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25 janvier 2014 6 25 /01 /janvier /2014 13:27

 

Chez les Tsiganes, la mort est accueillie par l'ensemble du groupe par des pleurs et des lamentations.

 

Longtemps, les Tsiganes ont dû enterrer leurs morts au fond d'un trou au bord de la route ou au pied d'un arbre, tant ils étaient obligés de traverser rapidement certaines régions dans lesquelles ils n'étaient pas les bienvenus.

 

Il est surprenant de voir avec quelle rapidité, les familles et amis sont prévenus du décès d'un Tsigane. Malgré la distance, ils sont présents pour partager avec toute la communauté ces moments de tristesse et de recueillement. Il va sans dire que c'était la même chose avant l'invention du téléphone portable !

 

Le mort est veillé généralement 3 jours et 3 nuits, mais selon les endroits et les groupes, la veillée peut être beaucoup plus longue. Pleurs, lamentations exercent comme une musique lancinante pour accompagner le défunt dont l'âme observe le comportement de chaque personne présente. Le respect est de mise. Durant la veillée, les hommes peuvent parler et boire, sans s'énivrer, mais ils ne doivent pas parler du mort.

 

La caravane est décorée de tentures, des centaines de bougies brûlent durant le temps de la veille dont la durée permet à chacun de dire un dernier adieu.

 

Symbolique oblige, le feu de camp crépite près de la caravane. Les hommes, les femmes, les enfants sont autour du feu en attendant la cérémonie. 

 

Les Tsiganes selon leur pays de résidence acceptent les cérémonies catholiques, protestantes ou musulmanes.

 

On dépose dans le cercueil de petites poupées fabriquées par les femmes, de petits bijoux, un violon, une guitare, des lettres, du tabac, de la monnaie ... afin que le défunt puisse rejoindre l'au-delà dans de bonnes conditions.

 

 

derniersnomadesincendiets4.jpg

Anciennement, la tradition voulait qu'après les funérailles, la caravane du défunt  soit brûlée, Il s'agissait probablement d'une survivance de la crainte des épidémies, née au moyen âge. Cette tradition, aujourd'hui abandonnée, préservait l'âme du défunt " le mulo", un esprit gênant, tourmentant les vivants. Le mulo est à la fois la mort et l'esprit de la mort qui rode autour du campement et se venge si l'on ne rend pas un culte vivace à sa mémoire. Les Tsiganes sont supersticieux et plus sensibles à l'"univers de la magie' qu'au rationnel des gadgé.

 

Désormais, On fait en sorte que la mort intervienne à l'extérieur de la caravane, ou à l'hôpital, pour éviter de la brûler. On tolère également que la caravane soit vendu à un gadgo.

Une chose est sûr, le prix d'une caravane aujourd'hui dépasse très largement la valeur d'une antique verdine vermoulue.

Alors la famille continue d'y habiter.

 

 

Par contre, pour respecter encore un peu la tradition, les affaires du défunt sont détruites à l'exception de petits objets personnels sans valeur que les proches gardent en souvenir.

 

Le fatalisme domine la mentalité Tsigane, alors si la durée du deuil est variable, une fois la cérémonie achevée, le Tsigane n'est plus triste, la vie reprend ses droits.

 

tombes-gitanes.jpgtombes2-copie-1.jpg

 

 

Les caveaux des Tsiganes sont parfois très grands et très fleuris, symbole de la vie, de leur aisance et de l'amour que leur famille leur porte.

 

Elles prennent souvent la forme de fastueuses petites chapelles, décorées de bustes ou de statues en référence à la passion professionnelle du défunt.    

 

 

Olivier LE NIGLO

Le 26 janvier 2014

 

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Published by Olivier LE NIGLO - dans Histoire et ethnologie
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commentaires

Fille De L'eau 19/02/2015 19:57

Ainsi pour trouver la sépulture de mon grand père, j'ai cherché entre les plus tape à l'oeil... Et j'ai trouvé !

LE NIGLO 20/02/2015 07:53

J'aime beaucoup votre commentaire