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20 octobre 2013 7 20 /10 /octobre /2013 20:56

Les Tsiganes, ou Bohémiens, sont entrés en France par la frontière du Rhin au 19 ème siècle.

 

Accusés d'être des espions à la solde Bismarck, leur circulation fut rapidement mise sous haute surveillance.

De tous temps, les Tsiganes se sont livrés à des activités saisonnières compatibles avec leur mode de vie itinérante et les régions traversées: vente de chevaux, saisonniers lors des récoltes, ramoneurs, scieurs de long, chiffonniers, rempailleurs de chaises, saltimbanques, dresseurs d'ours, vanniers, marchands sur les foires et marchés.

 

Aux campements de fortune sous forme de tentes et de chariots, succédèrent les roulottes, véritables maisonnettes mobiles facilitant les déplacements.

 

Ce manque d'intégration poussa les autorités à faire un amalgamme entre les vagabonds sans activité et ces étrangers en instituant divers registres. Après un carnet spécial de saltimbanque, Georges Clémenceau, Ministre de l'intérieur, créa les "Brigades du Tigre" dont la première mission fut d'intercepter les nomades aux fins d'un recensement systématique. Puis vint la création du carnet anthropométrique, et enfin le carnet de circulation, sorte de pièce d'identité que les Tsiganes devaient présenter lors de leur arrivée dans chaque commune. Ce carnet, discriminatoire et disciplinaire fut en application pendant plus de 60 ans.

 

En outre, la Loi donnait aux Maires le pouvoir d'interdire le stationnement sur le territoire de leur commune. La mobilité des Bohémiens, circulant au gré des contraintes saisonnières liées à leurs activités, devint de plus en plus compliquée et nombre de familles décidèrent d'abandonner leur vie de voyages.     

 

Panneau-PVC-Interdit-aux-nomades-campeurs-350x230-mm-SD81P0

 

En 1844, THIERS alors Président du Conseil , avait fait construire des fortifications pour protéger PARIS. Celles ci commencèrent à être démolies à partir de 1919, laissant place à une large bande de terrains vagues non constructibles (environ 250 mètres). C'est sur ce site, appelée également "la zone" que s'installèrent les familles issues du petit peuple parisien chassé par la spéculation immobilière consécutive à la transformation de Paris qui avait commencé sous le second Empire. Arrivèrent ensuite des paysans en raison du début de l'exode rural et des Tsiganes, las des contrôles de police.

Ce prolétariat urbain (les zonards) construisit des habitations de fortune ou y stationna ses roulottes dans ce qu'il convient d'appeler de véritables bidonvilles dépourvus de toute hygiène. Cette "zone" se situait donc autour de Paris, au pied des anciens "fortifs" et principalement  Porte d'Italie, Porte de Choisy, Porte d'Ivry, jusqu'à la Porte Clignancourt à l'orée de SAINT OUEN. Elle compta jusqu'à 30 000 habitants.

 

porte-maillot2 

 

cite-zone-terrains-vagues1.JPG Zoniers_d-Ivry_-1913-.jpg

Progressivement, cette zone a disparu, laissant tout d'abord place à la construction d'une ceinture d'immeubles bon marché, ancêtres des HLM, à la place des anciennes fortifications, puis après la seconde guerre mondiale, sur la partie non constructible, de ce qui devint le boulevard périphérique dont la construction commença en 1963 pour s'achever en 1973. Les derniers bidonvilles disparurent au milieu des années 70.

 

 

Olivier LE NIGLO

20 octobre 2013

 

 

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13 octobre 2013 7 13 /10 /octobre /2013 18:27

Lorsqu'en 1910, un entrepreneur fit construire un petit immeuble Porte de Clignancourt, sur un terre plein désertique au pied des fortifications parisiennes, il était loin de se douter que le lieu deviendrait culte.

 

Ce petit hôtel de Préfecture doté d'un estaminet se nomme "CHEZ MARCEL".

