Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
18 janvier 2015 7 18 /01 /janvier /2015 19:20

Dans le but de fuir les conflits et les invasions barbares, une petite diaspora quitte le nord de l’Inde au 5ème siècle et prend la route.

A cette époque, le peu de biens que les familles de cette petite communauté tient dans des chariots tirés par les hommes ou par des bœufs . Pour la nuit, on tend des toiles, la vie est précaire.

Après un court séjour en Perse, ce petit peuple, à l’origine sédentaire, traversa les montagnes Afghanes, puis après un essaimage démultiplicateur dans l'empire Byzantin, rejoignit les Balkans puis plus tard, l’Europe de l’Est.

Au contact des peuples auprès desquels elle vécu (Mongols, Kazaks,Turkmènes), cette population, devenue nomade, appris le commerce. Sa circulation tout au long de l’histoire entraîna des contacts économiques permanents entre l’Orient et l’Occident, entre zone chrétienne et Ottomane.

La soif de conquête des Ottomans et les guerres successives que ces derniers menèrent, encouragèrent l’élevage des chevaux dont le commerce fut longtemps contrôlé par les Tziganes. Dès lors, les attelages de bovins furent remplacés par des chevaux ou des ânes. L' essence même du nomadisme leur permit d’optimiser le transport du matériel servant à l’habitat et ainsi, permettre la réalisation de tous les rêves de voyages.

L’évolution passe par des chariots à la solidité incertaine à de petits chariots faisant office d’habitation à compter du 9ème siècle. Roulottes à l’aspect désuet, brimbalantes, la famille poursuit son voyage en marchant à côté.

Au 19ème siècle apparut la véritable roulotte en bois, nommée verdine (de vardo, mot Romani), conçue comme une véritable maison sur roues. Plus vaste, plus stable et plus rapide, on y accède à la porte par un escalier escamotable. Elle est munie de fenêtres, de volets et d’une cheminée. L’aisance de ses propriétaires se devine tout d’abord par son aspect extérieur : ornements en bois sculptés, couleurs chatoyantes et cuivre en font de petits palais roulants aux allures de Trans Orient express.

A l’intérieur, le confort est sommaire, mais le fameux lit en alcôve y prend place, le poêle à bois pour se chauffer est présent ainsi que le buffet et les ustensiles de cuisine. Les représentations religieuses assurent la décoration.

« La roulotte des Romanichels » très présente dans la littérature européenne a contribuée à la place important que tient dans l’imagerie populaire « la famille Bohémienne qui courre par les grands chemins » : la bonne aventure, la fabrication des paniers en osier, la mendicité …

Leur maniabilité a permis aux Bohémiens de circuler dans toute l’Europe en empruntant toutes les routes ou chemins lorsqu’il leur était nécessaire de se rendre discrets selon les pays, les régions ou les époques.

Cet habitat folklorique a laissé progressivement sa place aux caravanes après la seconde guerre mondiale.

Mais les traditions subsistent et pour des raisons de pureté, les femmes Tsiganes ne sont pas autorisées à accoucher à l’intérieur de la « roulotte ». De même, lors d’un décès, la roulotte est décorée de tentures et des centaines de bougies brûlent lors de la veillée, le temps pour chacun de dire au défunt un dernier adieu. Anciennement, la tradition voulait qu’après les funérailles, la roulotte du défunt soit brûlée pour purifier l’habitat. Il s’agissait probablement d’une survivance de la crainte des épidémies, née au moyen âge. Aujourd’hui, on fait en sorte que la mort intervienne en dehors de la caravane ou à l’hôpital pour éviter de la brûler.

La vente à un gadgo (non Tsigane) est également tolérée.

Cela explique qu’il soit difficile aujourd’hui de trouver une authentique verdine sauf à procéder à une restauration intégrale dans l’esprit de ces maisonnettes qui ont sillonné nos campagnes pendant des siècles.

Il existe toutefois quelques menuisiers qui proposent la fabrication de roulottes avec des caractéristiques extérieures à l’ancienne, mais pourvu à l’intérieur du confort moderne d’un mobile-home.

Les véhicules hippomobiles sont antérieurs au Code de la route et à ce titre ils ne sont pas assujettis à la détention d’un permis de conduire, au contrôle technique ou au passage aux mines. Elles doivent toutefois respecter une largeur maximale de 2,5 mètres et être munies de triangles de signalisation, de feux et de freins « si le relief de la contrée l’exige ».

Si la roulotte est tirée par un véhicule automobile, elle est alors assimilée à une caravane et une carte grise est obligatoire si son poids total autorisé en charge est égal ou supérieur à 500 kg.

