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8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 05:45
ET APRES LE 7 MAI ?

Ces derniers mois, nous avons assisté à une manipulation de l’opinion publique par les grands médias - le plus souvent aux mains des oligarques de la finance et de l’industrie – unis pour une fois avec pour objectif la promotion d’un seul homme, encore inconnu du grand public il y a quelques années et devenu incontournable en moins d’un an.

Cette promotion sans équivalent dans le passé s’est faite à visage découvert en dépit de quelques dénonciations vite balayées d’un revers de la main méprisant : la presse est libre, toutes critiques à son égard proviennent de complotistes. L’argument est simpliste et il permet d’écarter les vraies questions sur l’acharnement de la presse à l’encontre de tel ou tel candidat à la présidence de la République. Le rôle d’un journaliste, conformément à la charte de Munich est de rendre compte des événements en recoupant ses informations et certainement pas de faire des copier-coller en reprenant des informations fournies par d’obscures officines aux desseins inavouables, sinon ceux de permettre la confiscation du pouvoir au profit d’une minorité.

Face à un peuple désireux d’un renouveau démocratique assorti d’un personnel politique renouvelé, les candidats ont tous prôné le changement y compris les vieux briscards hantant le pouvoir ou les coulisses de celui-ci depuis des dizaines d’années. Entre les discours populistes et les projets totalitaires, la toile de fond demeure la même : tous les arguments sont bons pour accéder au pouvoir en servant au peuple les balivernes réactionnaires ou utopistes qu’il veut bien entendre. Les arguments sont tirés à chaque fois du quotidien, il suffit de surfer sur celui-ci pour aimanter les adhésions.

Dans un régime démocratique comme celui que l’on suppose en France, la prise de pouvoir a lieu par le biais des élections et non, comme dans de vilaines contrées, par la force.

Mais là, tous les coups ont été permis pour s’assurer de la maîtrise de l’opinion publique. Tout d’abord, les primaires nous ont été vendus comme la panacée universelle. A droite comme à gauche, nous en avons vu rapidement les limites : le non respect des chartes les entourant et les trahisons puis les défections semblent avoir été le leitmotiv dans les deux grandes formations entre lesquelles le match final devait se dérouler.

Ajoutons ensuite la révélation de quelques sordides affaires pour écarter un candidat de droite, l’abandon par ses camarades d’un candidat hébété d’avoir été choisi à gauche jusqu’à faire exploser tout un parti et l’avènement d’un candidat dont le financement de la campagne reste obscur.

Si nous écartons les candidatures fantaisistes et irréalistes de candidats qui n’y croyaient pas eux mêmes, les noms des challengers en lice pour le second tour étaient une évidence.

Les instituts de sondage appartenant à 80 % à la sphère d’influence qui soutenaient Macron les avaient d’ailleurs programmés avec une faible marge d’erreur.

En quinze de jours de campagne de l’entre-deux tours, les noms d’oiseaux ont fusé, les maladresses de deux néo candidats à la présidentielle furent souvent pathétiques. Le parti pris des médias (les relations incestueuses des journalistes avec le pouvoir devenant un secret de polichinelle) a fait le reste en misant sur le sursaut du front républicain.

Jusqu’au bout, les oracles ont critiqué l’abstention, ce venin qui allait faire le jeu de Le Pen. Ce trucage visait à fausser la réflexion des électeurs inscrits pour leur donner mauvaise conscience : « pense à tes enfants, si tu ne votes pas nous aurons Le Pen !

Les moralistes une fois de plus étaient à la manœuvre pour donner mauvaise conscience à ceux qui la plupart du temps ne voulaient ni de Le Pen, ni de Macron.

Soyons sérieux, il n’existait pas de doute, le report des voix de Fillon, Mélenchon et d’Hamon assurerait la victoire à Macron. La partialité des médias a permis de semer le doute sur les résultats du scrutin pour qu’Emmanuel Macron soit élu avec un gros score.

Et pourquoi ce désir ? Pour asseoir sa légitimité dès le début de son quinquennat.

En fait, ce scrutin montre que notre économie en crise est passée au second plan. Certains ont préféré la priorité, coûte que coûte, du maintien d’un système politique pourtant en bout de course et dont le peuple ne voulait plus.

Depuis 30 ans, le libéralisme promettait des jours meilleurs et à la place, les déficits et le chômage ont explosé, la délocalisation des entreprises s’est poursuivie sous des gouvernements de droite et de gauche à un rythme effréné, la paupérisation s’est installée durablement, la classe moyenne – celle qui maintenait un équilibre dans une société instable - disparaît petit à petit.

Le point de rupture est patent.

Le populisme de Le Pen et de Mélenchon n’étaient pas de nature à inverser la donne économique. Le choix de promouvoir un candidat, qui revendiquait lui-même sa virginité en politique, pour poursuivre la politique économique du dernier quinquennat s’est imposé, François Hollande et Manuel Valls n’ayant plus de crédibilité pour la mener.

Emmanuel Macron a désormais une feuille de route léguée par ses mentors en politique ( Hollande, Jouyet et Attali) et par les patrons de la finance mondiale : appliquer une politique européenne libérale et atlantiste en matérialisant une alliance gauche/droite, poursuivre la politique économique engagée et l’inscrire durablement dans l’avenir du pays en créant un grand parti démocrate et « progressiste », à l’issue des élections.

Je pose une question : est-ce pour ce programme que les Français ont voté ?

J’en doute ! En tous les cas, sûrement pas pour la démolition du code du travail, pour une réforme calamiteuse des retraites, pour l’allégeance sans conditions à l’Europe, et à la poursuite d’une politique d’alliances avec tel ou tel pour guerroyer dans le sillage des Etats Unis.

L’entourage d’Emmanuel Macron fait penser à l’inventaire de la Samaritaine : de Bernard Arnaud à Daniel Cohn Bendit, le grand écart paraît de nature à causer une grave déchirure sociale. Les influences multiples vont rendre son exercice du pouvoir délicat.

Pendant la campagne, il pouvait exposer une décontraction moderne grâce à sa popularité, mais la communication ne suffit plus désormais. Sa prochaine échéance, ce sont les élections législatives. Celles qui lui assureront ou non la majorité pour gouverner. S’il ne parvient pas à réunir une majorité, il s’ouvrira une nouvelle période de sclérose au détriment du peuple, et s’il y parvient, il sera aux ordres des puissances financières qui imposeront leurs choix à la société : croissance matérielle, surconsommation, des choix bien éloignés du règlement de la crise sociale et des enjeux écologiques.

 

 

Olivier Blochet

8 mai 2017

 

 

 

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Published by Olivier BLOCHET - dans Chroniques Noires
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