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9 août 2015 7 09 /08 /août /2015 08:46
SALON DU LIVRE DE NANTEUIL EN VALLEE LE 6 SEPTEMBRE 2015

Le dimanche 6 septembre 2015, aura lieu le 8ème Salon du livre "AUTOUR DU LIVRE" de NANTEUIL EN VALLEE (16).

Une trentaine d'auteurs régionaux seront présents ainsi que plusieurs maisons d'édition.

Au plaisir de vous y rencontrer pour la dédicace de mon nouveau livre "CONTES, LEGENDES ET CHRONIQUES TSIGANES".

Salon de Mortroux le 26 juillet 2015 (image d'archive)

Salon de Mortroux le 26 juillet 2015 (image d'archive)

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23 juillet 2015 4 23 /07 /juillet /2015 17:42
NOTRE AMI LE HERISSON

Le culte du hérisson s’est répandu dans tout le nord du Proche-Orient et dans l’ensemble des mythes iraniens.

Animal bienfaisant, il est le symbole vivant du paratonnerre à l’égal de la salamandre de par sa résistance aux hauts voltages.

Le hérisson était souvent un animal de compagnie pour les enfants comme d’autres, aujourd’hui, ont des cochons d’Inde. Les enfants Tsiganes portent souvent en amulette une patte de hérisson autour du cou pour les protéger de la foudre et des dangers.

Le Hérisson fut longtemps chassé par les Tsiganes.

La période la plus favorable à la chasse était l’automne car le hérisson accumule de la graisse à l’hibernation sous des tas de feuilles ou de détritus. On le tuait d’un coup sec sur le nez puis enrobé dans une croûte de terre et posé sur des braises et des pierres chaudes, il était ensuite aisé de lui arracher sa carapace et les piquants venaient d’un coup avec la peau. Après l’avoir vidé, il était rôti à la broche ou dans un vase de terre. Sa chair est délicate et fondante, à l’odeur de noisette. Coupé en morceaux, avec des navets aromatisés à l’ail sauvage et au poivre noir, arrosé d’épices, ce fût longtemps un plat traditionnel.

Les Tsiganes l’utilisaient aussi pour un usage thérapeutique : la graisse et le sang du hérisson guériraient les maladies de peau. Egalement remède contre le tétanos, il fortifie le cheveu et combat les brûlures. Le hérisson serait ainsi un condensé de médecine pour guérir tous les maux.

Il n’en demeure pas moins qu’il est l’un des animaux préférés des Manouches qui aiment le représenter sur divers supports : peinture, gravure sur guitare, vêtements.

Le hérisson est une espèce protégée depuis 1981.

Néanmoins, le hérisson est menacé de disparition. En cause, la déforestation et le débroussaillage qui le privent de son habitat naturel, mais surtout l’usage généralisé des pesticides, des herbicides et de produits anti-limaces lui est fatal. En outre, la prolifération des piscines privées constituent un nouveau danger pour les hérissons lorsqu’il n’existe pas de rampe pour leur permettre de s’en extraire.

Alors pour protéger ces sympathiques petits animaux carnivores protecteurs de nos jardins en raison de leur goût pour les escargots et les insectes, voici quelques pistes :

  • Tout d’abord, l’hiver, il faut leur laisser un tas de feuilles et de branchages dans lequel ils pourront s’installer au chaud en attendant le printemps.
  • L’été, il convient de prendre la précaution, avant de mettre le feu dans un tas de végétaux, qu’aucune famille hérisson n’y résident.
  • Il faut proscrire au maximum les produits toxiques (produits anti-limaces, pesticides et herbicides) également nocifs pour les chiens et les chats.
  • Il faut vérifier tous les jours les filets de protection de nos salades, véritables pièges mortels.
  • Si l’on voit un hérisson sur une route, il faut l’aider en le poussant avec le pied afin qu’il rejoigne au plus vite le bas côté.
  • L’été comme l’hiver, on peut déposer des gamelles d’eau et des croquettes pour chats afin qu’ils puissent se nourrir. Il ne faut surtout pas leur donner du lait pour leur éviter des diarrhées mortelles !