 

A cette époque, les bohémiens n'ont pas le droit d'entrer dans la capitale, alors ils installent leurs campements au pied des fortifications dans des conditons d'insalubriété notoires. Dès 1885, un petit monde de chiffonniers, de ferrailleurs , de vanniers, de récupérateurs en tous genres est né. Ces derniers sont devenus brocanteurs. Ils vendaient à même le sol leurs trouvailles et ce marché anarchique se developpa au point que la ville de SAINT OUEN aménagea la zone pour faciliter le commerce des "puciers", et en faire le marché aux antiquités le plus populaire et le plus haut en couleur de PARIS.

 

En 1963, le couple DOUVILLE rachète "CHEZ MARCEL". La clientèle du café est principalement constituée des ouvriers des usines CHAIX et WONDER situées juste en face. Les nouveaux propriétaires rebaptisent leur café "LA CHOPE DES PUCES" et ouvrent également le samedi et le dimanche. Mondine GARCIA délaisse CHEZ LOUISETTE pour y prendre ses quartiers toutes les fins de semaine. Le succès est immédiat et LA CHOPE devient le rendez vous incontournable des musiciens manouches. Pourtant, le café ne paye pas de mine mais l'atmosphère enfumée est conviviale. Pour le prix d'une bière les initiés pouvent écouter la musique de Django REINHARDT et être les témoins de rencontres entre musiciens qui débouchent le plus souvent  sur des "boeufs" mémorables, sur leurs vieilles guitares de type SELMER. Nombre de vocations sont nées chez de jeunes visiteurs admiratifs.

  

Lorsque les époux DOUVILLE cèdent leur estaminet à Jeanne COCQ et à son mari, ceux-ci maintiennent la tradition.

 

Sous l'impulsion de Marcel CAMPION qui a racheté l'établissement en 2009, l'endroit a gardé son esprit authentique malgré le fait qu'il soit devenu lieu branché - pour ne pas dire people - avec son comptoir en zinc, ses murs décorés des photos prises lors des prestations le plus souvent improvisées des musiciens qui s'y sont succédés. L'ensemble rénové est rebaptisé "ESPACE DJANGO REINHARDT" . On y croise les grands musiciens du jazz manouche (Angelo DEBARRE, ROMANENinine GARCIA,  Tchavolo SCHMITT,  Chriss CAMPION, Thomas DUTRONC, Rocky GRESSET, Steeve LAFFONT et tant d'autres ...      ) des auteurs, des actrices, des chanteurs de variétés ...

 

Aujourd'hui, LA CHOPE regroupe une salle de concert, un restaurant, une école de musique dirigée par Ninine GARCIA (après avoir été créée par ROMANE), un studio d'enregistrement, une boutique d'instruments de musique et l'atelier de lutherie de Christophe LAGANE.

 

 Elle n'a rien perdu de la poésie et de l'inspiration musicale qu'elle succite depuis plusieurs générations.    

 

Olivier LE NIGLO

13 septembre 2013

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30 septembre 2013 1 30 /09 /septembre /2013 14:47

JeanPierre_Sasson-EP_Ducret.jpgJean Pierre SASSON (1918- 1986)

 

 

En 1939, Jean Pierre SASSON fait ses débuts avec André EKYAN, Pierrre FOUAD et Emmanuel SOUDIEUX.

 

Durant le second conflit mondial, enrôlé dans la RAF, il est l'un des premiers guitaristes européens à jouer de la guitare électrique et acquiert un style proche de celui de Charlie CHRISTIAN.

 

Après la seconde guerre mondiale, il joue avec Sydney BECHET, le grand orchestre d'Eddie BARCLAY, celui d'André PERSIANY,  puis, dans les années 50, il rejoint l'orchestre du saxophoniste Lucky THOMSON.

 

Adepte d'un jazz swing électrique à la française, il n'en est pas moins un admirateur de Django REINHARDT dont il enregistrera plusieurs titres dans le cadre d'un hommage après la mort de celui-ci avec Henri CROLLA et Stéphane GRAPPELLI. 

 

Discographie: Jean Pierre SASSON et son Orchestre - chez COLOMBIA

                           Hommage à Django REINHARDT par Jean Pierre SASSON QUARTETTE

 

 

 

 

 

Francis-Alfred MOERMAN (1937-2011) 

 

 

Natif de Gand en Flandres, Francis-Alfred MOERMAN apprécie dans son enfance la musique hispano flamande.

