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23 décembre 2016 5 23 /12 /décembre /2016 08:20
RICAO : LA MAGIE GITANE

RICAO BISSIERE est le fils du grand chanteur et guitariste Gitan Manolo. Gamin, il suit son père dans ses tournées et il s’imprègne du rythme et du chant. Très vite ses doigts adoptent le manche d’une guitare. Il faut dire que dans la famille, la guitare est le pivot central de la vie entre son père et son grand-oncle Manitas de Platas.

Ricao fait parti du patrimoine musical camarguais, cette Camargue qui l’inspire, celle qui nourrit chacun de ses disques. Auteur, compositeur, interprète et guitariste talentueux, il fréquente de nombreux festivals et lieux de pèlerinages, dont les Saintes Marie de la Mer au mois de mai et la Féria de Nîmes.

Mais en marge de son succès régional, Ricao  assure des concerts dans d’autres régions et à l’étranger, notamment en Suisse, en Allemagne, Monaco etc.…

Ricao a participé à plusieurs albums vinyles - quasi introuvables aujourd'hui - avec Manolo, puis en leader avec son premier album  "Vent de Camargue" en 1988. Chacun de ses nombreux albums témoigne de son amour de la rumba catalane, des  traditions, de la Camargue et de la famille.

 

Vent de Camargue - 1988

Vent de Camargue - 1988

Son talent s’exporte dans le monde entier, des Etats Unis au Japon, mais il n’a pourtant jamais souhaité franchir les frontières de l’Europe car comme Manolo, il considère que  « Les avions sont faits pour les oiseaux et les bateaux pour les poissons. Moi je vais là où mes pas peuvent me porter pour pouvoir être sûr de revenir » dit-il.

 

Olivier Blochet

Le 23 décembre 2016

RICAO : LA MAGIE GITANE
RICAO : LA MAGIE GITANE
RICAO : LA MAGIE GITANE
RICAO : LA MAGIE GITANE
RICAO : LA MAGIE GITANE
RICAO : LA MAGIE GITANE
RICAO : LA MAGIE GITANE
RICAO : LA MAGIE GITANE
RICAO : LA MAGIE GITANE
RICAO : LA MAGIE GITANE
RICAO : LA MAGIE GITANE
RICAO : LA MAGIE GITANE
RICAO : LA MAGIE GITANE
RICAO : LA MAGIE GITANE
Le dernier CD de Ricao : " La Magie Gitane " - 2015

Le dernier CD de Ricao : " La Magie Gitane " - 2015

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6 mai 2016 5 06 /05 /mai /2016 07:42
DAVID REINHARDT : LA SAGA CONTINUE

David Reinhardt est né le 23 décembre 1986 à Longjumeau. Il est le fils de Babik et le petit fils de Django Reinhardt.

Difficile avec une telle ascendance de ne pas devenir guitariste.

Il fait l’apprentissage de la guitare avec son père, connaissant lui aussi la pression de leur héritage musical familial. Le 14 mai 1993, à 6 ans il fait une apparition aux « Django d’or » aux côtés de son père. A 10 ans, il rencontre Richard Manetti (le fils ainé de Romane) avec lequel il joue fréquemment au sein du "Django Memory Quartet", accompagnés du bassiste Jean François Jafet et du violoniste François Arnaud.

Parallèlement, David va prendre des cours particuliers avec Frédéric Sylvestre avant de s’inscrire au CIM de Paris (école de Jazz de Paris). Il se nourrit d’univers musicaux très divers allant du jazz à la variété américaine ou la musique brésilienne. Au CIM, Il rencontre Samy Daussat et avec Noé Reinhardt ils vont former le Samy Daussat Trio avec lequel ils tourneront en France, en Italie, en Suède et aux Emirats Arabes. Il rejoint ensuite le Trio Gitan de Christian Escoudé pour un album puis une tournée qui les mène de France au Burkina Faso, à Madagascar et aux Etats Unis.

En 2008, il créé le « David Reinhardt Trio avec Yoann Serra à la batterie et Florent Gac à l’orgue Hammond, une formation portée sur un jazz plus moderne.

David Reinhardt s’est produit sur les plus grandes scènes du jazz : le festival de Marciac, Jazz à Vienne, Jazz à Juan, le Festival de Montréal, le Birdland de New York, le Théatre des Champs Elysées etc… Il ne boude pas son plaisir de jouer avec Biréli Lagrène, Sylvain Luc, Florin Niculescu, Rocky Gresset et bien d’autres.

David Reinhardt a su, comme son père, s’éloigner de l’influence dont il est l’héritier, en façonnant son propre style. La qualité de ses mélodies, de leur lyrisme et de leur orchestration, la fluidité et le swing de son style prouve qu’il est un musicien exigeant et élégant.

Cela ne l’a pas éloigné de son souci de transmettre son savoir en proposant des masterclass qu’il donne à la Swing Romane Académie ou dans les villes qu'il traverse avec sa communauté.

En effet, il a décidé à 28 ans de mettre sa carrière entre parenthèses et de devenir Pasteur évangéliste : « J’avais une vie désordonnée », dit-il, « Jésus est venu nettoyer tout ça et ma vie a pris tout son sens. J’ai découvert l’amour du Christ. J’ai ressenti un appel à prêcher la bonne nouvelle. Je suis à l’école biblique ».

David n’a pas cessé de jouer de la guitare, car celle-ci résonne toujours sous le chapiteau de la mission tsigane « Vie et Lumière » avec laquelle David a retrouvé ses racines de voyageur.

Marié à Lady Falck et père des jumeaux Dan et Thomas, David a effectué un retour aux sources en vivant désormais dans une caravane.