Olivier BLOCHET

Le 18 janvier 2015

© Droits réservés – Olivier Blochet - janvier 2015

Photos droits réservés
Photos droits réservés
Photos droits réservés
Photos droits réservés
Photos droits réservés
Photos droits réservés
Photos droits réservés
Photos droits réservés
Photos droits réservés
Photos droits réservés
Photos droits réservés
Photos droits réservés
Photos droits réservés
Photos droits réservés
Photos droits réservés
Photos droits réservés
Photos droits réservés
Photos droits réservés
Photos droits réservés
Photos droits réservés
Photos droits réservés
Photos droits réservés
Photos droits réservés
Photos droits réservés

Photos droits réservés

"Les Tsiganes de France ou l'histoire des éternels étrangers" Éditions La Comoé 2017 - 164 pages - 14,50 euros -commande et chèque à libeller à l'ordre d' Olivier Blochet - 8 rue Principale 79290 Brion Près Thouet ( expédition sous 24 heures)

"Les Tsiganes de France ou l'histoire des éternels étrangers" Éditions La Comoé 2017 - 164 pages - 14,50 euros -commande et chèque à libeller à l'ordre d' Olivier Blochet - 8 rue Principale 79290 Brion Près Thouet ( expédition sous 24 heures)

Partager cet article
Repost0
12 novembre 2014 3 12 /11 /novembre /2014 15:31

J'ai le grand plaisir de vous annoncer la sortie de mon livre intitulé:

"LES TSIGANES DE FRANCE ou L'HISTOIRE DES ETERNELS ETRANGERS"

Cet ouvrage retrace l'histoire d'un peuple, celui des Tsiganes, appelés aussi selon les circonstances, Gitans, Manouches, Bohémiens, Romanichels, Gens du voyage. Focalisant sur elle beaucoup d'idées reçues et de fantasmes, cette communauté a vécu, depuis son départ voici plus de mille cinq cents ans du nord de l'Inde, un exode forcé, des persécutions incessantes et des tentatives d'extermination.

En proie aujourd'hui à un discours politique reposant sur des amalgames éculés et à des mesures administratives discriminatoires, les Tsiganes de France aspirent à vivre comme d'authentiques citoyens Français, avec les mêmes droits et les mêmes devoirs, sans renier pour autant leurs traditions et leur culture qui enchantent depuis des siècles le monde occidental.

Alternative aux préjugés tenaces, ce livre propose une réflexion de nature à faire porter un autre regard sur un peuple dont la culture demeure une source d'inspiration pour les peintres et les poètes et dont la musique continue de charmer, parfois le temps d'une soirée, ses plus ardents critiques.

Il est possible de le commander directement auprès de moi au moyen du bon de commande ci-joint. Mon livre est distribué également dans les librairies suivantes:

THOUARS (79100) : librairie BRIN DE LECTURE, rue porte de Paris, FORUM MEDIA Centre Commercial SUPER U, ESPACE CULTUREL LECLERC,

BRESSUIRE (79200) : librairie LE FAUTEUIL, 21 rue de la Huchette; ESPACE CULTUREL LECLERC, quartier de Bellefeuille,

SAUMUR (49400) : ESPACE CULTUREL LECLERC

MONTREUIL BELLAY (49260) :Centre Commercial SUPER U,

ANGERS (49100) : librairie RICHER, 68 rue Chaponnière,

LOUDUN (86200) : 4 ter Place Porte de Chinon,

POITIERS (86000) : ESPACE CULTUREL LECLERC, Route de Gençay

Mais aussi sur internet sur AMAZON, PRICEMINISTER, FNAC.COM et sur le site de "The Book Edition".

LES TSIGANES DE FRANCE OU L'HISTOIRE DES ETERNELS ETRANGERS
LES TSIGANES DE FRANCE OU L'HISTOIRE DES ETERNELS ETRANGERS
Partager cet article
Repost0
12 octobre 2014 7 12 /10 /octobre /2014 16:18
DU FRENCH JAZZ AU JAZZ MANOUCHE - "LES HOLLANDAIS" - Chapitre 1 : FAPY LAFERTIN

Fapy Lafertin est né en 1950 dans une famille de musiciens appartenant à une communauté Manouche installée à Courtrai en Belgique.

Dès l’âge de cinq ans, Fapy accompagne son père, violoniste, pour célébrer la musique de Django Reinhardt.

Plus tard, il joue dans l’ « orchestre PIOTTO » avant de participer au groupe « WASO » de 1975 à 1985. Après 10 ans de tournée avec "WASO" et 5 albums, dont la caractéristique était de perpétuer le son du HOT CLUB DE FRANCE, Fapy reprend sa liberté.

Dans les années 1990, il migre en Angleterre pour enregistrer, dans les conditions techniques du HOT CLUB DE FRANCE (prise mono avec les micros d’époque de la BBC) 2 albums auto-produits, dédiés à Django Reinhardt. Ces albums sont malheureusement aujourd'hui quasi introuvables ("SWING GUITAR" et "HUNGARIA").

Le phrasé de Fapy Lafertin et son placement rythmique sont très proches de ceux de Django et à ce titre il est devenu une référence du style.

Fapy Lafertin cherche à équilibrer les notes et à faire de belles phrases là où d’autres recherchent la rapidité d’exécution et la virtuosité.

En 1985, il débute une carrière solo, puis il crée un trio qui devient à l’occasion un quartet ou un quintette. Il multiplie les collaborations avec des pointures comme Charlie Byrd, Scott Hamilton, Al Casey, Benny Water ou encore Stéphane Grappelli.

Il poursuit principalement sa carrière en Hollande avec le violoniste Tim Kliphuis tout en enseignant la guitare.

