2017.

Sous un superbe kiosque en bois d'arbres, des écrivains se relaient pour vous proposer les livres de vos vacances, ceux que vous lirez sur la plage ou sur la terrasse ombragée de votre maison de vacances. Tous les styles littéraires y seront représentés et chaque auteur prendra le temps de discuter avec vous avant de vous faire une belle dédicace personnalisée.

Et oui, les vacances ce n'est pas que "sea, sex and sun" c'est aussi se poser avec un livre pour que son esprit s'évade !

Pour connaître les auteurs présents au fil de la marée :

https://www.periple.org/ch%C3%A2teau-de-livres/

 

Alors à bientôt !

 

Olivier Blochet

 

 

 

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28 juin 2017 3 28 /06 /juin /2017 13:15
DEDICACES A L'ESPACE CULTUREL LECLERC DE SAUMUR LE 1er JUILLET 2017

J'aurai le plaisir de dédicacer mes livres à l'ESPACE CULTUREL LECLERC de SAUMUR le samedi 1er juillet 2017 de 10 heures à 12 heures 30 et de 14 heures à 18 heures.

Au plaisir de vous y retrouver pour la présentation de mon nouveau roman "LES AVENTURES DE VICTORIEN LAFLEUR".

 

Olivier Blochet

DEDICACES A L'ESPACE CULTUREL LECLERC DE SAUMUR LE 1er JUILLET 2017
DEDICACES A L'ESPACE CULTUREL LECLERC DE SAUMUR LE 1er JUILLET 2017
DEDICACES A L'ESPACE CULTUREL LECLERC DE SAUMUR LE 1er JUILLET 2017
DEDICACES A L'ESPACE CULTUREL LECLERC DE SAUMUR LE 1er JUILLET 2017
DEDICACES A L'ESPACE CULTUREL LECLERC DE SAUMUR LE 1er JUILLET 2017
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20 juin 2017 2 20 /06 /juin /2017 07:23
18e SALON DU LIVRE DE MONTMORILLON LES 24 ET 25 JUIN 2017

J'aurai la joie de participer pour la seconde fois au salon du livre de MONTMORILLON les 24 et 25 JUIN 2017, Place Régine Desforges.

Cette année, l'invité d'honneur sera Jean Louis Debré.

Au programme : 120 auteurs dont mes amis Bruno Sananès, Jean Luc Loiret, Jean Pierre Bonnet, Laurence Erwin, Elisabeth Faure et Michel Soulard.

Durant deux jours se succéderont les dédicaces, les cafés littéraires et les expositions, 

Entrée gratuite

Restauration sur place

 

Au plaisir de vous y rencontrer ou de vous y retrouver.

 

Olivier Blochet

Le 20 juin 2017

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19 juin 2017 1 19 /06 /juin /2017 08:00
Le camps de Montreuil-Bellay (Maine et Loire)

Le camps de Montreuil-Bellay (Maine et Loire)

 

Les tentatives de sédentarisation de la population nomade, et principalement Tziganes, remontent à l’instauration par le ministre Colbert du « code noir ». L’ensemble de la population nomade française devait se plier à cette règle, à défaut les hommes étaient promis aux galères et les femmes et les enfants à l’internement.

Sous le Consulat, le Général de Castellane, Préfet des Basses-Pyrénées procéda, avec l'aide de l'armée espagnole, à l'arrestation de 500 Bohémiens emprisonnés à Saint Jean Pied de Port et destinés à être déportés en Louisiane. Peu d'entres eux prirent cette destination en raison de la vente de la Louisiane aux Etats Unis. Bonaparte signa alors un décret aux termes duquel les Bohémiens devaient être installés comme fermiers dans une zone désertique des Landes. Mais en définitive, ils furent envoyés dans les Alpes pour construire des routes. Considérés comme des bagnards, ils étaient ferrés aux chevilles. D'autres furent envoyés dans les salines en Camargue. Quant aux femmes et aux enfants, ils furent dispersés dans quatre dépôts (centres de détention). Au terme de quatre années, libérés, ces Bohémiens retournèrent au Pays Basque par attachement au territoire où ils avaient vécu et où leurs morts étaient enterrés. 

Leur situation ne connue ensuite aucune amélioration jusqu'aux événements qui ont marqués dramatiquement le 20ème siècle.