Olivier Blochet

Le 06 mai 2016

Discographie :

  • 2004 : David Reinhardt Trio (RDC Records)

  • 2008 : David Reinhardt Trio – The way of heart (Christal Records)

  • 2011 : David Reinhardt Trio – Colombe (Christal Records)

  • 2015 : Spiritual Project (Christal Records)

Participations :

  • 2005 : Bloc-Notes – Méthode pédagogique de Samy Daussat (Editions Coup de pouce)

  • 2008 : 20 Ans de Trio Gitan – formation menée par Christian Escoudé (Nocturne)

  • 2009 : Samy Daussat Trio – La petite famille

  • 2010 : 100 de Django Reinhardt (Cristal Records)

  • 2010 : Django, une histoire en cours (Label Ouest)

DAVID REINHARDT : LA SAGA CONTINUEDAVID REINHARDT : LA SAGA CONTINUE
DAVID REINHARDT : LA SAGA CONTINUEDAVID REINHARDT : LA SAGA CONTINUEDAVID REINHARDT : LA SAGA CONTINUE
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21 février 2016 7 21 /02 /février /2016 07:08
Manitas de Plata et son frère Hyppolite BaliardoManitas de Plata et son frère Hyppolite Baliardo

Manitas de Plata et son frère Hyppolite Baliardo

Hommage de Laurent Navarro à Manitas de Plata

Hommage de Laurent Navarro à Manitas de Plata

La famille Baliardo est l’une des familles gitanes les plus emblématiques de Montpellier.

Nous avons déjà croisé Ricardo Baliardo dans une chronique précédente, plus connu sous le nom de Manitas de Plata, surnom qui lui fut donné dès son plus jeune âge devant sa dextérité à jouer de la guitare. Mais Manitas n’était pas le seul musicien de la famille et au risque d’oublier un fils, un frère ou un cousin, cette chronique va tenter de démontrer que la saga n’est pas terminée.

Manitas est le frère ainé d'Hippolyte. Au début, la musique n’est pour eux qu’une distraction traditionnelle destinée à être jouée lors des fêtes familiales ou lors du pèlerinage aux Saintes Marie de la Mer. Puis, ils forment le groupe « Los Baliardos » avec leur cousin José Reyes et Manero, le premier fils de Manitas. José est un chanteur exceptionnel et Manero est à la fois chanteur et guitariste. Ils jouent à la terrasse des cafés sans compter faire une carrière professionnelle. En musique Flamenca, le guitariste est en principe au service du chanteur, mais Manitas est soucieux de son image et de sa propre mise en scène. C’est ainsi qu’il est remarqué par le photographe Lucien Clergue, natif d’Arles et ami de Pablo Picasso. Clergues prend quelques clichés et lors d’une exposition à New York, une photographie de Manitas attire l’attention d’un visiteur qui a entendu jouer le groupe. Il en parle à un producteur américain, lequel demande au photographe de faire venir Manitas à New York. De retour à Perpignan, Clergues fait part de cette proposition à Manitas mais celui-ci n’y accorde pas plus d’intérêt que cela. D’ailleurs, Clergue n’a pas de nouvelle du producteur. Toutefois, un an après, le producteur américain se présente à Perpignan et propose de produire un enregistrement de quelques titres.

Le disque est un succès aux Etats Unis et Manitas de Plata commence une tournée triomphale par le Carnegie Hall, alors que cette salle est souvent celle de la consécration des artistes, après une longue carrière.

Hyppolite fera cette tournée mais ensuite par peur de l’avion, il n’accepte plus que des contrats qu’il peut honorer en voyageant en voiture ou en train. S’il n’a pas connu une ascension médiatique aussi extraordinaire que son frère, il est reconnu pour son touché exceptionnel et pour avoir introduit et imposé au monde gitan français de Perpignan à Arles la rumba catalane. Cette musique est née dans le quartier gitan de Barcelone du mariage de la rumba flamenca – à l’origine une musique de danse dérivée de la Guaracha cubaine et pratiquée par les Gitans Andalous depuis le 18ème siècle – et de rythmiques audacieuses empruntées à la rumba cubaine et au mambo. Depuis, cette musique est devenue traditionnelle dans le sud de la France. Comme son frère Manitas, il fut un ami de Pablo Picasso. Celui-ci lui offrit deux toiles que sa femme s’empressa de brûler tant elles lui paraissaient laides !

Hyppolite vivait dans un appartement de la cité Gely à Montpellier.Il est décédé le 27 mai 2009 à 80 ans.

Comme leur père, les fils d’Hyppolite Baliardo, Ninõ, Bébé, Bambo et Nanasso, sont les représentants incontournables de l’identité musicale gitane.

Le plus célèbre des fils d’Hyppolite est Bruno, dit Nino, né le 19 juin 1961.

Nino BaliardoNino Baliardo
Nino Baliardo

Nino Baliardo

Enfant,  il est si doué pour la guitare qu’il enregistre à 9 ans son premier disque « Prince de Camargue » chez CBS sous le nom de Nino de Suerte. Ce disque devient disque d’or. Enfant, il passe des vacances dans la maison de Picasso. Son chant semble inspirer le maître. Il dira "Picasso, il a dessiné un matador et un cheval sur la guitare, mais à l'époque je n'ai pas fait attention et je l'ai cassé".

Nino a été remarqué par les plus grands, de Paco de Lucia à Camaron de la Isla et il se produira en première partie des concerts de son oncle Manitas à l’Olympia à Paris comme sur les plus grandes scènes internationales. Il devient ainsi l’un des acteurs du renouveau populaire de la musique gitane.

Afin de perpétuer la tradition familiale, il fonde au début des années 80, en compagnie de son cousin Nicolas Reyes (fils aîné de José Reyes), « Les Gipsy Kings » qui comprennent alors Tonino Baliardo, Diego Baliardo, "Patchaï" Reyes, Paul "Pablo" Reyes et Chico. Le rythme des guitares flamencas du groupe s’exportent dans le monde entier. Le groupe devient n° 1 aux Etats Unis notamment  avec de grands succès planétaires comme « Jobi Joba», « Bamboléro » et bien d’autres,  écrits collectivement. Cette vague musicale est porteuse d’un message de joie de vivre et les Gypsy King vendent plusieurs millions d’albums. Ils ne cessent de tourner dans le monde entier. Nino quitte le groupe à la suite de divergences artistiques.

Aujourd’hui, Ninõ Baliardo, surnommé « l’Ouragan », est assurément l'un des derniers grands spécialistes du Cante Jondo, un « chant profond » dans un style très primitif et dramatique du chant flamenco andalou qui nécessite une profonde sensibilité et de grandes capacités expressives.

En 2009, Nino et Bébé (David) Baliardo ont enregistré un album dans un petit studio proche de Montpellier, afin de retrouver une authenticité musicale. Cet opus intitulé "Picasso" est un vibrant hommage à leur père, à la rumba catalane et au peintre Picasso, et bien sûr,  porté par des rythmes gitans endiablés.