Olivier LE NIGLO

Le 12 octobre 2014

Discographie

WASO – “Live in Laren” - 1980 - Polydor

Hot club quartet - 1986 - Katana

Fleur de lavende - 1990

Aurore - 1990 - Hot club records

Swing Guitar - 1994 - autoproduction

A jazz hour with gipsy jazz (avec Stéphane Grappelli) - 1995 - Blaricum

Hungaria - 1996 - autoproduction

Fleur d'ennui - 2002 - import

Fapy Lafertin & Tim Kliphuis - “Fine and Dandy” - 2003 - Inovative music prod

Gypsy swing - 2004 - World music network

Gypsy jazz guitar master - 2007 - Reader's digest music

Lollo Meir & Fapy Lafertin - Plachtenda - 2011 - import

The recording 94-96 - 2012 - Import

Django !! a tribute - 2013 - Werf

DU FRENCH JAZZ AU JAZZ MANOUCHE - "LES HOLLANDAIS" - Chapitre 1 : FAPY LAFERTIN
DU FRENCH JAZZ AU JAZZ MANOUCHE - "LES HOLLANDAIS" - Chapitre 1 : FAPY LAFERTIN
DU FRENCH JAZZ AU JAZZ MANOUCHE - "LES HOLLANDAIS" - Chapitre 1 : FAPY LAFERTIN
DU FRENCH JAZZ AU JAZZ MANOUCHE - "LES HOLLANDAIS" - Chapitre 1 : FAPY LAFERTIN
DU FRENCH JAZZ AU JAZZ MANOUCHE - "LES HOLLANDAIS" - Chapitre 1 : FAPY LAFERTIN
DU FRENCH JAZZ AU JAZZ MANOUCHE - "LES HOLLANDAIS" - Chapitre 1 : FAPY LAFERTIN
DU FRENCH JAZZ AU JAZZ MANOUCHE - "LES HOLLANDAIS" - Chapitre 1 : FAPY LAFERTIN
DU FRENCH JAZZ AU JAZZ MANOUCHE - "LES HOLLANDAIS" - Chapitre 1 : FAPY LAFERTIN
DU FRENCH JAZZ AU JAZZ MANOUCHE - "LES HOLLANDAIS" - Chapitre 1 : FAPY LAFERTIN
Partager cet article
Repost0
25 janvier 2014 6 25 /01 /janvier /2014 13:27

 

Chez les Tziganes, la mort est accueillie par l'ensemble du groupe par des pleurs et des lamentations.

Longtemps, les Tziganes ont dû enterrer leurs morts au fond d'un trou au bord de la route ou au pied d'un arbre, tant ils étaient obligés de traverser rapidement certaines régions dans lesquelles ils n'étaient pas les bienvenus.

Il est surprenant de voir avec quelle rapidité, les familles et amis sont prévenus du décès d'un Tzigane. Malgré la distance, ils sont présents pour partager avec toute la communauté ces moments de tristesse et de recueillement. Il va sans dire que c'était la même chose avant l'invention du téléphone portable !

Le mort est veillé généralement 3 jours et 3 nuits, mais selon les endroits et les groupes, la veillée peut être beaucoup plus longue. Pleurs, lamentations exercent comme une musique lancinante pour accompagner le défunt dont l'âme observe le comportement de chaque personne présente. Le respect est de mise. Durant la veillée, les hommes peuvent parler et boire, sans s'enivrer, mais ils ne doivent pas parler du mort.

La caravane est décorée de tentures, des centaines de bougies brûlent durant le temps de la veille dont la durée permet à chacun de dire un dernier adieu.

Symbolique oblige, le feu de camp crépite près de la caravane. Les hommes, les femmes, les enfants sont autour du feu en attendant la cérémonie. 

Les Tziganes selon leur pays de résidence acceptent les cérémonies catholiques, protestantes ou musulmanes.

On dépose dans le cercueil de petites poupées fabriquées par les femmes, de petits bijoux, un violon, une guitare, des lettres, du tabac, de la monnaie ... afin que le défunt puisse rejoindre l'au-delà dans de bonnes conditions.

 

derniersnomadesincendiets4.jpg

Anciennement, la tradition voulait qu'après les funérailles, la caravane du défunt  soit brûlée, Il s'agissait probablement d'une survivance de la crainte des épidémies, née au moyen âge. Cette tradition, aujourd'hui abandonnée, préservait l'âme du défunt " le mulo", un esprit gênant, tourmentant les vivants. Le mulo est à la fois la mort et l'esprit de la mort qui rode autour du campement et se venge si l'on ne rend pas un culte vivace à sa mémoire. Les Tziganes sont superstitieux et plus sensibles à l'"univers de la magie' qu'au rationnel des gadgé.

Désormais, On fait en sorte que la mort intervienne à l'extérieur de la caravane, ou à l'hôpital, pour éviter de la brûler. On tolère également que la caravane soit vendu à un gadjo.

Une chose est sûr, le prix d'une caravane aujourd'hui dépasse très largement la valeur d'une antique verdine vermoulue.

Alors la famille continue d'y habiter.

Par contre, pour respecter encore un peu la tradition, les affaires du défunt sont détruites à l'exception de petits objets personnels sans valeur que les proches gardent en souvenir.

Le fatalisme domine la mentalité Tzigane, alors si la durée du deuil est variable, une fois la cérémonie achevée, le Tzigane n'est plus triste, la vie reprend ses droits.

 

tombes-gitanes.jpgtombes2-copie-1.jpg
 

Les caveaux des Tziganes sont parfois très grands et très fleuris, symbole de la vie, de leur aisance et de l'amour que leur famille leur porte.

Elles prennent souvent la forme de fastueuses petites chapelles, décorées de bustes ou de statues en référence à la passion professionnelle du défunt.    

