Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 11:42

Aux premiers temps de l'ère chrétienne, fuyant les persécutions religieuses de Palestine, une barque s'échoua sur les côtes de la Camargue à un endroit s'appelant alors Notre- Dame - de - Ratis, c'est à dire Notre Dame du radeau. A son bord, quelques chrétiens dont Marie Madeleine, pécheresse convertie par le Christ, Marie Jacobé, soeur de la Sainte Vierge et Marie Salomé, mère des apôtres Jacques et Jean.

 

On raconte qu'à l'endroit ou aborda la barque, une source d'eau pure jaillit.

 

 

eglise-des-saintes-maries.jpg

Les chrétiens se dispersèrent dans la région. Seules Marie Jacobé et Marie  Salomé s'installèrent au bord de la mer, à l'endroit même ou se trouve le petit village qui s'appelera longtemps Sainte Marie de la Barque avant de devenir les Saintes Maries de la Mer. Elles furent enterrées dans une petite chapelle qui devint au 14ème siècle, après transformations, l'église fortifiée actuelle.

 

A leur mort, les pélerins prirent l'habitude d'y venir, mais le culte des Saintes Maries ne se propagea réellement qu'à partir de 1448 après que le Comte de Provence ordonna que l'on fasse des fouilles dans l'église afin de prouver l'existence des Saintes. Les religieux se mirent à découvrir des ossements qui après avoir été lavés au vin blanc furent enfermés dans deux chasses installées encore aujourd'hui dans la partie haute de la chapelle.

 

Parallèlement à ces fouilles, on découvrit la source d'eau pure à laquelle on reconnu la vertu de guérir de la rage, des fièvres et surtout, de rendre les femmes fécondes.

 

Depuis, le culte catholique se déroule théoriquement deux fois l'an, les 24 et 25 mai, fête de Marie Jacobé et le 22 octobre, fête de Marie Salomé. Mais dans la réalité, le pélerinage n'a lieu qu'au mois de mai, la Camargue étant difficile d'accès à l'automne.

 

La tradition provencale raconte l'existence d'une "Egyptienne", une femme à la peau noire, se prénommant Sara, dévouée au service des Saintes. Cette femme aurait quêté pour ses maîtresses dans les villages voisins.

 

Les premiers Tsiganes arrivent en France et en Provence vers 1438, soit dix ans avant les fouilles. Le fait que cette femme ait mendié l'a fait aussitôt adopter par les gitans de la région comme leur Sainte patronne. Ainsi est né le culte de Sara-la-Kali - un mot tsigane qui signifie à la fois "gitane" et "noire". Une autre version, Tsigane celle là, voudrait que ce soit Sara qui ait aidé les Saintes à débarquer sur la plage après avoir étalé son manteau afin que les Saintes débarquent sans se mouiller les pieds.

 

En 1848, le village prend le nom des " SAINTES MARIE DE LA MER" et peu après, le pélérinage des Gitans y est mentionné pour la première fois.

pelerinageGitanSainteMarieDeLaMer-copie-1.jpg

Ils viennent de toute l'Europe. Ils viennent parce qu'ils ont fait la promesse d'honorer Sara la vierge noire. Ils viennent pour baptiser leurs enfants selon le rite catholique. Ils s'installent dans les rues, sur les places, au bord de la mer durant huit ou dix jours. Bien sûr, Ils viennent honorer leur Sainte patronne, mais c'est aussi l'occasion de retrouvailles avec la famille de renouer des relations affectives. Et parce que c'est la coutume gitane, l'atmosphère est à la joie avec de grandes fêtes ou se mèlent chansons , musique et danses.

 

la-vierge-noire.jpg

Le cérémonial Tsigane est distinct de celui des catholiques. Sara n'a pas le droit de séjour dans la nef mais dans la crypte. Alors dans cette dernière  se dresse la chasse contenant les reliques attribuée à Sara et sa statue de bois et de plâtre. Les Gitanes caressent respectueusement le visage de la statue pour faire passer un courant bénéfique entre le bois de la statue et le corps du pélerin, elles l'embrassent, la couvrent de fleurs, de médailles, de foulards et de corsages. Des centaines de cierges brulent, les Gitans, immobiles, debouts, assis, parfois allongés sur le sol, veillent.

 

Jusqu'en 1912, seuls les Gitans avaient accès à la crypte.

 

Ce n'est qu'à partir de 1935 que l'Eglise catholique autorisa la procession et l'immersion dans la mer de la barque portant les statues des Saintes Marie et de Sara, pour finir par une bénédiction.

 

De nos jours, le pélerinage aux SAINTES MARIE a pris des allures de folklore mal maitrîsé, attirant journalistes et touristes ce qui dénature l'aspect religieux du rassemblement.

 

      Olivier LE NIGLO

      Le 29 décembre 2013 

Partager cet article

Repost 0
Published by Olivier LE NIGLO - dans Histoire et ethnologie
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : LE BLOG DE OLIVIER BLOCHET
  • LE BLOG DE OLIVIER BLOCHET
  • : MES CHRONIQUES LITTERAIRES, MON ACTUALITE, MES CHRONIQUES SUR LES TSIGANES ET SUR LE JAZZ MANOUCHE, MES CHRONIQUES NOIRES.
  • Contact

Recherche

Liens