Le hérisson est un animal nocturne. Si vous en voyez un en pleine journée, il convient de le récupérer en prenant soin de ne pas vous piquer en utilisant des gants épais ou un linge. Ensuite, vous pouvez le déposer dans un endroit situé à l’abri de la lumière et des mouches. Pensez bien à lui donner de l’eau pour éviter sa déshydratation.

Concernant les mouches, ces dernières peuvent lui être fatales si elles pondent sur sa peau car ensuite, les asticots le dévorent vivant. Les plus courageux s’armeront de patience pour lui retirer les œufs avec une pince à épiler.

Le hérisson peut être infecté de vers provenant des escargots et des limaces. Il est donc nécessaire de le vermifuger avec un produit (le plus courant se nomme le Capizol, à base de lévamisol) en le déposant dans sa nourriture. Pour ce faire, on place le hérisson dans une caisse garnie de litière pour chat et éventuellement d’un linge afin de lui permettre de se cacher. On déposera le vermifuge dans sa nourriture. Il convient de renouveler l’opération un mois après. La durée de vie d’un hérisson est de dix ans mais elle est réduite à deux ans s’il n’est pas vermifugé. On peut également lui mettre une goutte d’antipuces sur le cou pour le protéger.

Une fois le traitement effectué, il suffira de relâcher le hérisson dans son milieu naturel pour qu’il reprenne ses habitudes. Bien entendu, il est possible de continuer à l’alimenter avec des croquettes mais également avec un jaune d’œuf et du miel pour revigorer les plus affaiblis. Alimenter le hérisson est un excellent moyen de domestiquer ce petit animal sans le priver de son mode de vie sauvage.

Il arrive que le bébé hérisson devienne orphelin. Dans ce cas, il est possible de le nourrir avec une seringue contenant du lait pour chat. Il ne faut surtout pas le mettre sur le dos lors de cette opération pour éviter qu’il ne s’étouffe. L’hiver le bébé hérisson doit être placé près d’une source de chaleur.

Olivier Le Niglo, le 23 juillet 2015

NOTRE AMI LE HERISSON
NOTRE AMI LE HERISSON
NOTRE AMI LE HERISSON
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6 juillet 2015 1 06 /07 /juillet /2015 07:34

Le 26 juillet 2015, je serais présent au 4ème Salon du livre de MORTROUX (23),

45 auteurs seront présents ainsi que plusieurs maisons d'édition.

Au plaisir de vous y rencontrer pour la dédicace de mon livre " LES TSIGANES DE FRANCE OU L'HISTOIRE DES ETERNELS ETRANGERS ".

4ème SALON DU LIVRE DE MORTROUX le 26 JUILLET 2015
Olivier Le Niglo au Salon du Livre de Royan 2015 (image d'archive)

Olivier Le Niglo au Salon du Livre de Royan 2015 (image d'archive)

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24 juin 2015 3 24 /06 /juin /2015 07:19

En attendant la sortie au mois de septembre 2015 de mon prochain livre : " CONTES, LEGENDES ET CHRONIQUES TSIGANES", je rappelle que mon livre "LES TSIGANES DE FRANCE OU L'HISTOIRE DES ETERNELS ETRANGERS" est toujours en vente sur AMAZON, PRICEMINISTER, dans de nombreuses librairies en Deux-Sèvres, Maine et Loire, Vienne, et Charentes Maritimes, ou directement auprès de moi au moyen du bon de commande ci-dessous.

LES TSIGANES DE FRANCE OU L'HISTOIRE DES ETERNELS ETRANGERS
LES TSIGANES DE FRANCE OU L'HISTOIRE DES ETERNELS ETRANGERS
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23 avril 2015 4 23 /04 /avril /2015 07:00

Le 1er mai 2015, je serais présent à la Journée des écrivains de JARD SUR MER (85), sur le Port de Plaisance, Au plaisir de vous y rencontrer pour la dédicace de mon livre " LES TSIGANES DE FRANCE OU L'HISTOIRE DES ETERNELS ETRANGERS ".