 

 

Olivier BLOCHET

Le 26 janvier 2014

© Droits réservés – Olivier Blochet - janvier 2014

 

"Les Tsiganes de France ou l'histoire des éternels étrangers" Éditions La Comoé 2017 - 164 pages - 14,50 euros -commande et chèque à libeller à l'ordre d' Olivier Blochet - 8 rue Principale 79290 Brion Près Thouet ( expédition sous 24 heures)

"Les Tsiganes de France ou l'histoire des éternels étrangers" Éditions La Comoé 2017 - 164 pages - 14,50 euros -commande et chèque à libeller à l'ordre d' Olivier Blochet - 8 rue Principale 79290 Brion Près Thouet ( expédition sous 24 heures)

Partager cet article
Repost0
5 janvier 2014 7 05 /01 /janvier /2014 18:33

 

jolie-gitane.jpg

 

  

Peu de Tsiganes sont célibataires et le mariage est souvent précoce.

 

Bien des traditions ne sont plus pratiquées comme celle de l'achat de la jeune fille à sa famille, mais celui de l' "enlèvement" garde encore son côté folklorique.

 

Théoriquement, la famille doit donner son consentement, mais celui-ci est, parfois encore aujourd'hui, imposé à leurs parents par les jeunes qui s'enfuyent ensemble durant une quinzaine de jours. A son retour, la jeune fille est sévèrement reprimandée par ses parents, une gifle accompagne souvent cette colère mi-feinte. Mais la vie reprend car en définitive, les parents n'ont plus qu'à donner leur consentement.

 

Le Tsigane est chatouilleux sur le plan de l'honneur et du respect, mais il l'est un peu moins sur celui de l'amour et de l'argent pour autant que la jeune fille se soit faite enlever dans le respect des coutumes. Alors, il y a réparation et mariage et ces contingences matériels se règlent entre parents sans consultation des jeunes gens.

 

Ce sont les parents du garçon qui organisent le mariage "au domicile" de la jeune fille. La famille, les amis lointains sont invités et même les gadjé amis de la famille. Il donne lieu à une grande fête qui peut durer plusieurs jours en fonction des moyens de la famille.

 

La fête se poursuit jusqu'à soir de la nuit de noce. A l'aube, le jeune homme s'éclipse discrétement afin de permettre aux femmes de vérifier que la mariée était vierge et que le mariage a été consommé. Les cadeaux des parents de la mariée sont alors offerts, la fête se poursuit toute la journée et c'est le lendemain que la mariée entre au service de son mari et ... de sa belle-mère.

 

En dépit des cérémonies familiales, le mariage n'est pas nécessairement définif car le mariage n'est pas systématiquement enregistré au bureau de l'état civil. La cérémonie communautaire peut être régularisée plus tard à la Mairie et à l'église pour des raisons purement administratives ou par conviction religieuse, mais ce n'est pas automatique.

 

Longtemps, les mariages se faisaient à l'intérieur du groupe en raison de l'isolement de celui-ci par rapport aux autres. C'est moins vrai aujourd'hui ou les mariages mixtes existent , surtout chez les sédentaires, même si ce n'est pas la majorité des unions.

 

Mais,  si une fille Tsigane se marie avec un gadgo, il arrive qu'elle soit purement et simplement reniée. Par contre, un Tsigane peut faire entrer dans sa famille une jeune femme étrangère, une gadji. Celle-ci sera acceptée, mais elle sera toujours un peu méprisée par les autres femmes de la communauté et elle devra se plier aux corvées.

 

L'autorité de la famille appartient au père de famille, mais la femme jouit d'une autorité de fait car la vie familiale dépend d'elle. 

 

C'est une fois la naissance d'un enfant que le mariage est solide. Ce qui caractérise les familles manouches, c'est le nombre d'enfants, à moitié nus, dépenaillés, libres de leurs mouvements à proximité du campement.

 

L'adultère est sévèrement puni et jamais une Tsigane ne doit se livrer à la prostitution. La séparation ou le divorce sont admis dans le couple, mais pas la tromperie.

 

 

Olivier BLOCHET

5 janvier 2014

© Droits réservés – Olivier Blochet - janvier 2014

 

 

"Les Tsiganes de France ou l'histoire des éternels étrangers" Éditions La Comoé 2017 - 164 pages - 14,50 euros -commande et chèque à libeller à l'ordre d' Olivier Blochet - 8 rue Principale 79290 Brion Près Thouet ( expédition sous 24 heures)

"Les Tsiganes de France ou l'histoire des éternels étrangers" Éditions La Comoé 2017 - 164 pages - 14,50 euros -commande et chèque à libeller à l'ordre d' Olivier Blochet - 8 rue Principale 79290 Brion Près Thouet ( expédition sous 24 heures)

Partager cet article
Repost0
29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 11:42

Aux premiers temps de l'ère chrétienne, fuyant les persécutions religieuses de Palestine, une barque s'échoua sur les côtes de la Camargue à un endroit s'appelant alors Notre- Dame - de - Ratis, c'est à dire Notre Dame du radeau. A son bord, quelques chrétiens dont Marie Madeleine, pécheresse convertie par le Christ, Marie Jacobé, soeur de la Sainte Vierge et Marie Salomé, mère des apôtres Jacques et Jean.

 

On raconte qu'à l'endroit ou aborda la barque, une source d'eau pure jaillit.