 

Etudiant à Paris, il s'intégre dans les communautés manouches et gitanes.

 

Il quitte Paris pour la Faculté de Poitiers. Chaque week end,  avec l'accordéoniste Henri COUTANT, il joue du musette  pour financer ses études.

 

En 1960, il rencontre Sarane FERRET et devient  son accompagnateur avant de devenir celui de son frère Pierre Baro FERRET.

 

Au milieu des années 60, la vague yéyé interrompt l'aventure et grâce à sa licence, il enseigne l'anglais à Nogent le Rotrou (28) puis à Bressuire (79) à SAINT JOSEPH.

 

A la fin des années 70, il retrouve le chemin de la scène et fonde son propre ensemble "le trio jazz tzigane de France" avec Jean Marie PALLEN et Jean TOUPANCE au violon. La composition de l'ensemble évoluera ensuite avec le guitariste Gilles PARODI et le violoniste Ladislas GOBERT. 

 

En digne héritier  de Matteo GARCIA, Gusti MALHA ou Poulette CASTRO, il devient un grand spécialiste des "valses manouches" nées dans le creuset  de la fusion d'influences musicales diverses  (musique tzigane, italienne, auvergnate...) qui avait donné naissance au musette parisien.

 

Il rencontre Patrick SAUSSOIS qui produit son premier 33 tours très bien accueilli par la critique.

 

De son métier de professeur, il garde le désir de transmettre l'histoire et la tradition tzigane par le biais de concerts et de conférences à travers le monde.

 

Musicien éclectique, il a écrit plusieurs opérettes ( "Le sultan à Versailles", "Prince et Corsaire ) mettant en musique son esprit voyageur et vagabond.

 

Malade, il se retire dans son manoir de CROULE à VEZIERES (86), dans lequel il reçoit ses amis musiciens auxquels il prête bien volontier ses 2 guitares SELMER MACCAFERRI sur lesquelles Django REINHARDT avait joué. Vers la fin de sa vie, il jouera accompagné par Pierre MOREILHON à la contrebasse et Anthony CHANDOUINEAU à la guitare.

 

Antoine Boyer et son père lui ont rendu un vibrant hommage lors du Gypsy festival d'Angers le 12 mai 2010. Francis-Alfred MOERMAN est décéde le 10 juillet 2010 laissant derrière lui un jazz lyrique et romantique dans lequel puisent aujourd'hui la nouvelle génération.

 

 

 

Francis Alfred Moerman-Vals

 

 

 

Discographie: GITAN & TZIGANE - MAGIE DE LA GUITARE - SONY MUSIC 1993

                           VALSES MANOUCHES - Iris Music 1994

                           THE BEST OF Francis-Alfred MOERMAN - DJAZ RECORDS 2002

                           L'INFINI VOYAGE - Label THE ORCHAND 2011

 

 

Olivier LE NIGLO

30 septembre 2013

 

En écoute ci dessous: la petite valse manouche 

 

 

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28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 23:24

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La mythique guitare manouche doit beaucoup à sa forme à pan coupé, sa petite bouche ovale et à ses cordes métalliques.

 

Au début des années 20, le Luthier Italien Mario MACCAFERRI, fort de son expérience de concertiste classique, eut l'idée de créer une guitare avec une meilleure projection du son et plus de puissance, en l'équipant d'un résonateur puisqu'à cette époque, le microphone n'est encore quasiment réservé qu'aux radios.

 

A Paris, il s'associe avec Henri SELMER pour produire ce type de guitares. A partir de 1935, SELMER développe seul le concept d'origine, sans résonateur, et ce jusqu'en 1952. Il sera construit, selon les sources, entre 600 et presque 900 guitares de ce type durant cette période. Elles furent équipées d'un micro-electro magnétique fabriqué par STIMER, à partir de 1947,  qui ajoute encore à la légende.

 

Après le tragique incendie de sa roulotte, Django REINHARDT a fait la rééducation de sa main gauche sur une guitare  que son frère Joseph avait "bricolé". Django réinvente alors un nouveau doigté en raison de son handicap.