Beaucoup d’historiens jettent un voile pudique sur les circonstances réelles de l’internement des Tziganes pendant la seconde guerre mondiale, portant la responsabilité de celui-ci sur l’occupant nazis. La réalité est moins reluisante.

Après la déclaration de la guerre, le Président de la République Albert Lebrun décida, dès le mois de septembre 1939, de limiter la circulation des nomades dans les départements côtiers et frontaliers au motif que « les incessants déplacements des nomades leur permettent de surprendre les mouvements de troupes, des stationnements d’unités […] renseignements importants qu’ils sont susceptibles de communiquer à des agents ennemis ». Il s’agissait d’une suspicion de trahison au profit de l’ennemi dont les nomades avaient déjà fait les frais lors de la guerre de 1870 et durant la première guerre mondiale.

Cette interdiction de circulation fut très vite élargie à tout le territoire métropolitain, durant toute la durée de la guerre. Ce fut le préalable à l’enfermement.

Le travail des gendarmes français fut facilité par l’existence du fichier administratif des 40 000 nomades détenteurs du « carnet anthropométrique d’identité » institué par la loi du 16 juillet 1912. Ce carnet contenait des indications sur la taille, l’envergure, la pigmentation de la peau, l’âge apparent, la longueur du nez et de l’oreille droite. En outre, il contenait deux photographies et cinq empreintes digitales.

Alors qu’en Allemagne les nazis ne s’intéressaient qu’au caractère ethnique des « Zigeuners » (Tziganes), les autorités françaises ne connaissaient que la catégorie administrative des nomades.

En France, par décret du 6 avril 1940, suivi d’une circulaire du ministre de l’intérieur aux préfets le 29 avril 1940, la France créa les camps d’internement. On peut dire que la France, à cette époque, devança la demande des nazis, car l’occupant considérait qu’il appartenait à l’administration française de contrôler les nomades. Ainsi, dès l’instauration du régime de Vichy et sous l’autorité de Xavier Vallat, Commissaire aux questions juives, l’assignation à résidence puis l’internement, après confiscation des carnets de circulation, porta sur plus de 30 000 Tziganes sur l’ensemble du territoire. Fin 1940, vingt six camps importants, gardés par les gendarmes, fonctionnaient dans la zone sud dont Mérignac (33) et seize dans la zone nord dont Montreuil-Bellay (49), Poitiers (86), Linas-Montlhéry (91). Le nombre de camps fut même, à une période, de plus d’une centaine dont la plupart n’ont pas été répertoriés s’agissant de camps éphémères. Les biens de ces familles furent confisqués en dehors de toute légalité : chevaux, roulottes, cirques et outils …

L’un des camps les plus importants fut celui de Montreuil-Bellay, dans le Maine et Loire avec plus de 1 026 résidents en avril 1942. Lors des raids alliés en 1944, quelques bombes frappèrent ce camp qui fut fermé le 1er janvier 1945. Il en demeure quelques traces. Une stèle commémorative a été inaugurée en 1988, avant d’être vandalisée à coup de pierres en 1990. Une nouvelle stèle a été installée et les vestiges du camp sont inscrits au patrimoine des sites historiques depuis juillet 2010.

Les conditions de vie quotidienne dans ces camps étaient difficiles en raison du manque de vêtements, de l’insalubrité, du manque d’eau et de la malnutrition. A cause du manque d’hygiène, on recensa la présence de poux, de sarcoptes (parasites à l’origine de la gale), la présence de rats et de nombreux cas de maladies de peau dues à la malpropreté. La malnutrition et les maladies constituaient deux des causes principales de mortalité, les plus vulnérables étant les enfants qui représentaient 40 % de la population internée. Les hommes travaillaient dans des exploitations agricoles ou forestières. Pour éviter que les hommes ne s’évadent, leurs enfants étaient enfermés dans des cachots le temps de la journée de travail. L’argent gagné servait partiellement à couvrir les frais de leur internement et à " les guérir de leur oisiveté" légendaire. Dans certains camps, les autorités tentaient parfois de sociabiliser les Tziganes en les scolarisant et en leur faisant faire le catéchisme.

Les tentatives d’évasions étaint malgré tout nombreuses, mais elles ne duraient pas longtemps, les gendarmes trouvant souvent dans la population environnante des auxiliaires pour les intercepter et les livrer à la gendarmerie. Mais ceux qui parvennaient à fuir rejoignaient souvent le maquis.