 

 

eglise-des-saintes-maries.jpg

Les chrétiens se dispersèrent dans la région. Seules Marie Jacobé et Marie  Salomé s'installèrent au bord de la mer, à l'endroit même ou se trouve le petit village qui s'appellera longtemps Sainte Marie de la Barque avant de devenir les Saintes Maries de la Mer. Elles furent enterrées dans une petite chapelle qui devint au 14ème siècle, après transformations, l'église fortifiée actuelle.

 

A leur mort, les pélerins prirent l'habitude d'y venir, mais le culte des Saintes Maries ne se propagea réellement qu'à partir de 1448 après que le Comte de Provence ordonna que l'on fasse des fouilles dans l'église afin de prouver l'existence des Saintes. Les religieux se mirent à découvrir des ossements qui après avoir été lavés au vin blanc furent enfermés dans deux chasses installées encore aujourd'hui dans la partie haute de la chapelle.

 

Parallèlement à ces fouilles, on découvrit la source d'eau pure à laquelle on reconnu la vertu de guérir de la rage, des fièvres et surtout, de rendre les femmes fécondes.

 

Depuis, le culte catholique se déroule théoriquement deux fois l'an, les 24 et 25 mai, fête de Marie Jacobé et le 22 octobre, fête de Marie Salomé. Mais dans la réalité, le pèlerinage n'a lieu qu'au mois de mai, la Camargue étant difficile d'accès à l'automne.

 

La tradition provençale raconte l'existence d'une "Égyptienne", une femme à la peau noire, se prénommant Sara, dévouée au service des Saintes. Cette femme aurait quêté pour ses maîtresses dans les villages voisins.

 

Les premiers Tziganes arrivent en France et en Provence vers 1438, soit dix ans avant les fouilles. Le fait que cette femme ait mendié l'a fait aussitôt adopter par les gitans de la région comme leur Sainte patronne. Ainsi est né le culte de Sara-la-Kali - un mot tzigane qui signifie à la fois "gitane" et "noire". Une autre version, Tzigane celle là, voudrait que ce soit Sara qui ait aidé les Saintes à débarquer sur la plage après avoir étalé son manteau afin que les Saintes débarquent sans se mouiller les pieds.

 

En 1848, le village prend le nom des " SAINTES MARIE DE LA MER" et peu après, le pèlerinage des Gitans y est mentionné pour la première fois.

pelerinageGitanSainteMarieDeLaMer-copie-1.jpg

Ils viennent de toute l'Europe. Ils viennent parce qu'ils ont fait la promesse d'honorer Sara la vierge noire. Ils viennent pour baptiser leurs enfants selon le rite catholique. Ils s'installent dans les rues, sur les places, au bord de la mer durant huit ou dix jours. Bien sûr, Ils viennent honorer leur Sainte patronne, mais c'est aussi l'occasion de retrouvailles avec la famille de renouer des relations affectives. Et parce que c'est la coutume gitane, l'atmosphère est à la joie avec de grandes fêtes ou se mêlent chansons , musique et danses.

 

la-vierge-noire.jpg

Le cérémonial Tzigane est distinct de celui des catholiques. Sara n'a pas le droit de séjour dans la nef mais dans la crypte. Alors dans cette dernière  se dresse la chasse contenant les reliques attribuée à Sara et sa statue de bois et de plâtre. Les Gitanes caressent respectueusement le visage de la statue pour faire passer un courant bénéfique entre le bois de la statue et le corps du pèlerin, elles l'embrassent, la couvrent de fleurs, de médailles, de foulards et de corsages. Des centaines de cierges brûlent, les Gitans, immobiles, debout, assis, parfois allongés sur le sol, veillent.

 

Jusqu'en 1912, seuls les Gitans avaient accès à la crypte.

 

Ce n'est qu'à partir de 1935 que l'Eglise catholique autorisa la procession et l'immersion dans la mer de la barque portant les statues des Saintes Marie et de Sara, pour finir par une bénédiction.

 

De nos jours, le pèlerinage aux SAINTES MARIE a pris des allures de folklore mal maîtrisé, attirant journalistes et touristes ce qui dénature l'aspect religieux du rassemblement.

 

      Olivier BLOCHET

      Le 29 décembre 2013 

© Droits réservés – Olivier Blochet - décembre 2013

Partager cet article
Repost0
15 décembre 2013 7 15 /12 /décembre /2013 09:34

Dès le 15ème siècle, après avoir excellés dans le commerce des chevaux puis dans le travail des métaux,  les Tsiganes se font remarquer comme musiciens professionnels, en jouant principalement du luth, à la Cour de Mathias CORVIN, Roi de HONGRIE.

 

La période est politiquement trouble. La HONGRIE est occupée par les Turcs. Qu'à cela ne tienne, les Tsiganes jouent "à la Turque" pour les Pachas et "à la Hongroise"  pour les Prince Magyars (nom des Hongrois installés dans les plaines du moyen Danube).

 

Soucieux de plaire, ils jouent la musique folklorique et populaire qui plaît, mais très vite leur propre tempérament musical va bousculer un peu leur interprétation de la musique locale en y adjoignant une vélocité qui donne naissance à la musique dite "Tsigane". Ils interprêtent alors leur musique à l'occasion de fêtes ou cérémonies, dans les restaurants et les cafés.

 

Mais ce n'est qu'au 18ème siècle que les Tsiganes de Hongrie font danser dans les bals publics au son du violon et du cymbalum appelé également piano tsigane ( instrument à cordes frappées de la famille des cithares sur table).