JOURNEE DES ECRIVAINS DE JARD SUR MER LE 1ER MAI 2015
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18 avril 2015 6 18 /04 /avril /2015 08:05

Les 25 et 26 avril 2015, je serais présent au salon du livre "Cita' Livres", qui se déroulera au Château d'Oléron. Au plaisir de vous y rencontrer pour la dédicace de mon livre " LES TSIGANES DE FRANCE OU L'HISTOIRE DES ETERNELS ETRANGERS ".

SALON DU LIVRE CITA'LIVRES AU CHATEAU D'OLERON
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6 avril 2015 1 06 /04 /avril /2015 08:24

L’histoire européenne fait état de nombreux groupes nomades depuis le 11e siècle en Suisse, et en Allemagne dès le 13e siècle. L’expression fahrendes Volk (peuple errant) était d’ailleurs utilisée dans le langage administratif dès le moyen âge. Toutes ces communautés ont un point commun à savoir qu’elles ont été marginalisées par les violences, la pauvreté et le bannissement. Chacune d’entre elles a développé une culture et un langage propre au cours de ses transhumances en assimilant des influences extérieures provenant des contrées traversées.

Les Yéniches font partie de l’un de ces groupes nomades. Souvent assimilés à tort aux Roms, les Yéniches sont probablement le résultat d’une série de mélanges consécutifs à la guerre de Trente ans, entre des déserteurs appauvris et un groupe d’émigrés suisse du Canton de Berne. Au fil des générations et de leurs itinéraires, ces groupes se sont alliés et ont accueilli en leur sein tous les déshérités, les proscrits, les orphelins. Des groupes de commerçants itinérants juifs ont certainement été également intégrés, pour preuve les hébraïsmes de la langue Yéniche et l’existence de similitude dans les noms des deux communautés. C’est probablement la raison pour laquelle les Yéniches en s’installant dans l’espace germanophone ont choisi une seule et même religion, le catholicisme, alors qu’à l’origine les émigrés suisses étaient de protestants (luthériens).

On voit bien la difficulté à cerner les origines d’une communauté faites d’ajouts de populations marginalisées.

Parfois nommés les Tziganes blonds en raison de leurs yeux verts ou bleus, ils refusent d’être assimilés aux Tziganes (Manouches, Gitans, Sinti, et Roms), aux seuls motifs de leur vie nomade commune en marge des sociétés sédentaires et de leur exercice, par la force des choses, des mêmes petits métiers (vanniers, rémouleurs, étameurs). Ils sont de souche européenne, ils revendiquent d’ailleurs une descendance celte, alors que les Tziganes viennent du nord de l’Inde.

Le sort peu envieux réservé aux Tziganes et aux Roms ne les pousse d’ailleurs pas vers l’acceptation d’une telle assimilation.

Le poids de l’histoire demeure très douloureux.

Dès le 18e siècle, les gouvernements européens ont persécuté les groupes nomades considérés comme incontrôlables.

Ensuite, bien que les théoriciens nazis n’apparentaient pas les Yéniches aux Tziganes et aux Roms, ils les considérèrent comme des asociaux et les déportèrent dans les camps de concentration. D’autres furent envoyés dans des stalags pour être employés à des travaux de construction ou de rénovation de routes et de voies ferrées. Très peu d’entre eux y survécurent !

De 1926 à 1973, ils vécurent une nouvelle épreuve douloureuse alors que la fondation Pro Juventus enlevait les enfants à leurs parents pour les acculturer dans le cadre d’une opération dénommée « Enfants de la grande route ».

