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11 août 2013 7 11 /08 /août /2013 14:54

17024_4428819090419_108256164_n.jpgMusiciens de "la zone" et des fortifs, les romanichels prennent l'habitude dans les années 20-30 de proposer leurs services de guitaristes-accompagnateurs aux accordéonnistes des bistrots parisiens environnant.

 

Le jeune Django Reinhardt grandit dans cet environnement.

 

Tout d'abord joueur de banjo émérite, il joue ensuite de la guitare et écume chaque soir les bistrots de la Porte d'Iatlie avant d'être sollicité par des bars dans le centre de Paris.

 

Une nuit, l'incendie accidentel de sa roulotte a bien failli l'éloigner à jamais de la musique en le privant de l'usage de son annulaire et de son auriculaire de la main gauche, figés à tout jamais. Opiniâtre, il développe alors une technique pour jouer avec une virtuosité inégalée.

 

La découverte des premiers disques de Louis Armstrong et de Duke Ellington le porte à reproduire et à jouer cette musique des années 30 et à y apporter sa propre inspiration, mêlant subtilement les accords mineurs joués par des formations de cordes (guitares, contrebasse et violon), pour interpréter les standards venus d'outre-atlantique, la chanson populaire française  et ses propres compositions originales que les américains qualifieront eux mêmes de "gypsy swing", terminologie encore utilisée aujourd'hui aux Etats Unis. 

 

Sa rencontre avec Stéphane Grappelli (avec lequel il co-signera de nombreuses partitions) et l'émergeance du Hot Club de France lui feront fréquenter les hauts lieux du jazz de Paris en vedette incontestée.

 

Après sa disparition en 1953, le style de Django évoluera pour devenir plus connu sous l'appellation de "jazz manouche". 

 

Ce courant musical était loin d'être à la mode depuis le décès de Django Reinhardt mis à part le festival de Samois sur Seine et quelques guitaristes qui égrenaient leurs notes dans des lieux devenus aujourd'hui mytiques comme "Le clairon des chasseurs" à Montmartre et "La Chope des Puces" Porte de Clignancourt.

 

Au début des année 80, le "jazz manouche" devient à la mode avec ses officionados qui vouent une ferveur totale au Maître et ses féroces détracteurs. Les passionnés vont écouter le vendredi soir Maurice Baro Ferret ou le jeune Raphael Fays, certains vont même jusqu'à se faire pousser une petite moustache.

 

Autrement dit, il s'agit plus d'un art de vivre que d'un style guitaristique, alliant des valeurs aussi fortes que l'amitié, la fête, la famille...

 

Aujourd'hui, nous ne comptons plus les formations ou se côtoient les "pistoleros du swing" qui ne s'intéressent qu'à la virtuosité (ce qui fait dire à ses détracteurs que cette musique est toujours la même) et les guitaristes appartenant à la communauté manouche (Biréli Lagrène, Boulou Ferré, Angelo Debarre, Tchavolo Schmitt, Stochelo Rosenberg ...) et les gadjos (Romane, Samy Daussat, Sébastien Giniaux ...) qui eux ont tous su s'éloigner du répertoire  pour adopter la modernité des guitaristes de jazz américains et faire évoluer le style. 

 

En effet, à l'origine, le "jazz manouche" est un assemblage de diverses inspirations musicales: jazz inspiré de Django, musette, musique tzigane d'un caractère gai, romantique, lyrique, rythmé, incarnant les voyages au cours desquels il s'est enrichi... et qui continue à s'enrichir.

 

Olivier LE NIGLO

août 2013

 

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Published by Olivier BLOCHET - dans Biographie de musiciens
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