 

 

 

ORCHESTRE HONGROIS 1

 

 

A la même époque, en France, les Manouche arrivés au 15 ème siècle sont réputés comme joueurs de harpes. Certains jouent même du fifre (petite flûte en bois au son aigu) et du tambour dans les régiments Français.

 

C'est lors de l'EXPOSITION UNIVERSELLE de PARIS  en1867 que les orchestres de Tsiganes Hongrois, venus pour l'occasion, vont s'installer durablement dans les cafés chics, les brasseries Parisiennes et plus tard dans les cabarets Russes. Leurs costumes de Hussards et leur musique langoureuse deviennent à la mode

 

 Les Manouches s'adaptent à cette musique en lui donnant une couleur particulière faite de flamme et de mélancolie mais aussi d'improvisations. Ainsi naît "la valse Tsigane" ou "valse gitane" dans les bals musettes, jouée à l'époque au banjo-guitare et dont le genre doit beaucoup à des musiciens tels que Matteo GARCIA, Gusti MALHA ou Poulette CASTRO.

 

Cette musique fut déterminante dans la formation du jeune Django REINHARDT et elle lui permis de développer cette science des harmonies recherchées qui contrastent avec la rudesse du style des accordéonistes qu'il accompagnait dès l'âge de 12 ans.

 

En 1931, Django REINHARDT découvre à TOULON la musique de Duke ELLINGTON, et de Louis ARMSTRONG. La faculté d'adaptation de Django est flagrante. Il interprète dès lors le jazz venu d'outre atlantique avec une sonorité propre. De cette rencontre va naître le "jazz  manouche", synthèse du jazz américain et des sonorités chatoyantes de la musique tsigane qui a fini par s'imposer comme le reflet musical d'une communauté.

 

 

Olivier BLOCHET 

Le 15 décembre 2013

© Droits réservés – Olivier Blochet - décembre 2013

 

 

Partager cet article
Repost0
1 décembre 2013 7 01 /12 /décembre /2013 10:13

Tout au long d'un interminable voyage, des confins du nord de l'Inde du nord en passant par le Pakistan, puis par  la Turquie et ensuite en Bohême, les Tsiganes ont jalousement préservés leur autonomie ethnique.

Ce peuple ambulant s'est tout d'abord intégré temporairement à d'autres nomades en quittant l'Inde mais ce n'est que dans l'empire Ottoman qu'il a su faire reconnaître ses différences et ses qualités.

Bien que leur mode de vie nomade les ait souvent placé en situation de parias, ils ont conservé celui-ci malgré la précarité qu'il représente. Ils ont survécu aux brimades, à l'esclavage puis à la déportation sans renoncer à celui-ci.

Les actualités récentes, propices aux amalgames,  n'ont pas aidé à la compréhension des contradictions d'une communauté qui en réalité se divise en trois groupes.

Tout d'abord, il faut distinguer les Roms, groupe nomade qui s'est surtout essaimé en Roumanie et en Russie, et non en Hongrie comme souvent on le pense.

Ensuite, il y a les manouches ou Sinti (manus en sanscrit) qui viennent d'allemagne d'ou leur nom de famille à consonnance germanique (REINHARDT, SCHMITT, ZIEGLER , WINTERSTEIN...). Excellents musiciens, ce sont eux qui ont préservé et enrichi la musique ancestrale au gré de leurs voyages.

Puis nous trouvons les Gitans, Tsiganes qui ont choisi un autre itinéraire de dispersion et qui vivent dans le sud de la France et dans la péninsule ibérique.

A noter toutefois que certains s'intallèrent en Angleterre vers 1430 composant aujourd'hui une communauté importante.

Ces peuples, continuellement chassés et contraints de reprendre la route n'ont pas d'écriture. Leur langue originelle, le  Romani, leur a permis de transmettre oralement leur tradition. Mais cette langue a évolué au cours de leurs dispersions géographiques en de multiples dialectes empruntant la phonétique et la syntaxe des langues des pays dans lesquels ils se sont établis.  

Ce n'est pas la moindre de leur contradiction, perpétuellement chassé mais nomades dans l'âme, les Tsiganes ont toujours refusés de se laisser bridés dans des frontières qu'ils jugent abstraites. Ils ont su éviter de se laisser enfermer dans des réserves comme les indiens d'Amérique ou d'être, à quelques exceptions près, intégrés dans la société en étant sédentarisés.

Vivants sous des tentes précaires, puis pour certains dans des grottes dans les pays montagneux lorsque les intempéries les empêchaient de poursuivre leur voyage, l'imagerie populaire les a surtout représentés  voyageant dans des charettes légères tirée par des chevaux (les verdines dans l'argot franco-manouche), puis ensuite dans des roulottes, sorte de maisons mobiles et plus récemment des caravanes.

 

  1381816 357345841077214 1403093660 n  

    Ce mode de vie s'accompagnait de difficultés pour se nourrir. La chasse et la cueillette furent longtemps leur préoccupation. Passés maîtres dans l'art du braconnage, les Tsiganes préparent et mangent des animaux parfois inconnus des menus de Gadgés (les non-tsiganes) comme le hérisson (niglo), cuit entier dans de la glaisse afin que les piquants se détachent et libèrent la chair pendant la cuisson sur des pierres brulantes ou sur de la braise. Mais ils sont également friant de volailles d'ou leur réputation de voleurs de poules. Dans l'esprit

populaire, le Tsigane a une notion particulière du vol: il trouve, il prend, il mange. D'ailleurs, l'argot français a détourné le verbe romani  ciorav pour en faire une expression bien connu: chouraver. Tout cela n'aide pas à la compréhension des villageois.