 

Il adopte la SELMER en 1935 et il conquiert ensuite le monde en diffusant son French Jazz  avec une guitare dont les qualités sonores étaient très adaptées à son jeu et à ses traits incisifs. 

 

DJANGO se servait chez SELMER pour roder les guitares qui sortaient de l'atelier, allant jusqu'à en donner à l'occasion. Il n'en garda qu'une pour lui, la SELMER 503 que l'on peut admirer à la Cité de la Musique à Paris, et dont la tête porte le nom de Django.

 

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Le QUINTETTE DU HOT CLUB DE FRANCE fut même endorsé SELMER, pratique devenue courante aujourd'hui chez les guitaristes de renom. 

 

Après la mort de Django, en 1953, le "swing gitan" est marginalisé dans quelques clubs et peu de luthiers fabriquent des guitares de type SELMER. Les plus célèbres demeurent  BUSATO,  DI MAURO, CASTELLUCCIA, JACOBACCI ou FAVINO. Ce dernier a fabriqué de nombreux instruments pour la famille FERRET, pour Georges BRASSENS (sans pan coupé) ou encore Enrico MACIAS.

 

Aujourd'hui, la référence principale est le Luthier Maurice DUPONT, dont l'atelier est situé à Cognac. Mais le renouveau du "jazz manouche" a fait que de nombreux luthiers, non seulement en France mais dans le monde entier, fabriquent des répliques de cette guitare. Souvent de qualité inégale, selon qu'elles sont de factures artisanales ( Jean Baptiste CASTELLUCCIA, VENDROMINI, Gilles POURTROY, Alain MAZAUD, LEBRETON) ou semi-industrielles (ARIA, GALLATO,DELL'ARTE, GITANE), les prix s'échelonnent entre 300 et 4500 €.

 

Une authentique SELMER, il en reste peu, peut valoir plus de 20 000 €, mais se dire que Django l'a peut être rodée est un sacré stimulant pour un achat.

 

 

Olivier LE NIGLO

29 septembre 2013

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22 septembre 2013 7 22 /09 /septembre /2013 20:59

 

Jean BONAL, le modeste

 

 

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Accompagnateur de beaucoup de chanteurs populaires, et notamment de Charles AZNAVOUR et de Georges BRASSENS en 1958, Jean BONAL fut surtout "nourri" par le jazz.

 

Admirateur de Django REINHARDT, de Charlie CHRISTIAN et de Jim HALL, il repris nombre de leurs titres avec son trio.

 

Ses premiers enregistrements datent de 1946 pour le label SAVOY. Il  participa également à des sessions avec le pianiste Eddie BARCLAY.

 

Guitariste de réputation internationale, il fut élu meilleur guitariste de l'année 1955 par le Magazine JAZZ HOT,

 

Compositeur de la partition du film "LA VERITE" de CLOUZOT, sideman de Michel LEGRAND, de Don BYAS, de Sidney BECHET, il enregistra également avec Marcel AZZOLA, il est également l'auteur d'une méthode intitulée "IMPROVISATION JAZZ A LA GUITARE".

 

Au début des années 60, en l'absence de "musiciens rock" en France, les studios font appel à des musiciens de jazz. il participe notamment à l'enregistrement des premiers vinyls de Johnny HALLIDAY ( sur Souvenir-souvenir, c'est la guitare de Jean BONAL que l'on entend). Il accompagnera aussi Brigitte BARDOT et il fera partie d'un groupe: "LES LUNETTES NOIRES" avec Albert RAISNER.

 

Jean BONAL jouait également dans le pur style de Django (sur une SELMER), auquel il rendit hommage en 1957 aux côtés d'Henri CROLLA.

 

Il s'est éteint le 17 octobre 2004 


 

 

Tchan Tchou VIDAL, "LE CHINOIS"

 

Authentique Gitan de Marseille, Paul VIDAL, dit Tchan Tchou, est né aux abords d'Aix en Provence, dans une roulotte, le 22 novembre 1923.