Il faudra attendre 1987 pour que la Confédération présente des excuses officielles envers le peuple Yéniche et le reconnaisse comme une minorité nationale. La Suisse est d’ailleurs le seul pays à l’avoir officiellement reconnu comme minorité nationale.

Aujourd’hui, environ 200 000 Yéniches vivent en Allemagne, dont 120 000 en Bavière, Rhénanie du Nord et Bade-Wurtemberg. La vie moderne a eu raison de leur nomadisme et moins de 30 000 Yéniches sont des voyageurs permanents. La Suisse compte plus de 50 000 Yéniches dont moins de 10 % ont conservé une vie nomade. Les Yéniches sont également installés en Autriche, en Hongrie, en Biélorussie, en Belgique, au Luxembourg, dans les Pays-Bas et en France (en Alsace notamment), dans des proportions moindres.

Les familles Yéniches qui ont souhaité poursuivre une vie semi-nomade voyagent une partie de l’année (comme les Tziganes français), permettant durant la période hivernale la scolarisation de leurs enfants. Ces familles vivent toujours dans une organisation clanique matriarcale, à la différence des Manouches et des Gitans qui ont adopté une structure patriarcale. Il s’agit de familles comprenant souvent une vingtaine de personnes se déplaçant en caravanes dont le nombre n’excède jamais le nombre de 8.

Ils exercent toujours leurs métiers traditionnels de forains, colporteurs, vanniers, rémouleurs, etc.

Ce mode de vie nomade ou semi-sédentaire est mal accepté par les populations sédentaires. Tout comme pour les Manouches en France, les terrains ancestraux sur lesquels ils pouvaient se stationner disparaissent, le non-accueil et le rejet s’aggravent, symboles d’une stigmatisation dont toutes les populations nomades sont victimes.

La situation s’est aggravée lorsque les frontières des pays européens se sont ouvertes aux ressortissants de pays nouvellement membres. Le flux migratoire de populations Roms fuyant la paupérisation et la précarisation des conditions de vie dans leurs pays d’origine, principalement la Roumanie et la Bulgarie, ne respectant pas certaines règles de vie a opacifié un peu plus les relations entre les Yéniches avec les citoyens sédentaires, malgré leurs relations historiques.

Traiter les Yéniches d’étrangers dans les pays germaniques (Suisse et Allemagne) ou dans l’est de la France, participe de la stigmatisation alors que, ce sont le plus souvent des citoyens à part entière.

Depuis 1998, les Yéniches, ces gens du voyage du cœur de l'Europe, sont protégés par la Convention du Conseil de l’Europe sur les minorités nationales.

Olivier BLOCHET

Le 06 avril 2015

 

© Droits réservés – Olivier Blochet - avril 2015 

 

Parution de :

LA ROUTE DES YÉNICHES

 

Le 1er janvier 2020 : modalités de commande ci-dessous :

LES YÉNICHES

LA ROUTE DES YÉNICHES - Olivier BLOCHET

Éditions La Comoé - Janvier 2020 - 90 pages avec illustrations -

ISBN 9782955309773 - 9,20 euros 

 

Commande en joignant un chèque de 10 € ( 9,20 € + 0,80 € de participation aux frais d'envoi ) auprès de l'auteur : Olivier Blochet - 8 rue Principale 79290 Brion Près Thouet

LES YÉNICHESLES YÉNICHESLES YÉNICHES
LES YÉNICHES
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19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 14:29
Olivier Blochet, dit Le Niglo, aura la joie de vous rencontrer lors des événements suivants en 2014 :

 

 

- 13 décembre 2014 : dédicace à l’Espace Culturel de Thouars (79)

- 20 décembre 2014 : dédicace au Forum Média de Thouars

- 21 décembre 2014 : dédicace à la Librairie Le Fauteuil de Bressuire (79)

 

Olivier blochet au Festival littéraire et artistique de Thénac les 14 et 15 mars 2015 et au Salon du livre de Royan-Pontaillac le 14 juin 2015 Olivier blochet au Festival littéraire et artistique de Thénac les 14 et 15 mars 2015 et au Salon du livre de Royan-Pontaillac le 14 juin 2015