 

JOURNAL-FAIT-DIVERS.jpg

De tous temps, les pires excactions leurs ont été étaient reprochés, contribuant à leur faire reprendre la route avant l'arrivée des gendarmes. 

A cet égard, le monde a bien peu changé. Il y a certes des voleurs chez les

300 000 Français d'origine Tsiganes que compte la France, mais nous en comptons également chez des professions aussi honorables que les notaires, les huissiers, les banquiers, les policiers et notre personnel politique.

Aujourd'hui, les fontaines publiques sur la place des villages ont disparu, et les gens du voyages ont bien du mal en dehors des aires  de voyages mises à leur disposition à se ravitailler en eau. Nombre de communes ne disposent  d'ailleurs pas de ce type d'accueil imposé uniquement aux communes de plus de 5000 habitants. Il faut admettre que le manque de respect et les dégradations commises parfois par les utilisateurs n'aident pas, une fois de plus, à la compréhension commune.

Pourtant, les Manouches et les Gitans sont  citoyens Français et cela devrait éviter le rejet systématique au motif qu'ils ont un mode de vie itinérant.

A cet égard, il n'est pas inutile de rappeler que l'expression "gens du voyage" est une appelation administrative datant de deux Décrêts de 1912 et détachée de toute connotation ethnique. Elle concerne les Français ayant adopté un mode de vie nomade.

C'est la raison pour laquelle l'amalgame avec les familles Roms venues en France ces dernière années est une erreur, car ces derniers ne sont pas Français. C'est d'ailleurs pour cela que les Manouches n'aiment pas l'assimilation qui est faite avec ces familles roumaines.

Souvent chassés, il n'en demeure pas moins qu'il y a une chose qui a permis à certains de s'intégrer, c'est la musique.

 

544959_4301642233818_422769099_n.jpg

  Les Tsiganes sont connus comme joueurs d'instruments à cordes. Ce fut tout d'abord le violon, puis un autre instrument l'a rejoint: la guitare. 

 La msique Tsigane est en faite originaire de Hongrie.

 Au 19 ème siècle, une caste de Tsiganes s'est sédentarisée dans les grandes villes et elle s'est spécialisée dans l'interprétation de cette musique. Leur virtuosité et leur vélocité, la poésie qu'ils lui ont adjoint ont transfiguré cette musique.

Avec le virtuose Manouche, nous sommes loin de l'image du chapardeur, du profiteur, du voleur ou de celui qui colporte  des  maladies contagieuses.

Les Manouches ne savent ni lire ni écrire la musique. Ils n'apprennent pas à leurs enfants à jouer d'un instrument.

Par contre, dès son plus jeune âge, l'enfant écoute, observe et tente de reproduire, inlassablement, la musique jouée par ses aînés dans le campement.

Dès lors qu'il devient un bon musicien, il jouit  d'un prestige  considérable auprès des membres de sa communauté.

C'est aussi à partir de ce moment là qu'il devient fréquentable pour les Gadjés.

 

Olivier BLOCHET

1er décembre 2013

 

© Droits réservés – Olivier Blochet - décembre 2013

 

 

Partager cet article
Repost0
20 octobre 2013 7 20 /10 /octobre /2013 20:56

Les Tsiganes, ou Bohémiens, sont entrés en France par la frontière du Rhin au 19 ème siècle.

 

Accusés d'être des espions à la solde Bismarck, leur circulation fut rapidement mise sous haute surveillance.

De tous temps, les Tsiganes se sont livrés à des activités saisonnières compatibles avec leur mode de vie itinérante et les régions traversées: vente de chevaux, saisonniers lors des récoltes, ramoneurs, scieurs de long, chiffonniers, rempailleurs de chaises, saltimbanques, dresseurs d'ours, vanniers, marchands sur les foires et marchés.

 

Aux campements de fortune sous forme de tentes et de chariots, succédèrent les roulottes, véritables maisonnettes mobiles facilitant les déplacements.

 

Ce manque d'intégration poussa les autorités à faire un amalgamme entre les vagabonds sans activité et ces étrangers en instituant divers registres. Après un carnet spécial de saltimbanque, Georges Clémenceau, Ministre de l'intérieur, créa les "Brigades du Tigre" dont la première mission fut d'intercepter les nomades aux fins d'un recensement systématique. Puis vint la création du carnet anthropométrique, et enfin le carnet de circulation, sorte de pièce d'identité que les Tsiganes devaient présenter lors de leur arrivée dans chaque commune. Ce carnet, discriminatoire et disciplinaire fut en application pendant plus de 60 ans.

 

En outre, la Loi donnait aux Maires le pouvoir d'interdire le stationnement sur le territoire de leur commune. La mobilité des Bohémiens, circulant au gré des contraintes saisonnières liées à leurs activités, devint de plus en plus compliquée et nombre de familles décidèrent d'abandonner leur vie de voyages.     

 

Panneau-PVC-Interdit-aux-nomades-campeurs-350x230-mm-SD81P0

 

En 1844, THIERS alors Président du Conseil , avait fait construire des fortifications pour protéger PARIS. Celles ci commencèrent à être démolies à partir de 1919, laissant place à une large bande de terrains vagues non constructibles (environ 250 mètres). C'est sur ce site, appelée également "la zone" que s'installèrent les familles issues du petit peuple parisien chassé par la spéculation immobilière consécutive à la transformation de Paris qui avait commencé sous le second Empire. Arrivèrent ensuite des paysans en raison du début de l'exode rural et des Tsiganes, las des contrôles de police.

