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3 octobre 2020 6 03 /10 /octobre /2020 23:10

 

                                                                  CHRONIQUE NOIRE N° 47

 

 

Le procès contre l’Occident, s’il n’est pas nouveau, a pris une tournure plus offensive depuis la mort aux États-Unis de Georges Floyld et de la résurgence du mouvement antiraciste « Black  Lives Matter ».

Le discours racialiste repose sur des chefs d’inculpation redondant : esclavage, colonisation, discrimination raciale, racisme ordinaire et les réquisitions contre  les blancs, car il s’agit bien de cela, est implacable : les blancs doivent mettre un genou à terre et s’effacer devant les indigénistes.

Aucun des protagonistes actuels n’est un colon, un esclave et encore moins un esclavagiste, mais une minorité prône la réécriture de l’histoire en oubliant que les premiers esclavagistes, encore en activité dans certaines zones de l’Afrique, furent les musulmans dont les raids jusque dans le sud de l’Europe durèrent jusqu’au 17e siècle. Quant aux Africains qui partirent pour l’Amérique en pleine construction, ce furent souvent des peuplades noires qui en firent le commerce en les livrant sur les ports, notamment celui de Gorée au large du Sénégal.

L’histoire colonialiste des Européens n’est sans doute pas glorieuse, mais elle n’est pas complètement négative car elle a apporté indéniablement des améliorations sanitaires et des infractructures.

Immanquablement, le repli identitaire a permis à quelques-uns de tenter de gérer leurs propres problèmes avec la justice française, pour preuve la manipulation du « comité Adama Traoré » qui a su entraîner dans son sillage quelques personnalités du spectacle en peine d’actualité préférant le racolage et la mauvaise foi à l’honnêteté intellectuelle.

Autre travers, l’indigéniste rompt avec la tradition républicaine de la laïcité et l’angélisme de la gauche, qui dans les années Mitterrand a abandonné le manichéisme de classe au profit de l’antiracisme en soutenant SOS Racisme, aurait dû poursuivre une politique d’intégration au lieu de laisser le champ libre à l’émergence d’une hydre islamo-indigéniste devenue une redoutable manipulatrice.

Au nom du moralisme, les politiques successives, notamment celle de la gauche, se sont colorées du vocabulaire indigéniste pour exister.

Porté par le déboulonnage des statues, Jean-Marc Ayrault a demandé, sans complexe, que la salle Colbert à l’Assemblée nationale soit débaptisée, prouvant une nouvelle fois qu’il opte toujours et encore en faveur de l’opinion comme si elle faisait office de loi.

Les indigénistes contestent la notion de négritude.  Pourtant, il s’agit d’une notion introduite et revendiquée par Aimé Césaire avant d’être reprise par Léopold Sedar Senghor qui approfondit le concept de « négritude » en la définissant comme « la simple reconnaissance du fait d’être noir, et l’acceptation de ce fait, de notre destin de noir, de notre histoire et de notre culture ».  

Au passage, je rappelle que les chanteurs de blues revendiquaient leur négritude puisque le blues est né du besoin de s’exprimer sur leurs conditions de vie.

La pression mise sur les entreprises par le(s) mouvement(s) antiraciste(s) contraint celles-ci à ne plus ignorer les mouvements sociaux pour protéger leur image devant des exigences qui frôlent le ridicule.

L’une des premières guérillas menées fut celle pour faire changer le nom de la pâtisserie appelée « Tête de nègre ».

L’été dernier, le groupe L’Oréal a décidé de supprimer certains mots de la description de ses produits cosmétiques, comme « blanchissant », pour ne pas stigmatiser une partie de la population.

À la même période, un glacier Danois de renom a dû renoncer au nom commercial d’ « esquimau », ce terme rappelant aux Inuits « un passé d’humiliation et de traitements injustes ».

Certes, le phénomène n’est pas nouveau, mais son accélération devient inquiétante.

Inventée en 1914, en pleine guerre mondiale, la marque « Banania » adopta le slogan « Ya bon », en référence aux régiments de tirailleurs sénégalais. Ce slogan cessa d’être utilisé pendant plus de trente ans jusqu’au rachat de la marque par la société Nutrimaine en 2003. Sur la pression du MRAP, le slogan jugé raciste fut de nouveau abandonné avant de réapparaître. Une nouvelle procédure en 2011 engagée de nouveau par le MRAP, qui demandait pas moins de 650 000 euros de dommages et intérêts et 20 000 euros par infractions constatées, a mis un terme définitif à l’utilisation d’un slogan que des générations de consommateurs ont connu sans penser à mal. Cela étant, l’illustration sur les emballages représentant un Africain demeure, même si elle a évoluée au fils du temps. Ce n’est pas le cas pour le riz « Oncle Benz », dont les paquets orange arborent le visage jovial d’un noir américain. Celui-ci devrait prochainement prendre le nom de « Ben’s original » au mépris de son image popularisée auprès de plusieurs générations dans le monde entier. Non seulement la tête de la mascotte de cette marque va disparaître, mais également le mot « uncle » utilisé, paraît-il, péjorativement envers les personnes noires !

La culture n’est pas épargnée par ce phénomène.

Récemment, ce fut le titre de « Les dix petits nègres » d’Agatha Christie qui a été rebaptisé « Ils étaient dix », alors qu’il n’existait aucune connotation raciale dans ce roman. Je ne résiste pas au plaisir de rappeler qu’en 2018, une chanteuse française, en mal de publicité, était intervenue auprès d’une chaîne de télévision pour que celle-ci change le nom d’une série tirée de ce roman, probablement le plus connu d’Agatha Christie. Faute d’obtenir une réponse satisfaisante, elle avait alors tenté de joindre l’auteur par téléphone(*).

Nous venons également d’apprendre que les acteurs blancs ne doubleront plus les personnages de couleur dans les « Simpson» !

Quant à l’académie des Oscars, elle va désormais imposer des critères de diversité pour la catégorie du meilleur film à compter de 2024. À défaut de respecter les nouvelles règles, les films ne pourront pas entrer en compétition dans cette catégorie. Les films historiques seront-ils également visés, auquel cas les versions seront parfois cocasses.

À ce rythme, gageons que le groupe alternatif « Les Négresses Vertes » devra changer de nom, ainsi que « Noir désir ». Débaptiser le « Petit nègre » de Debussy demeure possible, mais ce sera plus difficile pour Johnny Halliday de réenregistrer une nouvelle version de « Noir c’est noir ».

Pauvre époque !

 

Olivier Blochet

Le 4 octobre 2020

 

(*) Agatha Christie est décédée le 12 janvier 1976

 

© Olivier Blochet – 4 octobre 2020

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commentaires

christian drillaud 05/10/2020 10:41

Voilà comment je suis devenu alcoolique, comme il n'était plus possible de boire "un p'tit noir" au comptoir je me suis tournée vers le "p'tit blanc".

Olivier BLOCHET 05/10/2020 12:41

Le pire est à venir ...

Michel Darvert 04/10/2020 11:43

Merci Olivier. Très intéressant ton article. Je le partage. J'adore !

Olivier BLOCHET 05/10/2020 12:41

Merci Michel

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