Olivier blochet au Festival littéraire et artistique de Thénac les 14 et 15 mars 2015 et au Salon du livre de Royan-Pontaillac le 14 juin 2015

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8 mars 2015 7 08 /03 /mars /2015 18:25

Je serais présent lors du Festival Littéraire et Artistique les samedi 14 et dimanche 15 mars à Thénac (proche de Saintes 17) pour présenter lors d'une rencontre littéraire mon livre "Les Tsiganes de France ou l'histoire des éternels étrangers" le samedi à 14 heures et pour le dédicacer durant tout le week-end. Il s'agit d'une très belle manifestation autour du voyage organisée par l'association "l'écriture prend le large". Au plaisir de vous y rencontrer.

Ci-dessous, le programme des rencontres littéraires.

Samedi 14 mars 2015

14h/14h30 –Olivier BLOCHET

Les tsiganes français, ces éternels étrangers

14h45/15h30 - Isabelle AUTISSIER

Les enjeux économiques et écologiques de la nouvelle route maritime du Nord

15h45/16h45- Dominique LEBRUN

Incroyable épopée des explorations polaires

17h/17h30 – Franck DEGOUL

La grande traversée du Brésil

17h45/18h15 – Jean Pierre OUTERS

La tête ailleurs en Chine

18h30/19h - Lilian VEZIN Asie centrale, terre d’aventure

Dimanche 15 mars 2015

14h/14h30 – Nadia SWEENY

Au cœur d’une actualité brûlante, la Palestine

14h45/15h15 – Antoine CALVINO

Fascinantes rencontres autour de l’océan indien

15h30/16h30 – Axel KAHN

Impressions de marche d’un humaniste d’exception

16h45/17h45 – Guy GAUTREAU

L’aventure prestigieuse de l’Hermione

FESTIVAL LITTERAIRE ET ARTISTIQUE DE THENAC
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27 janvier 2015 2 27 /01 /janvier /2015 10:03

Le 27 janvier 1945, il y a donc 70 ans, l’armée Soviétique libérait le camp d’Auschwitz-Birkenau.

Alors que les télévisions diffusent des reportages, des films, et des interviews sur cette horrible période pour symboliser le génocide des Juifs, il me paraît important de rappeler que ce fut aussi le camp dans lequel furent exterminés la plupart des Tziganes du Grand Reich.

Les Tziganes sont une nouvelle fois les grands oubliés des commémorations.

Vous trouverez, dans cette chronique, quelques extraits de mon livre « LES TSIGANES DE FRANCE OU L’HISTOIRE DES ETERNELS ETRANGERS » dans lequel je traite du sort des Tziganes sous l’Allemagne nazie dans le chapitre « La seconde guerre mondiale ou le génocide oublié ».

Extraits

" Dès 1933, quand les nazis arrivèrent au pouvoir en Allemagne, ils commencèrent par interdire les mariages mixtes entre Allemands et Zigueuners (Tziganes). Ces derniers furent désignés sous les vocables de « fléau », « vermine », « sous hommes ».

En 1936, Himmler, Chef de la police, envoya quatre cents Zigeuners au camp de Dachau.

Au début du mois de janvier 1940, deux cent cinquante enfants Tziganes serviront de cobayes pour tester le zyklon B, un gaz mortel qui sera ultérieurement utilisé dans les chambres à gaz. Puis le 30 janvier 1940, ce sont 30 000 Zigeuners qui sont « déplacés » et répartis dans différents endroits pour servir de main d’œuvre dans des conditions de vie précaire.

Le 16 décembre 1941, Himmler ordonna la déportation des Tziganes en Pologne, dans la petite ville industrielle d’Auschwitz. Le camp d’extermination nazi d’Auschwitz-Birkenau était conçu pour « accueillir » deux cent mille personnes. Lorsque les convois sont complets, ceux qui ne peuvent pas monter dans le train sont fusillés sur place.