 

Surnommé ainsi dès sa naissance en raison de "son petit air chinois", il était le fils d'un rempailleur de chaises.

 

Django REINHARDT, ami de la famille, préférait séjourner dans le campement plutot que dans la chambre qui lui était réservée dans les hôtels de la côte d'azur lorsqu'il était en tournée. C'est lors d'une de ses mémorables veillées musicales que le petit gitan reçu le choc qui le détermina à travailler en cachette le jeu du grand guitariste sur l'instrument que venait de lui offrir son père.

 

Plus tard, c'est en se frottant lors de la tournée des bistros, des bals musettes et des soirées privées qu'il acquiert la technicité et la reconnaissance. Maître de la valse gitane, à l'égal d'Etienne BOUSQUET ou de Matelo FERRET, il compose lui même des titres sur lesquels aujourd'hui nombre de guitaristes usent leurs médiators.

 

Pourtant, même si ce sont ses interprétations virtuoses de musique gitane qui l'ont fait connaître, Tchan Tchou  est un authentique jazzman. Membre permanent du HOT CLUB DE JAZZ de Lyon, il se produit ensuite dans les radios.

 

Confirmant son talent dans des joutes avec son cousin BOUSQUET ou avec les guitaristes Parisiens Sarane et Matelo FERRET, sa renommée le porte à PARIS  ou il enregistre un album aujourd'hui culte:  "LA GITANE" (réédité en CD en 2006 par IRIS MUSIC). A sa sortie, ce disque passe inaperçu. Tchan Tchou refuse une tournée aux ETATS UNIS, avec Maurice CHEVALIER,  pour rejoindre sa région natale et reprendre ses concerts dans les restaurants et les boites de nuit de la Côte d'Azur et de Corse (notamment le fameux "AU SON DES GUITARE" d' Ajaccio).

 


tchan tchou

 


Tchan Tchou VIDAL a su rester simple, parmis les siens, exploitant sa liberté d'expression musicale, recherchant avant tout des mélodies portées par une virtuosité contenue.

 

Il est décédé en 1999. 

 

 

Olivier LE NIGLO

22 septembre 2013

 

 

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15 septembre 2013 7 15 /09 /septembre /2013 17:19
Marcel BIANCHI, un musicien et un instrumentiste avant-gardiste

 

 

D'origine Corse, Marcel BIANCHI naît le 28 août 1911 à Marseille.

 

A 7 ans, il apprend seul les rudiments de la mandoline avant de découvrir la guitare à 12 ans. Autodidacte, il joue dès 17 ans dans des orchestres qui ont l'habitude de se produire dans les bars du vieux port.

 

Il découvre le jazz à la radio, mais également la guitare hawaienne dont il deviendra l'un des meilleurs spécialistes mondiaux avec une discographie internationalement distribuée aujourd'hui encore.

 

L'écoute des enregistrements de Django REINHARDT le décide de rejoindre Paris et la Place Pigalle, lieu de rendez-vous des musiciens. De fructueuses rencontres lui permettent de jouer dans des endroits à la mode: LE BOEUF SUR LE TOIT, LA VILLA D'ESTE, LE DOM JUAN, LE JOKER.

 

Il participe ensuite à des séances d'enregistrements avec Django REINHARDT, Stéphane GRAPELLI, le HOT CLUB DE FRANCE. Relégué à un rôle d'accompagnateur durant les tournées, il quitte la formation en 1938.

 

Mobilisé dans les chasseurs alpins durant la seconde guerre mondiale, prisonnier en Allemagne, il s'évade, et il rejoint la France libre. Il reprend son activité de musicien aux côtés du pianiste Emile STERN entre Cannes et Nice. Il part en Suisse après l'occupation de la zone libre par les Allemands. Il enchaîne les concerts et les séances d'enregistrements dans un style très proche de Django, mais identifiable malgré tout en raison de son attaque plus vigoureuse sur sa guitare du Luthier Marseillais CARBONNEL.

 

A la même période, à Bâle, il découvre une guitare à caisse avec micro incorporé, inspirée de la Gibson de Charlie CHRISTIAN auquel il voue déjà de l'admiration, comme en témoignent plusieurs enregistrements des années 50. Il l'achète ainsi qu'un lap-steel noir fabriqué également en Suisse.

