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20 novembre 2020 5 20 /11 /novembre /2020 23:53
Jean-Pierre Bonnet (photographie droits réservés)

Jean-Pierre Bonnet (photographie droits réservés)

Aujourd’hui, je présente  Jean-Pierre BONNET, un romancier

 

O.B : Bonjour Jean-Pierre Bonnet. Pour nos lecteurs, pouvez-vous en quelques mots vous présenter : quel est votre parcours, et le cas échéant, que faisiez-vous avant d’écrire ?

       J-P.B : Bonjour, j’ai une formation dite « scientifique » et j’ai exercé le métier d’ingénieur dans la Navale puis dans de grands groupes industriels. J’ai changé d’univers vers les années 1996-97 pour participer à la création d’une entreprise d’édition de presse sur La Rochelle. L’expérience m’a plongé dans le monde des PME et aussi de la presse. J’ai découvert le travail de journaliste dans des domaines aussi divers que l’actualité, les arts et spectacles, l’histoire de lieux ou de personnages célèbres… Beaucoup de travail donc, mais ô combien enrichissant (pas du point de vue pécunière hélas !) Je me consacre désormais à l’écriture depuis une bonne vingtaine d’années.

 

O.B : Depuis quand écrivez-vous, quels sont les sujets qui vous inspirent, et en définitive, quel(s) type(s) de livre(s) écrivez-vous ?

       J-P.B : J’écrivais quand j’étais étudiant, surtout des petites pièces de théâtre qui se jouaient pour des manifestations liées à l’école d’ingénieur. Occasion de brocarder les professeurs entre autres… Ensuite j’ai arrêté, car il faut bien gagner sa vie. Plus tard, bien installé dans la vie, j’ai recommencé à écrire des mots d’humour sur les travers de fonctionnement de nos grands groupes, qui eurent un certain succès, même dans les étages supérieurs… J’ai également fondé, avec deux amis, une revue mensuelle humoristique.

J’ai commencé à écrire quelques polars, puis des romans que l’on classe habituellement dans  « l’école de Brive ». Je fais un gros travail d’iconographie pour être au plus près des époques qui servent de cadre à mes histoires. J’aime bien replonger mes lecteurs dans des années souvent négligées par les historiens, soit parce qu’elles sont jugées trop récentes, soit parce qu’elles sont peu flatteuses. Ainsi cela couvre-t-il des années 1940 aux années 2000, en passant par l’épuration, les années de la quatrième république, de la fin de la guerre d’Indochine, puis de celle d’Algérie, mai 68… L’histoire s’est tellement accélérée ces dernières années que l’on a l’impression que de décrire la vie à la campagne au début des années 60 c’est déjà un lointain passé désuet.

Mes histoires sont souvent des épopées familiales, nœuds de toutes les tensions possibles. Jalousie, désamour, secrets de famille, heurts de génération, dissensions politiques… et surtout difficultés à se comprendre, à s’écouter. Que de quiproquo et de haine bâtis sur des erreurs de jugement. Mes personnages sont souvent des gens simples qui affrontent des situations complexes. Qu’aurions-nous fait à leur place ? Ainsi, par exemple dans « Hirondelles en hiver » mon héros brave type originaire du Limousin, semblant un peu simplet, devient flic à Paris et se retrouve embrigadé dans la fameuse nuit du Vel d’Hiv en 1942…

 

O.B : Quels sont les titres de vos derniers livres et leurs thèmes ?

J-P.B : Avec « Un départ sans Adieux » (prix du Périgord en 2015) je traitais de la lâcheté des hommes et l’époque choisie était de1954 à 1958. Ensuite « Une Vie sur le fil » évoquait l’émancipation des femmes de 1940 à1950.  Avec « Hirondelle en Hiver » le sujet était le Vel d’Hiv et l’épuration dans la police à la fin de la guerre.

 

       O.B : Vous publiez ce mois-ci un nouveau roman. Pouvez-vous nous en parler?

        J-P.B : Mon nouveau roman « Histoires à réécrire » se déroule sur deux époques 1968 et 1990. La trame, c’est un homme dont l’enfance a été, malheureuse, à la limite de la persécution et qui après avoir fui sa ville en des circonstances mystérieuses, repasse sur les lieux de son enfance vingt ans plus tard, avec la ferme intention d’y régler ses comptes. Mais cela ne se passe pas comme il s’y attendait, et il ira de découverte en révélations… Y trouvera-t-il l’amour ?

 

 

 

JEAN PIERRE BONNET, UN ROMANCIER

O.B : Quel est le conseil le plus important que vous avez reçu pour écrire et/ou dans un autre domaine ?

J-P.B : Mon éditeur Lucien Souny, hélas disparu depuis, m’a obligé à la rigueur dans la narration. « Tu dois suivre ton héros à la trace et c’est le long du sillon tracé que ton histoire doit progresser ». Cela m’avait un peu chagriné au début, car j’adore les thrillers américains. Or ceux-ci sont bâtis en faisant progresser la narration de personnages en personnages comme Tom Clancy ou encore James Ellroy… 

J’expliquais cela à des écrivains à la notoriété bien établie, devenus des amis, leur réponse fut nette : « Suis son conseil, c’est un bon ! Fais un bout de route avec lui, après tu pourras toujours dévier, choisir un autre mode narratif.