Ce prolétariat urbain (les zonards) construisit des habitations de fortune ou y stationna ses roulottes dans ce qu'il convient d'appeler de véritables bidonvilles dépourvus de toute hygiène. Cette "zone" se situait donc autour de Paris, au pied des anciens "fortifs" et principalement  Porte d'Italie, Porte de Choisy, Porte d'Ivry, jusqu'à la Porte Clignancourt à l'orée de SAINT OUEN. Elle compta jusqu'à 30 000 habitants.

 

porte-maillot2 

 

cite-zone-terrains-vagues1.JPG Zoniers_d-Ivry_-1913-.jpg

Progressivement, cette zone a disparu, laissant tout d'abord place à la construction d'une ceinture d'immeubles bon marché, ancêtres des HLM, à la place des anciennes fortifications, puis après la seconde guerre mondiale, sur la partie non constructible, de ce qui devint le boulevard périphérique dont la construction commença en 1963 pour s'achever en 1973. Les derniers bidonvilles disparurent au milieu des années 70.

 

 

Olivier BLOCHET dit LE NIGLO

20 octobre 2013

© Droits réservés – Olivier Blochet - octobre 2013

 

 

Partager cet article
Repost0
13 octobre 2013 7 13 /10 /octobre /2013 18:27

Lorsqu'en 1910, un entrepreneur fit construire un petit immeuble Porte de Clignancourt, sur un terre plein désertique au pied des fortifications parisiennes, il était loin de se douter que le lieu deviendrait culte.

 

Ce petit hôtel de Préfecture doté d'un estaminet se nomme "CHEZ MARCEL".

 

A cette époque, les bohémiens n'ont pas le droit d'entrer dans la capitale, alors ils installent leurs campements au pied des fortifications dans des conditons d'insalubriété notoires. Dès 1885, un petit monde de chiffonniers, de ferrailleurs , de vanniers, de récupérateurs en tous genres est né. Ces derniers sont devenus brocanteurs. Ils vendaient à même le sol leurs trouvailles et ce marché anarchique se developpa au point que la ville de SAINT OUEN aménagea la zone pour faciliter le commerce des "puciers", et en faire le marché aux antiquités le plus populaire et le plus haut en couleur de PARIS.

 

En 1963, le couple DOUVILLE rachète "CHEZ MARCEL". La clientèle du café est principalement constituée des ouvriers des usines CHAIX et WONDER situées juste en face. Les nouveaux propriétaires rebaptisent leur café "LA CHOPE DES PUCES" et ouvrent également le samedi et le dimanche. Mondine GARCIA délaisse CHEZ LOUISETTE pour y prendre ses quartiers toutes les fins de semaine. Le succès est immédiat et LA CHOPE devient le rendez vous incontournable des musiciens manouches. Pourtant, le café ne paye pas de mine mais l'atmosphère enfumée est conviviale. Pour le prix d'une bière les initiés pouvent écouter la musique de Django REINHARDT et être les témoins de rencontres entre musiciens qui débouchent le plus souvent  sur des "boeufs" mémorables, sur leurs vieilles guitares de type SELMER. Nombre de vocations sont nées chez de jeunes visiteurs admiratifs.

  

Lorsque les époux DOUVILLE cèdent leur estaminet à Jeanne COCQ et à son mari, ceux-ci maintiennent la tradition.

 

Sous l'impulsion de Marcel CAMPION qui a racheté l'établissement en 2009, l'endroit a gardé son esprit authentique malgré le fait qu'il soit devenu lieu branché - pour ne pas dire people - avec son comptoir en zinc, ses murs décorés des photos prises lors des prestations le plus souvent improvisées des musiciens qui s'y sont succédé. L'ensemble rénové est rebaptisé "ESPACE DJANGO REINHARDT" . On y croise les grands musiciens du jazz manouche (Angelo DEBARRE, ROMANENinine GARCIA,  Tchavolo SCHMITT,  Chriss CAMPION, Thomas DUTRONC, Rocky GRESSET, Steeve LAFFONT et tant d'autres ...      ) des auteurs, des actrices, des chanteurs de variétés ...

 

Aujourd'hui, LA CHOPE regroupe une salle de concert, un restaurant, une école de musique dirigée par Ninine GARCIA (après avoir été créée par ROMANE), un studio d'enregistrement, une boutique d'instruments de musique et l'atelier de lutherie de Christophe LAGANE.

 

 Elle n'a rien perdu de la poésie et de l'inspiration musicale qu'elle suscite depuis plusieurs générations.    

 

Olivier BLOCHET dit LE NIGLO

13 septembre 2013

© Droits réservés – Olivier Blochet - septembre 2013

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : LE BLOG DE OLIVIER BLOCHET
  • : Vous trouverez sur mon blog : mon actualité d'auteur avec mon programme de dédicaces et mes participations aux salons du livre, mes chroniques littéraires, mes chroniques noires, mes brèves, mes interviews d'auteurs, mes conseils de lectures, mes chroniques sur les Tsiganes, celles sur les musiciens de jazz. Toues mes chroniques sont protégées par un copyright et les dispositions légales sur la liberté d'expression.
  • Contact

Recherche

Pages

Liens