 

 

couverture du dernier cd de Nini Baliardo & Gipsy Dynasty  (Le Chant du Monde 2011)

couverture du dernier cd de Nini Baliardo & Gipsy Dynasty (Le Chant du Monde 2011)

Un autre fils d’Hyppolite à fait son chemin, il s’agit de Jean-Pierre Cargol dont la carrière commença à 12 ans par un grand rôle au cinéma sous la direction de François Truffaut. Alors que celui-ci prépare son nouveau film intitulé : « L’Enfant Sauvage », Jean François Stevenin, alors régisseur, repère le jeune Jean-Pierre dans un camp de gitans près de Montpellier. Ses parents acceptent le tournage mais Jean Pierre est chaperonnée par sa mère durant toute sa durée. Afin d’être au calme, François Truffaut tourne le film dans la propriété d’un amis, à Aubias situé dans le puy-de-Dôme. On se souvient que "L'Enfant Sauvage" est l'histoire d'un enfant, capturé comme un animal par des paysans, et amené au docteur Itard à Paris. L’enfant sauvage semble être sourd et muet et le monde scientifique le considère comme un attardé abandonné par ses parents pour cette raison. Toutefois, le docteur Itard, interprété par Truffaut, considère que le retard mental de l’enfant est consécutif à son absence de contact avec les hommes. Il lui apprend le langage et le quotidien d'une vie d'enfant afin de le faire émerger de sa primitive animalité. L’enfant sauvage, auquel le médecin a donné pour nom Victor, acquiert peu à peu une humanité touchante. Le film sort en février 1970 et il reçoit un triomphe. Jean Pierre Cargol connait la notoriété fugace des enfants du cinéma : il ne tournera aucun autre film. Par contre, Jean Pierre n’échappe pas à la guitare et il devient   « El Rey », "un roi sans couronne, ni royaume" comme il se plait à le dire. Il a longtemps animé les nuits de « La Camargue » un restaurant people situé à Aigues-Mortes, avec son groupe flamenco également nommé « La Camargue ». Il a fait quelques émissions de Pascal Sevran et surtout de Patrick Sébastien pour lequel il a composé un générique. Parfois, il rejoint «Chico et les Gypsy». A lui aussi Picasso avait offert des dessins. Ceux-ci, à l’exception d’un seul, ont fini dans le caniveau après avoir été pliés pour en faire de petits bateaux !

 

 

affiche de "L'enfant sauvage" de François Truffaut et Jean Pierre Cargol et Kéma en concertaffiche de "L'enfant sauvage" de François Truffaut et Jean Pierre Cargol et Kéma en concert

affiche de "L'enfant sauvage" de François Truffaut et Jean Pierre Cargol et Kéma en concert

Bambo Baliardo a été l’accompagnateur de Manitas pendant plus de 30 ans. Il a enregistré également quelques disques.

Nanasso (Jean marc ) Baliardo a hérité de la fièvre musicale gitane. Il partage son temps entre les concerts, sa participation au « Gipsy Dynasty » et aux cours de guitare qu’il dispense dans le quartier Figuerolles de Montpellier.

 

 

Bambo Baliardo et Nanasso BaliardoBambo Baliardo et Nanasso Baliardo

Bambo Baliardo et Nanasso Baliardo

Kéma (Christophe) Baliardo

Kéma (Christophe) Baliardo

À ce jour, il ne reste plus qu'un seul héritier direct de Manitas : son plus jeune fils Fernando. Son petit-fils Christophe Baliardo, dit Kéma, guitariste virtuose, joue dans plusieurs formations et il est notamment le soliste du groupe Gitan  « Chico et les Gypsies ».

 

Olivier Blochet dit Le Niglo

Le 19 février 2016

 

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17 janvier 2016 7 17 /01 /janvier /2016 10:05
MANITAS DE PLATA : "PETITES MAINS D'ARGENT"

Ricardo Baliardo est né dans une roulotte le 7 août 1921 à Sète. Son père, marchand de chevaux, lui offre une guitare pour ses huit ans avec le produit de la vente d’un âne. Sans savoir lire une note de musique il maitrise très vite la guitare tout comme son cadet Hyppolite. Tous les deux se passionnent pour la guitare flamenca et le jeune Ricardo est très vitre reconnu par la communauté gitane lors de sa présence aux Saintes-Maries-de- la- Mer comme « Manitas de Plata » : « Petites mains d’argent ».

La musique devient un revenu d’appoint durant une dizaine d’années avec son frère Hyppolite et leur cousin José Reyes, notamment l’été devant la terrasse des cafés. Manitas a un répertoire qui s’inspire de la rumba catalane et du flamenco. Son jeu est fluide et fascine son auditoire.

Brigitte Bardot le découvre, l’invite à jouer chez elle à La Madrague et le jeune Gitan, modeste et illettré, va se mettre à fréquenter Jean Cocteau, Picasso, Salvador Dali ou encore le photographe Lucien Clergue.

En 1963, lors d’une exposition de ce dernier à New York, un admirateur le reconnait sur un cliché et le persuade d’enregistrer son premier disque. Manitas à 42 ans. Il accepte d’enregistrer 8 titres – dont Juergas ! - dans une chapelle moyenâgeuse puis un hôtel situés en Arles, avec ses chanteurs José Reyes (son cousin) et Manero Baliardo (son fils aîné).

Deux ans plus tard, sa carrière prend un tournant professionnel lorsque des producteurs américains lui proposent de jouer au Carnegie Hall à New York. Il y triomphe et il enchaîne les concerts dans le reste des Etats Unis. Il représente même l’Europe à l’ONU lors d’une cérémonie sur les droits de l’homme.

Manitas conquiert le monde. Il devient le gitan le plus célèbre du monde (Django est décédé en 1953). Il enchaine les tournées : Etats Unis, Italie, Allemagne, Angleterre, Algérie, Nouvelle Zélande, Singapour et il devient l’artiste européen le plus connu au monde avec plus de 80 disques enregistrés et 93 millions de disques vendus. Il a su également d’attirer la sympathie et le respect des plus grands de la planète.

Le succès est tel qu'une maison de disques peu scrupuleuse commercialise des enregistrements de Manitas sans son accord. L'affaire ira jusqu'en cassation et un arrêt en 1970 appelé “arrêt Manitas” lui donne définitivement raison. Cet arrêt de principe fixe désormais la question des droits d’auteur s'inspirant d'airs traditionnels.