Dachau, Ravensbrück, Buschenwald, Litzmannstadt, Bergen-Belsen, Sachsenhausen, Mauthausen, Lager-Lackenbach, Natzweille-Struthof, Auschwitz-Birkenau, autant de noms auxquels seront associées les horreurs du génocide Tzigane.

Chaque camp était divisé en « quartiers » : déportés juifs, déportés Tziganes, déportés politiques ne se croisaient pas. Cette population sera tout d’abord décimée par le typhus, le scorbut, la diarrhée, la gangrène de la face, la variole, et une varicelle ressemblant à la peste bubonique. Pour satisfaire aux exigences de la Croix Rouge, chaque camp est doté d’un hôpital de fortune, mais dans les faits, la mission des médecins se limitait à dénombrer les décès. Les plus résistants à ces conditions inhumaines de vie empruntèrent pratiquement tous le même chemin, celui des fours et les bûchers.

Dès 1942, en Europe centrale et Balkanique, la même politique génocidaire fut appliquée. En Croatie, pays allié à l’Allemagne, les Oustachis massacrèrent des résistants Serbes, des Juifs ainsi que plus de 50 000 Tziganes pour raisons raciales ou religieuses. Dans les pays Baltes, l’extermination est menée sur place par les Einsatzgruppen (unités mobile SS d’extermination), dans les territoires occupés tels la Lettonie, la moitié de la population Roms est exterminée, plus de 90 % de celle-ci est décimée en Estonie et en Lituanie. Puis, ce sera le tour des Tziganes de Pologne d’être massacrés par les fascistes Polonais. Ceux de Belarus, de Russie blanche subiront également la folie meurtrière des nazis. Les fascistes Ukrainiens pratiqueront également des massacres à grande échelle : les adultes sont fusillés, les enfants en bas âge sont fracassés contre des arbres et de nombreux témoignages font état de l’utilisation de chambres à gaz mobiles.

La Roumanie ne pratiqua pas l’extermination systématique, mais elle expulsa plus de 20 000 Tziganes dans des régions déshéritées où ils devaient mourir de faim, de maladie ou de mauvais traitements.

Plusieurs centaines de milliers de Tziganes sont morts en déportation.

Il faut bien dire qu’aucune voix ne s’est élevée, la mise en œuvre d’une solution finale touchant les Tziganes avait déjà eu lieu à plusieurs reprises dans leur histoire passée.

Les témoignages qui nous sont parvenus font état que les Tziganes n’ont cessé de chanter dans les camps pour alléger leurs souffrances. Il faut dire que les nazis leur avaient laissé leurs instruments de musique et les SS repéraient les meilleurs pour animer les soirées du Feldgénéral. Ces années ont probablement teintées leur musique d’une tonalité plus profonde, comme le blues en son temps avait teinté les musiques africaines traditionnelles durant l’esclavage aux Etats-Unis.

…/

L’application de la « solution finale » se traduit en 1943 par la déportation de milliers de Tziganes dans les camps de Ravensbrück, Mauthausen, Belgen-Bergen, Buchenwald, Dachau et au tristement célèbre camp de la mort d’Auschwitz-Birkenau en Pologne.

Dans ce dernier, 38 casernements sont réservés aux Tziganes. Le potentat du camp se prénomme Josef. Pour les enfants du camp, il est l’oncle Pépi, celui qui leur offre des friandises. Il est aussi le Docteur Mengele, incarnation du mal absolu, celui qui se livre à des expériences terribles : stérilisation massive, injection de virus, notamment la malaria, et autres atrocités. Les conditions d’hygiène sont telles que les épidémies de typhus exanthématique et de gale surinfectée causent des milliers de morts.

Alors que le IIIème Reich s’effondre, Himmler prend la décision, le 1er août 1944, de gazer les Tziganes survivants. A Auschwitz, l’oncle Pépi offre une dernière friandise aux enfants avant de les accompagner jusqu’aux fours crématoires.