 

O.B : Les lecteurs s’interrogent souvent sur la méthode des auteurs pour écrire. Avez-vous une technique précise ou est-ce l’inspiration qui vous guide dans la construction de vos intrigues et de vos personnages ?

J-P.B : Je ne sais pas si c’est un tic, une superstition, ou une simple habitude. Chaque cycle d’écriture dure un an. J’ai la chance d’avoir en tête, privilège de l’âge et de nombreuses rencontres, moult idées de sujets. Suivant maturation, j’en pioche une et j’écris à la main un synopsis long de plusieurs pages. Je suis incapable de me lancer en écriture si je n’ai pas ce guide. Une fois cela fait, commence le travail d’iconographie et la composition des personnages. Fiches, notes, compléments sont autant de briques qui m’aideront en phase d’écriture. Quand celle-ci arrive à la fin de l’été, je n’ai eu de cesse de réciter dans ma tête les pages de mon futur roman. Je m’isole pendant un mois et demi dans un coin d’Espagne et j’écris d’une traite l’histoire. Parfois dans cette phase, les personnages m’échappent et ne se comportent pas comme je l’avais prévu. C’est très angoissant sur le moment, car on s’éloigne de ma fin (forcément géniale !) Mais un matin, la solution apparaît et l’on arrive à renvoyer les héros sur le chemin initialement tracé.

 

O.B : Jean-Pierre Bonnet, travaillez-vous sur un nouveau projet et si oui, sans nous dévoiler l’intrigue, quel en est le thème ?

J-P.B : J’ai en cours un roman, presque fini, où j’exploite à nouveau mes connaissances du chemin de Compostelle que j’ai eu la chance de faire trois fois en entier. Mais cette fois-ci le chemin sert de cadre entre la relation houleuse d’un père et de son fils.

 

O.B : Comment vous faites vous connaître et qu’attendez-vous de vos    lecteurs ? Comment allez-vous à leur rencontre ?

J-P.B : En principe, je fais beaucoup de salons car j’aime les rencontres avec les lecteurs et les autres écrivains. Grande frustration donc cette année. Il reste les dédicaces, les relations Facebook, les consultations sur mon site et enfin tout récemment les rencontres en ligne de mon éditeur.

     

O.B : Justement, malgré la situation exceptionnelle que nous vivons, allez-vous participer prochainement à un évènement littéraire ?

J-P.B : Il n’y en a plus guère. Normalement, car toujours pas annulé, il y a un salon vers le 15 décembre… je croise les doigts.

 

      O.B : Très souvent, les auteurs vivent des situations anecdotiques, amusantes ou pas, lors des dédicaces en librairies ou dans des salons du livre. En auriez-vous une à nous livrer ?

   J-P.B : J’en ai de quoi écrire un livre… en voici une petite :

« Bon, écrivez-moi un mot… mais faites un effort essayez que cela soit intelligent ! »

 

O.B : Quel est le conseil que vous donneriez à un auteur débutant ?

       J-P.B : Allez y écrivez, foncez et forcez vous à finir. Ce n’est qu’une fois le manuscrit terminé qu’il faudra réfléchir à l’éditeur et à tout ce qui suit…    

 

O.B : Indépendamment du contexte très particulier que nous vivons, comment appréhendez-vous le monde de l’édition  d’aujourd’hui ?

J-P.B : De plus en plus d’ouvrages, et peut-être de moins en moins de lecteurs. Difficile donc de rencontrer ses lecteurs, mais il faut garder la foi. Le rebond des achats de livres cette année est porteur d’espoir !

 

O.B : Avez-vous des auteurs fétiches ?

J-P.B : J’ai eu la chance d’avoir le vice de la lecture. De la bibliothèque de mon père aux bibliothèques municipales et scolaires, puis les livres de poches et autres. Il existe peu de genre que je n’ai pas parcouru. Actuellement, je découvre l’héroïque fantaisie, l’Uchronie. Mon auteur néanmoins fétiche est Marcel Pagnol avec ses « souvenirs d’enfance ». Il a l’art de faire dire des choses profondes par des gens simples.

 

O.B : Une bien belle référence en effet. Que lisez-vous en ce moment ?

J-P.B : Je relis quelques polars de Fred Vargas et toujours des thrillers américains directement en langue anglaise. Quelques mots ou tournures de phrases parfois m’échappent, mais qu’importe le récit me porte.

 

O.B : Une question essentielle : où peut-on se procurer vos livres et où peut-on suivre votre actualité ?

J-P.B : Les livres : dans toutes les librairies, même s’ils ne les ont pas en rayons, ils les commandent assez rapidement. On peut toujours me les demander, mais aussi contacter mon éditeur qui réalise des expéditions aussi, par ces temps de crise.

Je vous livre mes coordonnées :

Tél : 06 83 75 86 25 et courriel : bonnjnpr@aol.com

 

O.B : Merci Jean Pierre Bonnet d’avoir accepté de participer à cette interview qui va permettre aux lecteurs de mieux vous connaître et les inciter probablement à vous lire.

 

Olivier Blochet

Interview réalisée au Bois Plage en Ré le 17 novembre 2020

 

© Olivier Blochet – 17 novembre 2020

JEAN PIERRE BONNET, UN ROMANCIER
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