Ses cachets et ses royalties lui assurent une fortune confortable pour entretenir sa « tribu » de 80 personnes, son goût pour les belles voitures et les femmes auxquelles il voue un amour au point d’avoir engendré entre 24 et 28 enfants. Il n’en reconnaitra que 13, dont son ainé Manero.

Lorsqu’ils étaient enfants, Manitas et Georges Brassens étaient presque voisins à Sète mais ils ne se rencontreront que vers le milieu des années 50. En 1979, Brassens propose à Manitas de participer à l’enregistrement d’un disque de jazz avec Moustache. Mais Manitas décline la proposition faute de disponibilité car à cette période, il fait une grande tournée mondiale. En 1981, Brassens disparaît et Manitas sera très affecté par la mort de son ami et par leur rendez-vous musical manqué.

Son train de vie pharaonique, la distribution de subsides à ses enfants, neveux, cousins et amis viennent à bout de sa fortune et à la fin de sa vie, il vit modestement à La Grande Motte.

Le 8 août 2009, Manitas jouera encore aux arènes El Cordobés à Palavas les Flots lors de la soirée dédiée à son frère et pour son anniversaire du 7 août 2009.

A l’âge de 91 ans, Il se produit comme invité surprise le 31 octobre 2012 à l'Olympia.

Le 19 avril 2013, Manitas est victime d’un malaise cardiaque, à son domicile de La Grande-Motte, après une baisse de tension. Il est placé en observation à l’hôpital de Montpellier Le 20 juillet 2013. A 92 ans, ruiné et malade il lance un appel à l'aide dans le journal La Dépêche du Midi « Je suis ruiné et malade, aidez-moi ! ».

Pour l’une de ses dernières photographies, il apparaît en fauteuil roulant lors du pèlerinage des Saintes-Maries-de-la-Mer le 24 mai 2014.

Le 7 juin 2014, après un nouveau malaise, il est transporté en urgence dans une clinique de Montpellier. Il y reste jusqu’au 8 août 2014, au service gériatrie-gérontologie avant d’être transféré en maison de retraite à Montpellier.

Manitas de Plata décède dans la nuit du 5 au 6 novembre 2014 à l’âge de 93 ans. Il est inhumé le 8 novembre 2014 au funérarium-cimetière Grammont de Montpellier.

L’héritage musical que nous a laissé Manitas de Plata est considérable.

Le guitariste autodidacte a popularisé le flamenco en France, il a enflammé les soirées tropéziennes avant de faire une carrière internationale.

L’écrivain américain John Steinbeck l’a décrit comme « un grand artiste sauvage ». Il est vrai que Manitas a toujours su refuser de se laisser dompter, partageant avec la communauté gitane ce goût pour la liberté. Il poussait même cette nature à ne pas préparer ses récitals pour laisser une grande place à l’improvisation.

Il est le musicien de flamenco qui a vendu le plus de disque au monde.

Olivier Blochet dit Le Niglo

Le 17 janvier 2016

MANITAS DE PLATA : "PETITES MAINS D'ARGENT"MANITAS DE PLATA : "PETITES MAINS D'ARGENT"
MANITAS DE PLATA : "PETITES MAINS D'ARGENT"MANITAS DE PLATA : "PETITES MAINS D'ARGENT"MANITAS DE PLATA : "PETITES MAINS D'ARGENT"
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3 janvier 2016 7 03 /01 /janvier /2016 19:50
RAPHAEL FAÿS : ENTRE MANOUCHE ET FLAMENCO, ITINERAIRE D'UN SURDOUE

Raphaël Faÿs est né en 1960.

En 1965, son père Louis Faÿs, guitariste de jazz, lui offre une petite Favino et l’initie à l’instrument en lui apprenant notamment le style de Django Reinhardt. A 12 ans, Raphael intégre l’académie de guitare de Paris pour y apprendre le solfège et la musique classique.

Parallèlement, il joue dans des bars parisiens et notamment à la célèbre « Chope des Puces » et au « Centre américain ». En 1975, il est découvert par Jean Louis Foulquier et Franck Ténot qui l’invitent à la radio. Jacques Chancel entend l’émission et contacte immédiatement l’animateur pour être présenté à Raphael. Jacques Chancel offre à Raphael sa première apparition télévisée au « Grand Echiquier » (dans lequel il sera invité 5 fois). La médiatisation du jeune Raphael est immédiate : il enregistre plusieurs disques faisant la part belle au répertoire de Django et il participe à des émissions de variétés sans intérêt. Il dira lui-même lors d’une interview pour le magazine « French Guitare » :

- « Quand j’ai fait le Grand Echiquier, j’étais trop jeune, un gamin sans expérience, sans agent, sans conseil et sans recul. Et puis, j’étais un musicien beaucoup trop « vert »; les disques que j’ai fait à cette époque n’étaient pas d’une grande tenue musicale. Si c’était à refaire, je ne le referais pas, c’était trop tôt ».

Afin d’éviter la comparaison avec Django, Raphael se diversifie en s’intéressant à d’autres styles musicaux. En 1980, il rencontre Michel Sadanowski, 1er prix de guitare de Paris, avec lequel il jouera en duo. Parallèlement, il s’intéresse au jazz fusion .

En 1987, il rencontre Paco de Lucia à Paris. Dès lors,il se passionne pour la musique flamenca. Son aisance technique favorise sa maitrise rapide d’une nouvelle expérience guitaristique qu’il pratique au médiator. Mais probablement par modestie, il n’ose pas se produire en public avec un répertoire flamenco malgré des années de travail avec des amis espagnols. Mais il compose de nombreuses œuvres d’inspiration flamenca : bulérias, alégrias, fandango. En fait, il attendra 2008 pour sortir son premier album flamenco « Andalucia ». Il dira dans « French guitare » :

« Le Flamenco est une musique que j'ai vécue et que je sens au fond de moi. Il transpire dans ma façon de jouer, même quand je joue du jazz... Quand je monte sur scène, je suis comme un torero qui entre dans l'arène ».

En attendant cet album qui fut un tournant, et vouant une grande admiration pour Alexandre Lagoya, il se consacre à la guitare classique pour interpréter les œuvres des grands compositeurs : Fernando Sor, Tarrega, Villa Lobos, Albeniz avant de se tourner vers la composition d’une œuvre poétique, romantique et parfois baroque inspirée par Frédéric Chopin, de Barrios ou encore Villa Lobos, faite de mazurkas, de préludes, de suites espagnoles ou baroques.