Toutefois, les Tziganes Français, contrairement aux familles juives, n'ont pas été remis massivement aux autorités allemandes. On observera toutefois que la municipalité de Poitiers envoya 70 Tzigane internés à Oranienburg-Sachenhaussen ou à Buchenwald en janvier 1943 pour éviter la déportation de jeunes de la région.

La déportation de Tziganes Français portera tout de même sur plusieurs milliers d’individus de la région Nord-Pas de Calais, rattachée au commandement militaire de la Belgique. Les convois de Juifs étaient complétés par des Tziganes arrêtés sur les routes. C’est ainsi que plus de 15 000 d’entre eux mourront en déportation, principalement à Auschwitz.

La responsabilité de l’administration française est entière dans les conditions de vie difficiles que connurent des centaines de familles jusqu’en 1946, soit un an après l’armistice, comme dans « le camp des Alliers » près d’Angoulême en Charente, en l’absence de directives claires données aux autorités locales après la libération. A la servilité de Vichy succéda le désintérêt pour le sort des Tziganes de la part des structures administratives issues de la résistance.

Ainsi, après la libération de la France par les alliés, il fallu attendre jusqu’à la fin du mois de mai 1946 pour que les derniers Tziganes internés soient libérés. Comble de la bêtise administrative, alors que ces familles avaient tout perdu et qu’elles se retrouvaient de nouveau sur la route, une circulaire du 24 juillet 1946 invita les maires à distinguer entre les « bons Tziganes », ceux qui acceptaient la sédentarisation, et les « mauvais Tziganes », ceux qui voulaient continuer leur nomadisme.

Sachant que les Tziganes ne furent pas indemnisés de la perte de leurs biens, roulottes, instruments de musique, camions, cirques, chevaux, terrains, leur situation devint encore plus préoccupante.

C’est alors qu’une profonde amnésie frappa la France.

Sans l’action d’associations, les vestiges des camps auraient disparu et aucune plaque ne rappellerait les sombres heures de l’internement d’une partie de la population française coupable de ne pas être sédentarisée. Dans les manuels scolaires, le génocide des Tziganes est à peine effleuré. Pire, la Loi du 3 janvier 1969(*), dérogatoire au droit commun, leur appliqua, jusqu’à une date encore récente, des mesures de détentions de carnets et de livrets de circulation et un certain nombre de contraintes administratives dérogatoires au droit commun, à croire qu’ils étaient des citoyens français de seconde zone.

Les nombreuses initiatives pour abroger cette Loi et obtenir la reconnaissance officielle de la responsabilité de la République Française dans l’internement des Tziganes ont fini par porter leurs fruits

Le 29 octobre 2016, sur le site de Montreuil-Bellay, un hommage national a été rendu aux Tziganes internés, en présence du Président François Hollande. Dans un discours très attendu, le Président de la République a reconnu officiellement la responsabilité de la République Française dans les souffrances des Tsiganes internés. Un nouveau monument commémoratif a également été inauguré.

Au-delà de la reconnaissance de l’horreur de l’internement  et l’abrogation d’une loi d’exception digne des périodes les plus noires de l’histoire de France, il reste à vaincre les difficultés rencontrées par les familles pour leur permettre un accès normal à la scolarité et à la santé.

Mais ce qui prendra le plus de temps, ce sera de vaincre les préjugés. Le « sans feu ni lieu » s’est transformé au fil du temps en « sans foi ni loi » car les exactions d’une minorité ternissent la réputation d’une majorité soucieuse de vivre selon ses traditions, tout en respectant les règles de la société.

Le regard de notre société sur cette communauté est également une forme d'internement social.

 

 Olivier BLOCHET

Le 19 juin 2017

Bibliographie :

LES TSIGANES DE FRANCE OU L'HISTOIRE DES ETERNELS ETRANGERS - Editions La Comoé - seconde édition 2017 - 164 pages - 14,50 euros (commande sur papier libre à Olivier Blochet, 8 rue Principale 79290 Brion Près Thouet , en joignant votre chèque. frais de port offerts. Dédicace sur demande).

(*) La loi du 3 janvier 1969 relative à l’exercice des activités ambulantes et au régime applicable aux personnes circulant en France sans domicile ni résidence fixe, dites « gens du voyage », assouplit ce régime, mais maintenait un dispositif dérogatoire au droit commun, notamment en substituant aux carnets anthropométriques des titres de circulation.

 

L'INTERNEMENT DES TZIGANES EN FRANCE
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