 

Revenu en France à la fin de la guerre, il est le premier guitariste à jouer sur des guitares électriques. Il devient chef d'orchestre et anime des soirées dansantes à Paris.

 

Patrick SAUSSOIS lui a rendu hommage avec son label DJAZ en publiant:

 

- THE EXCITING ELECTRIC GUITAR OF MARCEL BIANCHI ( période électrique)

- THE SWINGIN' GUITAR OF MARCEL BIANCHI (période acoustique 1937-1953)

- THE HAWAIAN GUITAR OF MARCEL BIANCHI

 

 

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On redécouvre dans ces enregistrements un musicien sensible, doué du sens du swing. L'influence de Django et de Charlie CHRISTIAN est incontestable au début de sa carrière, mais l'on constate qu'il a su, ensuite, adopter un style propre et faire preuve d'éclectisme avec des incursions dans la musique latine, le boogie, la variété et même le rock.

 

En effet, au début des années 50, il est sollicité pour accompagner des chanteurs à la mode: BOURVIL, Tino ROSSI, Luis MARIANO. Il accompagnera Bing CROSBY pour sa première apparition en France.

 

Musicien dans les orchestres de Jacques HELIAN, Franck POURCEL, il enregistre parallèlement sous son nom, ses guitar-boogies instrumentaux.

 

Alors qu'il dirige un orchestre à Juan les Pins en 1959, il engage un jeune batteur, né en Egypte: Claude FRANCOIS.  

Après des milliers de concerts durant les années 60 (Hollande, en Allemagne, au Japon et aux Etats Unis), son orchestre se sédentarise au CARLTON de Cannes jusqu'en 1988.

 

Il prend sa retraite  à Juan les Pins où il s'éteint le 23 novembre 1997 à 86 ans.

 

 

Olivier LE NIGLO

15 septembre 2013

 

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8 septembre 2013 7 08 /09 /septembre /2013 17:27

Après la mort de Django REINHARDT, le jazz français continu d'évoluer sous les doigts de ses frères, cousins ou "gadjés".

Le choix musical est difficile: "jazz moderne" en optant pour la guitare électrique que le Maître avait adoptée juste avant de mourir, ou jazz traditionnel pour conserver les sonorités acoustiques d'origine et emblématiques de son style.

L'essentiel, c'est que la flamme demeure allumée entre 1950 et 1960 grâce aux cabarets Parisiens notamment, dans lesquels jouent des personnalités aussi contrastées que Etienne "Palotte" BOUSQUET, René MAILHES, Marcel BIANCHI, Elek BACZIK, Henri CROLLA, Jacques MONTAGNE, Jean Pierre SASSON, Francis Alfred MOERMAN et bien d'autres encore.

Aujourd'hui, faute de réédition des microsillons, la plupart d'entres eux sont peu connus et même parfois tombés dans l'oubli.

 

Alors, intéressons nous à certains d'entres eux. 

 

 

HenriCrolla  Henri CROLLA, un guitariste d'exception:

 

En 1922, la famille CROLLA quitte l'Italie devant la montée du fascisme et s'installe à Paris, dans ce que l'on appelait alors "la zone". Le petit Henri a deux ans et il grandi dans ce bidonville, dans lequel vivent principalement les manouches, à deux pas de la roulotte de la famille REINHARDT. Dès huit ans, il joue du banjo aux terrasses des cafés du Boulevard Montparnasse.

Au fil de précoces rencontres, il cotoie Jacques PREVERT, les frères FERRET, et aussi les frères Django et Joseph REINHARDT. La seconde guerre mondiale interrompt sa carrière. Mobilisé en Italie, il déserte et sera naturalisé Français en 1946. Sa carrière redémarre brillamment et il obtient le Grand prix de l'Académie de jazz en 1947. Il rencontre Yves MONTAND et devient son accompagnateur jusqu'en 1958. Durant une période d'intenses tournées, il composera une quarantaine de chansons. Lorsque Yves MONTAND met sa carrière entre parenthèses, il se consacre à la composition de musique pour des court-métrages avant de composer pour le cinéma et d'enregistrer trois albums solo chez VEGA.