Depuis plus de trente cinq ans l’univers musical de Raphaël Faÿs traverse l'Europe avec un répertoire interprété avec une dimension très personnelle car il a su synthétiser le flamenco, la musique gitane et le jazz manouche en plus de vingt albums.

Définitivement adopté comme l’un des grands guitaristes de la scène flamenca au service d’une musicalité généreuse, il joue son propre flamenco caractérisé par sa richesse mélodique, sa technique irréprochable et l’expressivité de son jeu au médiator.

Après quatre années d’un travail de composition, Raphael Faÿs a présenté en janvier 2015 son nouvel opus « Circulo de la noche », un triple CD proposant un voyage époustouflant au pays du flamenco. Basé sur "Los palos d’el flamenco", des styles venant des chants traditionnels et de la danse, cette trilogie résonne comme un vibrant hommage à Paco de Lucia.

Une nouvelle fois, Raphael Faÿs a fait la démonstration de son élégance, de sa sensibilité et de sa virtuosité au service de la musique.

Raphael Faÿs est à la fois dans la lignée de Django Reinhardt, de Lagoya et de Paco de Lucia ce qui lui permet d’être reconnu comme l’un des plus grands virtuoses au monde.

Olivier Blochet dit Le Niglo

Le 3 janvier 2016

RAPHAEL FAÿS : ENTRE MANOUCHE ET FLAMENCO, ITINERAIRE D'UN SURDOUERAPHAEL FAÿS : ENTRE MANOUCHE ET FLAMENCO, ITINERAIRE D'UN SURDOUE
RAPHAEL FAÿS : ENTRE MANOUCHE ET FLAMENCO, ITINERAIRE D'UN SURDOUE
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8 février 2015 7 08 /02 /février /2015 13:10
DU FRENCH JAZZ AU JAZZ MANOUCHE - LES GADGE - CHAPITRE 2 : Samy DAUSSAT

Samy DAUSSAT ( 1972 - )

Samy Daussat est né à Lannion le 3 février 1972. Il débute l’apprentissage par la guitare classique dès l’âge de 7 ans, mais à l’adolescence, il découvre le jazz et en 1989, il s’inscrit au CIM de Paris pour suivre les cours de Pierre Cullaz .

Mais le déclic se produit lorsqu’il découvre « La chope des puces », le jazz manouche et les dignes successeurs de Django Reinhardt.

Le premier à lui faire confiance sera Moreno Winterstein qui l’intègre dans son trio en 1995. Puis ce seront les autres solistes du swing gitan qui feront appel à lui en tant qu’accompagnateur, tel Patrick Saussois et son ensemble Alma Sinti, mais encore « Le Minor Swing Quartet », puis Raphael Fays qu’il accompagnera durant 6 ans dans ses tournées françaises et à l’étranger.

Il rencontre Babik Reinhardt au « Festival Django REINHARDT » de Samois sur Seine . Celui-ci l’engage aussitôt dans sa formation composée de Florin Niculescu et de Jean Marc Jafet.

En 2004, il forme avec David et Noé Reinhardt le Trio Reinhardt.

Il devient également l’accompagnateur de Tchavolo Schmitt lorsque Mayo est absent. Dès lors, Samy joue sur de nombreuses scènes avec les plus grands dont Romane, Angelo Debarre, Christian Escoudé et Stochelo Rosenberg.

Samy Daussat a su consacrer des années à pratiquer la rythmique auprès de ses pairs. Ninine Garcia a dit de lui "Avec humilité, Samy a passé la dure épreuve de l'école de la rythmique en adoptant le bon principe, marcher avant de courir".

En 2008, Samy crée « Le Sammy Daussat TRIO » en tant que leader. A ses côtés : David Gastine (guitare rythmique et chant) et Claudius Dupont (Contrebasse). II sort un premier CD intitulé « La petite famille », une belle réussite. Dans cet album, il se révèle être un merveilleux soliste, précis et un très fin compositeur. En 2010, il est programmé pour le centenaire de la naissance de Django au Festival de Samois. En 2011, il publie un deuxième album « In Time » très bien accueilli.

En 2012, il fait une apparition dans le long métrage « Les fils du vent », monte un groupe en Hommage à Django et Grappelli avec Costel Nitescu et David Reinhardt avec lesquels il tourne au mois d'août en Lettonie.

Il se fait plaisir en 2013 en publiant un troisième album « Nouvelle vague » reprenant des thèmes de la période yéyé.

Au cours de sa carrière, il a joué en concert à Paris, Marciac (2008, 2009,2014), Londres, Tokyo, Amsterdam, Berlin, Oslo, Stockholm, Riga, Moscou, Bucarest, Istanbul, Bakou, Dubaï, Djibouti, Abidjan, Dakar, Bamako, Tunis, Madrid, Palerme, Monaco, Rio, Sao Polo, Nouméa.

Parallèlement à sa carrière de guitariste, Samy Daussat a su faire preuve d’un sens aigu de la pédagogie en publiant plusieurs méthodes de jazz manouche et en collaborant à la revue Guitarist Acoustic jusqu’en 2012. Il consacre également une partie de son temps à l’enseignement en organisant des stages et des masters class.