Cette nuit là, plus de 29 000 Tziganes allemands et autrichiens furent gazés et incinérés, pendant qu’une lueur sinistre provoquée par les flammes des cheminées des crématoriums n° 1 et n° 2 éclairaient le camp.

Les Tziganes qui se souviennent de cette nuit meurtrière l’appellent « zigeunernach » : « la nuit des Tziganes ».

…/…

Entre 1939 et 1945, entre 200 000 et 1 500 000 Tziganes ont été exterminés. Après le conflit mondial, les experts gouvernementaux procéderont par recoupement pour faire état de la mort de 800 000 Tziganes. Mais peu importe la variation d’une amplitude aussi grande puisque les chiffres ont peu d’importance au regard du silence général qui a suivi le crime.

Les nazis lors du procès de Nuremberg ont prétendu que la présence des Tziganes dans les camps était consécutif à leurs condamnations pour des crimes et non pour des raisons d’appartenance raciale. Pourtant, les documents et les témoignages auraient pu battre en brèche ces arguties.

Pas un seul criminel de guerre ne fût poursuivi pour crimes contre les Tziganes et aucun d’entre eux d’ailleurs ne fut appelé à témoigner au procès de Nuremberg.

…/…

La Convention de Bonn stipulait que les personnes persécutées pour cause de nationalité avaient droit à compensation.

Les demandes de dédommagements des Tziganes pour crimes de guerre se heurtèrent à l’obstruction et à l’opposition d’une administration allemande dont les préjugés demeuraient vifs.

La circulaire du 9 mars 1950 de l’Etat du Wurtemberg est assez éloquente en ce qu’elle continue de distinguer les Juifs et les Tziganes : « il devra être tenu compte du fait que les Tziganes avaient été persécutés par les nazis non pas pour quelque raison raciale, mais en raison de leurs antécédents d’asociaux et de délinquants ». Le mensonge nationaliste a la vie dure.

L’holocauste dans l’esprit général n’a été qu’une affaire exclusivement sémite. La souffrance des Tziganes a été marginalisée et pas seulement par les révisionnistes.

Contrairement aux Juifs qui alimentent encore le souvenir, les Tziganes, avec leur nature fataliste et hédoniste, ont fait de l’oubli un art. Très peu de Tziganes connaissent leur histoire collective, pour preuve la vague d’émigration de Roms Roumains en Allemagne après la chute de Ceaucescu. Les Tziganes oscillent entre résignation et absence de sentiment de haine.

…/…

En Allemagne, il faudra attendre 1982 pour que le Chancelier Helmut Kohl reconnaisse le génocide des Tziganes, mais à cette date les réparations sont bien illusoires puisque la plupart des victimes susceptibles d’obtenir une réparation sont décédées. Dix ans plus tard, le gouvernement allemand décidera de l’opportunité d’un mémorial. Longtemps retardé, c’est le 24 octobre 2012, que ce mémorial aux Tziganes déportés par les nazis a été inauguré à Berlin, à quelques centaines de mètres de la porte de Brandebourg et du Reichstag, par la chancelière Allemande Angela Merkel. Nouvelle pièce d’un puzzle, ce monument consiste en un large bassin rond rempli d’une eau aux reflets sombres qui renvoient à l’horreur des crimes nazis ".

Olivier BLOCHET dit LE NIGLO, extraits de « Les Tsiganes de France ou l’histoire des éternels étrangers » paru au mois de novembre 2014. (tous droits réservés)

27 JANVIER 2015

LE CAMP D'AUSCHWITZ- BIRKENAU  ET LES TZIGANES
LE CAMP D'AUSCHWITZ- BIRKENAU  ET LES TZIGANES LE CAMP D'AUSCHWITZ- BIRKENAU  ET LES TZIGANES
LE CAMP D'AUSCHWITZ- BIRKENAU  ET LES TZIGANES
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