Henri CROLLA délaisse ensuite la musique pour le cinéma de la bande à Pierre PREVERT (le frère de Jacques), il présente MOUSTAKI à Edith PIAF, et il devient le mentor d'un jeune comédien: Jacques HIGELIN. Avec ce dernier, il tourne un film d'Henri FABIANI " le bonheur est pour demain".

Henri CROLLA décède à la fin du tournage. Il avait 40 ans.

 

Sa discographie disponible:

 

- CROLLA & CO, Hommage à Django de ses compagnons (jazz in Paris, Universal 2001)

- BEGIN THE BEGUINE, (jazz in Paris, Universal 2002)

- QUAND REFLEURIRONT LES LILAS BLANCS (jazz in Paris, Universal 2002)

- MUSIQUES DE CINEMA ( jazz in Paris, Universal 2007)

- LE LONG DES RUES ( jazz in Paris, Universal 2009)

 

 

 

  Olivier LE NIGLO

8 septembre 2013

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1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 15:24

  

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                                LES FILS DU VENT

  

 

Dans le but de fuir les conflits et les invasions musulmanes, une petite diaspora quitte le nord de l' Inde au Vème siècle et prend la route.

 

 Après un court séjour en Perse, puis un essaimage démultiplicateur dans l'empire Byzantin, ce petit peuple traversa les montagnes Afghanes pour enfin atteindre les Balkans puis l'Europe de l'Est.

 

Au contact des peuples auprès desquels elle vécut (Mongols, Kazaks, Turkmènes), cette population nomade appris le commerce et développa un moyen de se déplacer parmis les sédentaires. Sa circulation tout au long de l'histoire entraîna des contacts économiques permanents entre l'Orient et l'Occident, entre zone Chrétienne et Ottomane.

 

La soif de conquête des Ottomans et les guerres successives que ces derniers menèrent, encouragea l'élevage des chevaux dont le commerce fut longtemps contrôlé par les Tziganes. Dès lors, les attelages de bovins furent remplacés par des chevaux ou des ânes.

 

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L'essence du nomadisme a permis d'optimiser le transport du matériel servant à l'habitat, permettant la réalisation de tous les rêves de voyages.

 

L'évolution passe par des roulottes à l'aspect désuet, brimbalantes, puis à de petits palais roulants aux allures de Trans orient express.

 

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Cet habitat "folklorique" a laissé progressivement sa place aux caravanes après la seconde guerre mondiale.

 

A toutes les époques, l'hostilité populaire empêcha la sédentarisation de ces peuples alors que paradoxalement la politique sociale, aujourd'hui encore, tend à réduire leur mobilité.

 

"La roulotte des Romanichels" très présente dans la littérature européenne  a contribuée à la place importante que tient dans l'imagerie populaire  la famille Bohémienne " qui courre par les grands chemins " : la bonne aventure, la fabrication des paniers en osier, la mendicité, etc ... 

 

 

conteuse

  

    

Malgré l'hostilité et la répression, malgré plusieurs tentatives d'extermination, le nomadisme traverse néanmoins les époques. 

 

Moyen d'aborder la vie en marge de la société et d'affirmer l'appartenance à une communauté ou un groupe familial élargi, le nomadisme diffuse encore ses symboles et conserve précieusement tous les mystères qui entourent les peuples Gitans, Manouches, Tziganes, Sinti, Romano.

 

Olivier Le Niglo, 1er septembre 2013

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11 août 2013 7 11 /08 /août /2013 14:54

17024_4428819090419_108256164_n.jpgMusiciens de "la zone" et des fortifs, les romanichels prennent l'habitude dans les années 20-30 de proposer leurs services de guitaristes-accompagnateurs aux accordéonnistes des bistrots parisiens environnant.

 

Le jeune Django Reinhardt grandit dans cet environnement.

 

Tout d'abord joueur de banjo émérite, il joue ensuite de la guitare et écume chaque soir les bistrots de la Porte d'Iatlie avant d'être sollicité par des bars dans le centre de Paris.