Olivier LE NIGLO

Le 8 février 2015

Discographie

1.Moréno Boléro-1996 (avec Moréno)
2. Alma Sinti-1996 (avec Patrick Saussois)
3. Swing De Paris-1997 (avec Minor Swing Quartet)
4.The Best Of Gipsy Swing-1997 (compilation)
5. Invitation Au Voyage-1998 (avec Raphaël Faÿs)
6. Place Des Vosges-1998 (avec Minor Swing Quartet)
7. Sur Les Traces De L'Aéropostale-1999 (avec Raphaël Faÿs)
8. Rythmes Gitans-1999 (avec Patrick Saussois)
9. The Gipsy Way-1999 (avec Raphaël Faÿs)
10. En Concert-2000 (avec Raphaël Faÿs)
11. Le Jazz Et La Java-2001 (avec Laudat, Dubanton et Le taxin)
12. Caractères-2001 (avec MLOP)
13. Alma Sinti, Rythmes Gitans, La Roulotte-2003 (compilation)
14. Guitare Romance-2003 (avec Raphaël Faÿs)
15.Tribute To Django 1988-1999-2003 (avec Jazz Live in Samois)
16. Gipsy Jazz School-2003 (compilation)
17. David Reinhardt Trio-2004 (avec David Reinhardt Trio)
18. Le Collectif Manouche-2004 (avec Le Collectif Manouche)
19.The Best Of Gipsy Djaz Guitar-2004 (compilation)
20. Swing Tzigane-2005 (avec Frédéric Belinsky)
21. Le Cirque Des Mirages-2005 (avec Le Cirque des Mirages)
22.The Rough Guide to Gipsy Swing-2005 (compilation)
23. Pour Séphora-2005 (avec Fraco)
24. Jazz Manouche vol.1-2005 (compilation wagram)
25. Django Stylee-2006 (compilation)
26. Brick Top-2006 (avec Véro & les Tontons Swingueurs)
27. L'Eveil De Mes Sens-2006 (avec LuLi)
28. Place Des Vosges-2006 (avec Borsalino)
29. Jazz Manouche vol.3 (compilation)
30. Django & Classic-2006 (avec Raphaël Fays)
31. Django Festival 4-2006 (Gypsy - various artists)
32. Comme Autrefois-2008 (avec Béro Landauer)
33. Jazz manouche vol.4-2008 (compilation wagram)
34. La Petite Famille-2009 (Samy Daussat Trio)
35. T he Way You Look Tonight-2009 (avec Struber Swing)
36. Jazz manouche vol.5 -2009 (compilation wagram)
37. Live In Paris-2009 ( avec Tchavolo Schmitt Quartet)
38. Jazz Manouche Best Of-2010 (compilation)
39. Une Histoire En Cours-2010 (divers artistes)
40. B-O du film Mumu-2010 (avec R.Wagner)
41. Jazz Manouche-Gypsy Jazz Vol.6-2010 (compilation)
42. Nuvens De Saudade-100 ans de Reinhardt-2010 (complilation)
43. Django Work's-2010 (avec Raphaël Faÿs)
44. les plus grands succès du Jazz Manouche-2010 (compilation)
45. Métropolitain -2010 (avec Borsalino)
46. In Time -2011 (Samy Daussat Trio)
47. les secrets du jazz manouche-2011(pour Guitarist acoustic mag.)
48. Le coffret jazz manouche-2011 (complilation)
49. Les fils du vent-2012 (Film)
50. Hit Box 3 cd-2012 (complilation)
51. Best of jazz manouche-2012 (complilation)
52. Urban Gypsy-2013 (avec Daniel John Martin)
53. Un peu de soleil-2013 ( avec le Paris klezmer Band)
54 Divorce impossible-2013 (pour Eishi Segawa)

Publications

Astuces de la guitare manouche Vol.1 - 2003 (avec Angélo Debarre)

Astuces de la guitare manouche Vol.2 - 2004 (avec Angélo Debarre)

Coup De Pouce Swing Manouche - 2008 (Samy Daussat Trio)

Les secrets du jazz manouche - 2011 (Samy Daussat) (Hors série Guitarist Acoustic)

DU FRENCH JAZZ AU JAZZ MANOUCHE - LES GADGE - CHAPITRE 2 : Samy DAUSSATDU FRENCH JAZZ AU JAZZ MANOUCHE - LES GADGE - CHAPITRE 2 : Samy DAUSSATDU FRENCH JAZZ AU JAZZ MANOUCHE - LES GADGE - CHAPITRE 2 : Samy DAUSSAT
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28 décembre 2014 7 28 /12 /décembre /2014 08:38
DU FRENCH JAZZ AU JAZZ MANOUCHE - LES GADGE  - CHAPITRE 1 : Patrick SAUSSOIS

Patrick SAUSSOIS (1954 – 2012)

Patrick Saussois est né le 24 juin 1954 à Paris, dans le 14ème arrondissement, d’un père Breton et Basque et d’une mère d’origine Gitane.

Le jeune Patrick est fasciné par la guitare de son père, guitariste amateur. Il apprend seul, dès l’âge de 6 ans, à jouer de l'instrument en tentant de reproduire toutes les musiques qu’il entend à la radio, de Dario Moreno à Django Reinhardt, et notamment un disque de celui-ci, enregistré à Bruxelles en 1953, et dont le son acoustique le fascine.

Il va écouter, de l’extérieur, Jacques Montagne qui joue à « La Véranda des Puces » ou encore Maurice Ferret « Au clairon des chasseurs ». Le soir, il reprend les solos d’Elek Bacsik, dont celui de « Blue rondo à la Turc » qui est alors un tube à la radio.

Non seulement Patrick est autodidacte, mais en plus il a la particularité d’être gaucher et de jouer sur une guitare de droitier avec les cordes inversées. Cela ne l’empêche pas de progresser rapidement. A l’occasion d’une fête de patronage, il donne un premier concert devant 200 personnes. Il n'a que 12 ans et le virus de la scène le gagne.

Patrick passe son BEPC, mais il choisi de gagner sa vie très jeune en faisant des petits boulots. Il se marie à 19 ans et devient père d’une petite Christel. Nous sommes en 1973 et pour entretenir sa famille, il travaille sur les marchés durant 6 ans, avec son père, comme forain,

1976 marque un tournant dans sa vie. Il commence à faire les bals avec un trio et l’année suivante, il devient professionnel. En 1980, il rencontre Didier Roussin avec lequel il va jouer en duo durant 9 années consécutives.

En 1982, il enregistre l’album « Si tu savais », premier opus d’une longue production, au gré des rencontres musicales comme le démontre sa discographie.

En 1988, Patrick Saussois crée sa propre maison de disques « Djaz Records » pour pouvoir produire d’autres musiciens et éditer des albums de jazz (Marcel Bianchi, Daniel Givone, Francis A Moerman, Mondine et Ninine Garcia etc…).

Nouveau tournant en 1996, il crée sa propre formation, Alma Sinti avec Jean-Yves Dubanton, Stan Laferrière, Jean Claude Laudat, Jean Claude Bénéteau et Jean Cortès. Pas moins de 5 albums de qualité verront le jour sous ce nom.

Patrick Saussois, véritable titi parisien dans sa façon de parler, vivait à Montrouge où il organisait chaque année une "Nuit du jazz manouche".

En mars 2009, il est victime d'un AVC (accident vasculaire cérébrale). A son réveil un Locked-in syndrome (syndrome d’enfermement) le laisse dans l’incapacité de poursuivre sa carrière.

Il décéde dans la nuit du 21 au 22 septembre 2012.

Patrick Saussois fut plus qu’un guitariste de jazz manouche. Il a été un authentique musicien de jazz, un découvreur de talents, un érudit sachant marier les genres et faire découvrir des thèmes peu connu pour en faire des standards. Il a laissé un héritage musical considérable dans lequel les générations à venir pourront piocher, lui qui savait si bien transmettre.

Olivier LE NIGLO

Le 28 décembre 2014

Discographie

  • Hommage à Django Reinhardt - avec l'ensemble SWING GUITAR - EP 4 titres (Label ESG 1978)
  • Si tu savais - avec Didier Roussin - (Label Quartet 1982)
  • Deux guitares et un violon - avec Jo Privat - (Label ILD 1982)
  • Golden coast blues - avec Jean Claude Fohrenbach - 1988
  • Isn't it Romantic ? - avec Stan Lafferrière - 1988
  • C'est magnifique - (Label ILD 1992)
  • Easy leaving' - avec Georges Arvanitas - 1992
  • Gypsy Réunion - avec Tchavolo Schmitt et Dorado Schmitt - (Djaz 1996)

  • Alma Sinti - 1996
  • Et maintenant (avec Patgiraud) - 1997
  • Alma Sinti - Rythmes Gitans - 1999
  • Unissued studio sessions (1990 et 1994, réédité par DJAZ RECORD 1999)
  • Un p'tit coin d'paradis - avec Koen De Cauter (Djaz 2001)
  • Alma Sinti "La Roulottes" - 2002
  • It's the same thing everywhere - 2003
  • Alma Sinti - Le Chemin des Forains - 2003
  • Django ! A tribute to Djando Reinhardt par P. Saussois et friends (Djaz 2004)
  • Swingin' american songs (Djaz 2005)
  • The best of Alma Sinti & P. Saussois - 1996-2006 (Djaz 2006)
  • Alma Sinti "Nuit de Paris" (Djaz 2006)
  • Le Quecumbar, Live in London - avec Daniel John Martin (Le Q Label 2009)
  • The look of love - a tribute to Burch Bacharan - avec Rhoda Scott (Djaz 2010)
DU FRENCH JAZZ AU JAZZ MANOUCHE - LES GADGE  - CHAPITRE 1 : Patrick SAUSSOIS
DU FRENCH JAZZ AU JAZZ MANOUCHE - LES GADGE  - CHAPITRE 1 : Patrick SAUSSOIS
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5 décembre 2014 5 05 /12 /décembre /2014 08:25
DU FRENCH JAZZ AU JAZZ MANOUCHE - LES SAGAS - LES MANOUCHES D'ALSACE - Chapitre 5

Lulu REINHARDT (1951 – 2014)

Lulu Reinhardt est né le 17 août 1951, à Forbach (Alsace-Lorraine), au sein d’une communauté Manouche bien implantée en Moselle. Il est l’un des innombrables neveux de Django Reinhardt. Sa famille décide de partir s’installer à Vervier en Belgique. La musique fait partie de la tradition familiale et Noto, le père de Lulu, lui apprend à jouer de la guitare dès ses 6 ans. Lulu passe des heures à écouter de la musique et à tenter de reproduire le style de Django Reinhardt. C’est auprès du frère de celui-ci, Joseph Reinhardt, que le jeune Lulu complétera sa formation.

Celle-ci est efficace car à 12 ans, Lulu a déjà une technique égale à celle de Joseph Reinhardt.

Si la musique fait partie de la tradition familiale, le voyage également. En effet, la famille déménage de nouveau pour s’installer au pied des montagnes Eifel à Euskirsschen petite ville de Rhénanie-du-nord Westphalie, située à environ 50 kilomètres au sud de Cologne (Allemagne). C’est la raison pour laquelle Lulu Reinhardt est peu connu en France.

Lulu enregistre un premier album avec le groupe ROMANESJ auxquels participent Bakro et Haentsje Rosenberg

A 17 ans, il rejoint le quintet de Häns’ che Weiss, le guitariste représentant le mieux cette école du swing gitan outre Rhin. Ce quintet est alors en pleine gloire et comprend des musiciens aussi prestigieux que Titi Winterstein et Hojok Merstein. Le quintet participe à une tournée européenne avec le trio de Stéphane Grappelli en 1977.

Le quintet multiplie les apparitions à la radio et à la télévision et il remporte le « Prix du disque Allemand » en 1978.

A l’occasion du « Festival der Jungend » se déroulant à Dortmund le 14 mai 1978, Titi Winterstein fonde son propre quintet avec les anciens membres de celui de Hän’che Weiss qui vient de quitter la formation initiale. Le groupe se produit devant parfois plus de 30 000 personnes. Disques, concerts, tournées dans toute l’Europe et aux Etats Unis en font l’une des figures emblématiques du swing gitan Allemand alors qu'à la même période le disco déferle sur l’Europe.

Lulu crée ensuite le "Lulu Reinhardt et Dodi Schumacher ensemble" avant d'officier au sein du Rigo Winterstein Swingtett qui participa au « Festival de Samois-sur-Seine en 2010, reconnaissance tardive du talent des musiciens le composant.

Lulu Reinhardt fut un génial soliste aux attaques agressives et percussives, capable de placer des descentes chromatiques vertigineuses. Il fut aussi le compositeur de nombreux morceaux dont certains sont devenus des standards comme le fameux « Lulu Swing » ou encore « Noto Swing » en hommage à son père.

Lulu Reinhardt est décédé le 10 février 2014 à 63 ans.

Olivier LE NIGLO, le 5 décembre 2014

Discographie :

La discographie de Lulu Reinhardt est impressionnante en raison de sa participation ou de son appartenance à plusieurs ensembles de premiers plans.

Ses derniers enregistrements sont ceux que l’on trouve bien évidemment le plus facilement.