 

Une nuit, l'incendie accidentel de sa roulotte a bien failli l'éloigner à jamais de la musique en le privant de l'usage de son annulaire et de son auriculaire de la main gauche, figés à tout jamais. Opiniâtre, il développe alors une technique pour jouer avec une virtuosité inégalée.

 

La découverte des premiers disques de Louis Armstrong et de Duke Ellington le porte à reproduire et à jouer cette musique des années 30 et à y apporter sa propre inspiration, mêlant subtilement les accords mineurs joués par des formations de cordes (guitares, contrebasse et violon), pour interpréter les standards venus d'outre-atlantique, la chanson populaire française  et ses propres compositions originales que les américains qualifieront eux mêmes de "gypsy swing", terminologie encore utilisée aujourd'hui aux Etats Unis. 

 

Sa rencontre avec Stéphane Grappelli (avec lequel il co-signera de nombreuses partitions) et l'émergeance du Hot Club de France lui feront fréquenter les hauts lieux du jazz de Paris en vedette incontestée.

 

Après sa disparition en 1953, le style de Django évoluera pour devenir plus connu sous l'appellation de "jazz manouche". 

 

Ce courant musical était loin d'être à la mode depuis le décès de Django Reinhardt mis à part le festival de Samois sur Seine et quelques guitaristes qui égrenaient leurs notes dans des lieux devenus aujourd'hui mytiques comme "Le clairon des chasseurs" à Montmartre et "La Chope des Puces" Porte de Clignancourt.

 

Au début des année 80, le "jazz manouche" devient à la mode avec ses officionados qui vouent une ferveur totale au Maître et ses féroces détracteurs. Les passionnés vont écouter le vendredi soir Maurice Baro Ferret ou le jeune Raphael Fays, certains vont même jusqu'à se faire pousser une petite moustache.

 

Autrement dit, il s'agit plus d'un art de vivre que d'un style guitaristique, alliant des valeurs aussi fortes que l'amitié, la fête, la famille...

 

Aujourd'hui, nous ne comptons plus les formations ou se côtoient les "pistoleros du swing" qui ne s'intéressent qu'à la virtuosité (ce qui fait dire à ses détracteurs que cette musique est toujours la même) et les guitaristes appartenant à la communauté manouche (Biréli Lagrène, Boulou Ferré, Angelo Debarre, Tchavolo Schmitt, Stochelo Rosenberg ...) et les gadjos (Romane, Samy Daussat, Sébastien Giniaux ...) qui eux ont tous su s'éloigner du répertoire  pour adopter la modernité des guitaristes de jazz américains et faire évoluer le style. 

 

En effet, à l'origine, le "jazz manouche" est un assemblage de diverses inspirations musicales: jazz inspiré de Django, musette, musique tzigane d'un caractère gai, romantique, lyrique, rythmé, incarnant les voyages au cours desquels il s'est enrichi... et qui continue à s'enrichir.

 

Olivier LE NIGLO

août 2013

 

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25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 17:01

Au gré des marées et des tempêtes, la composition du groupe HOPJA a évolué. Né de la rencontre de cinq guitaristes en 2010, le groupe est devenu en janvier 2013 un duo , composé d'Hervé et d'Olivier. Le répertoire est résolument swing, ou se mêlent des mélodies jazz, musette et traditionnels tsiganes.

 

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Plusieurs concerts sont déjà prévus en 2013:

 

30 mai: LES ROMANS (49)

31 mai: BRION PRES THOUET (79)

21 juin: SAINT MACAIRE DES BOIS (79)

13 juillet: LA MINE BLEUE (49)

17 août: LA MINE BLEU (49)

 

 

D'autres dates sont en cours de négociation.

 

Nous avons créée notre association " LES AMIS D'HOPJA" afin

de promouvoir la musique que nous jouons.

 

Nous envisageons notre premier CD en fin d'année si nous ne rencontrons pas trop d'obstacles techniques et financiers.

 

Voilà, l'aventure continue ... comme le long voyage de ceux qui parfois nous inspirentconteuse.png

 

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