  • Swing Legend of Gypsies jazz – DFU Records 2007
  • Lulu Swing - autoproduction - 2012
DU FRENCH JAZZ AU JAZZ MANOUCHE - LES SAGAS - LES MANOUCHES D'ALSACE - Chapitre 5
DU FRENCH JAZZ AU JAZZ MANOUCHE - LES SAGAS - LES MANOUCHES D'ALSACE - Chapitre 5
DU FRENCH JAZZ AU JAZZ MANOUCHE - LES SAGAS - LES MANOUCHES D'ALSACE - Chapitre 5
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26 octobre 2014 7 26 /10 /octobre /2014 11:54
Mandino Reinhardt
Mandino Reinhardt

Mandino Reinhardt (1953 - )

Mandino Reinhardt est né à Strasbourg le 10 avril 1953.

Au début des années 80, il crée le groupe "Sweet chorus" comprenant notamment son frère Sony Reinhardt à la guitare rythmique et l'accordéoniste Marcel Loeffer. La formation enregistrera deux LP, en 1984 et 1986, marquant un attachement fort à la culture musicale manouche tout en faisant preuve d' une volonté évidente de modernité.

Mandino forme ensuite le groupe "Note Manouche", avec lequel il enregistre dans les années 90, deux albums en reprenant des standards du jazz. Les arrangements sont soignés et innovants dans le style. Aux côtés de Mandino et Marcel Loeffer, Tchavolo Schmitt diffuse une énergie fougueuse et en plus ... il chante.

En 2002, Mandino donne la réplique à son ami Tchavolo Schmitt dans le film de Tony Gatlif, "SWING" », interprétant le rôle d’un malicieux gentleman Manouche antiquaire et guitariste. Ils co-signent tous les deux la bande originale du film.

Talentueux guitariste, fin styliste au phrasé délié, précis dans ses attaques d'une grande pureté, Mandino Reinhardt n'en fait jamais trop, sachant éviter les clichés du jazz manouche tout en dotant son jeu d'improvisations particulièrement musicales. Auteur de mélodies inspirées, il témoigne d'un charisme certain en renouvelant le style.

Mandino Reinhardt partage son temps entre la scène et les associations œuvrant pour la promotion de la culture Manouche, en y donnant des cours de… guitare.

Il est également l’auteur d’une vidéo pédagogique.

Olivier LE NIGLO

Le 26 octobre 2014

Discographie

  • Sweet Chorus ( Omega 1984)
  • Sweet Chorus - Californian Wine (Omega 1986)
  • Note Manouche (Materiali Sonori 1994)
  • Note Manouche - Complices (Djaz record1996, réédité par Frémaux et associés)
  • Bande originale du film "Swing" (Warner Music 2002)
  • Digo o Divès (Chant du Monde / Harmonia mundi 2004)
  • Le swing du luthier (autoproduction 2008)
DU FRENCH JAZZ AU JAZZ MANOUCHE - LES SAGAS - LES MANOUCHES D'ALSACE - CHAPITRE 4
DU FRENCH JAZZ AU JAZZ MANOUCHE - LES SAGAS - LES MANOUCHES D'ALSACE - CHAPITRE 4
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4 octobre 2014 6 04 /10 /octobre /2014 08:36
DU FRENCH JAZZ AU JAZZ MANOUCHE - JOSEPH REINHARDT, LE FRERE DE L'OMBRE

Joseph Reinhardt, dit "Nin Nin", frère cadet de Django Reinhardt est né le 1er mars 1912 à Paris.

Frère dévoué, " le fidèle porteur de guitare, le pourvoyeur de cordes de rechange" (selon la fameuse formule de Charles Delaunay), membre à plein temps du Quintette du Hot Club de France, accompagnateur de talent, capable de remplacer Django comme soliste lorsque celui-ci disparaissait dans la nature, et parfois même de se faire passer pour lui, il a été l'accompagnateur fidèle et effacé de son illustre frère de 1933 à 1937.

Lassé de son second rôle, il se rebelle. On dit même qu'il en serait venu au mains avec Django, Il prend alors son indépendance. Cette émancipation musicale le porte à enregistrer avec des pointures du jazz américain comme le saxophoniste Bill Coleman avant de faire partie du Grand Orchestre de Aimé Barrelli. Il rejoint ensuite l'Orchestre Jazz de Paris de Alix Combelle.

En 1943, il enregistre sous son propre nom avec son ensemble auquel participe André Hodeir.

Puis, il reviendra jouer avec son frère jusqu'à ce que celui-ci se retire à Samois sur Seine.

Dès 1947, il est l'un des premiers guitaristes Manouches à électriser son jeu dans le Hot Four de Stéphane Grappelli, notamment sur le titre "Oui pour vous revoir".

Il s'épanouit à mesure qu'il pratique le jazz moderne tout en observant l'émergence des nouveaux talents comme Jim Rainey et Wes Montgomery.

A la mort de Django, en 1953,il abandonne la scène. En 1957, il revient à la guitare acoustique. Il tente alors d'achever la fameuse "Messe Gitane" de Django.

A cette époque, il prend soin de laisser une chaise vide sur scène en souvenir de Django.Il fonde un nouveau quintette, puis en trio avec les violonistes Pierre Ramonet et Vivian Villerstein, il enregistre 2 LP.

En 1958, il tourne dans le film "Mon pote le Gitan" et enregistre la bande musicale du film en collaboration avec Jacques Verrières, son auteur.

On entend souvent dire que son phrasé était moins sophistiqué que celui de son ainé. Ce n'est pas exact. Il suffit d'écouter ses enregistrements, malheureusement peu nombreux, pour voir en lui un brillant soliste, un arrangeur talentueux, mais aussi un compositeur original aux titres évocateurs: "Cumulus", "Mistral", "Triste mélodie", sans oublier "Mélodie au crépuscule", attribuée à Django mais dont il serait l'auteur. Selon les frère FERRET, "La mer" de Charles Trenet lui doit également beaucoup ...

Au même titre que les frères FERRET ou que Francis-Alfred Moerman, il a contribué à part entière à l'émergence du jazz Manouche.

Joseph Reinhardt est décédé en 1982.

Olivier LE NIGLO

4 octobre 2014

Discographie

- Hommage à Django Reinhardt par Joseph Reinhardt (vinyle NG 1969)

- Joseph Reinhardt joue pour Django Reinhardt (vinyle BIEM LP)

- Joseph joue Django - réédition en CD par L'Autre Distribution 2010

- Live in Paris - 1966 - ( Réédition en CD par Label Hot Club Records / Jon Larsen)

DU FRENCH JAZZ AU JAZZ MANOUCHE - JOSEPH REINHARDT, LE FRERE DE L'OMBRE
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