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Aujourd’hui, je présente le romancier Jacques-Edmond MACHEFERT
O.B : Bonjour, Jacques-Edmond Machefert. Pouvez-vous pour nos lecteurs vous présenter en quelques mots ? quel a été votre parcours et que faisiez-vous avant d’écrire ?
J-E.M : Né à Saintes, je suis arrivé à Breuillet, une petite commune proche de Royan, à l’âge de 2 ans. Je suis allé à l’école primaire du village, puis à Royan au lycée Zola. Je suis entré dans le monde du travail en 1967, au Crédit Agricole de Royan, puis au siège social, au sein du service Communication. J’y ai effectué l’essentiel de ma formation.
O.B : Depuis quand écrivez vous et quels types de livres écrivez-vous ?
J-E.M : Il faut distinguer écrire et publier (rires). Il me semble que j’ai toujours écrit. Par exemple, à 12 ans, en cinquième, passionné par les œuvres de Conan Doyle, j’écrivais de courtes aventures de Sherlock Holmes qu’un copain illustrait. Nous en tirions une dizaine d’exemplaires à la ronéo et, à la récré, nous les échangions contre des billes ou une chocolatine… J’ai beaucoup pratiqué l’écriture dans ma vie professionnelle : journal d’entreprise, revue de presse, scénarios de films…
Je ne me suis décidé à faire éditer mes écrits qu’en 1996, avec un court roman relatant des amours adolescentes dans les sixties. L’ami Jean-Louis Foulquier m’avait donné un coup de pouce en le préfaçant. Depuis, mon style et mes thèmes ont évolué, passant du roman régionaliste au polar. Même si je déteste les étiquettes car j’adore mélanger les genres, littéraires, il va sans dire (rires).
O.B : Quels sont les titres de vos derniers livres ?
J-E.M : Et bien :
- Emportés par la houle
- La trilogie royannaise
- De sable, d’écume et d’immortelles
- Roméo et Scarlatine (réédition)
O.B : Pouvez-vous nous parler de votre dernier ouvrage ?
J-E.M : « Emportés par la houle » est un thriller maritime et musical qui dissimule une histoire d’amour. Un jeune couple, dont la passion s’est émoussée, est confronté à un mystère qui le dépasse et lui fait courir de grands risques. Le danger va-t-il renouer les fils sur le point de rompre ? Ce roman choral, qui chante les beautés de la Seudre et les secrets du monde ostréicole, démarre sur le port de La Tremblade. Il se termine sur la plage de Royan, lors d’un sublime concert du festival « Un violon sur le sable ».
O.B : Quels sont les sujets qui vous inspirent ?
J-E.M : Plus que les sujets, ce sont souvent les personnages qui m’inspirent. J’aime leur donner vie, me mettre dans leur peau, leur proposer des aventures qui vont leur permettre de s’exprimer et de révéler leur personnalité profonde. Les décors et le milieu dans lesquels ils évoluent sont aussi une source d’inspiration.
O.B : Quel est le conseil le plus important que vous avez reçu pour écrire ou dans un autre domaine ?
J-E.M : Je me souviens d’un conseil donné par mon ami Philippe quand je faisais mes débuts à la radio : « N’aie pas peur des silences, ils ne gênent pas l’auditeur ». Je le traduis en littérature par la formule : « Pas de remplissage inutile ».
O.B : Les lecteurs s’interrogent souvent sur la méthode des auteurs pour écrire. Avez-vous une technique précise ou est-ce l’inspiration qui vous guide dans la construction de vos intrigues et de vos personnages ?
J-E.M : J’ai plus une routine qu’une méthode. Je m’installe le matin, pendant environ 2 ou 3 heures et j’écris ce qui me passe par la tête. Il est vrai qu’un roman a besoin d’être construit, d’avoir un plan. Pour ma part, je l’élabore rarement avant d’être arrivé à la moitié de l’ouvrage; il faut alors tout bouleverser, réécrire certains passages, prévoir des transitions… Ça peut paraître fastidieux, mais c’est indispensable et ça me passionne. En bon amateur de jazz, j’ai donc une préférence pour l’improvisation qui est bien meilleure si elle repose sur une trame solide.
O.B : Travaillez-vous sur un nouveau projet et si oui, sans nous en dévoiler l’intrigue, quel en est le thème ?
J-E.M : J’achève la phase de relecture d’un nouveau polar. J’attache beaucoup d’importance et je consacre le temps qu’il faut à cette opération avant de proposer le manuscrit à mon éditeur. L’action se situe dans un modeste village de Saintonge, imaginaire, et surtout autour de sa pitoyable équipe de foot. Une galerie de portraits sympathiques et drôles. Ou pas…
O.B : Comment vous faites vous connaître et qu’attendez-vous de vos lecteurs ? Comment allez-vous à leur rencontre ?
J-E.M : Avec un premier roman édité en 1996, j’ai eu le temps de me constituer un lectorat modeste mais fidèle. Depuis quelques années, j’ai la chance d’avoir des éditeurs et des distributeurs très efficaces qui mettent bien mon travail en avant sur tous les lieux de vente. Pour ma part, je me contente donc de participer à quelques salons du livre et de faire quelques séances de dédicaces en librairie. J’ai aussi un site internet (http://jmachefert.free.fr/) et une page Facebook…
O.B : Justement, allez-vous participer prochainement à un évènement littéraire ?
J-E.M : Le 13 juin, je donnerai une conférence organisée à Thénac par l’association « L’Écriture Prend le Large » sur le thème « Jazz et Polar. »
O.B : Quel est le conseil que vous donneriez à un auteur débutant ?
J-E.M : N’écoute pas les conseils ! Même pas celui-là.
O.B : Jacques-Edmond, comment appréhendez vous le monde de l’édition d’aujourd’hui ?
J-E.M : Avec les avancées technologiques, publier un livre est devenu beaucoup plus facile qu’autrefois. On peut s’en réjouir, mais cette avancée comporte un inconvénient : les éditeurs sérieux deviennent plus sélectifs. N’entrent pas dans cette catégorie les faux éditeurs qui font payer l’auteur (un comble !). Quant à l’auto-édition, je l’ai un peu pratiquée voilà quelques années. Elle présente l’avantage d’une totale liberté et l’inconvénient d’avoir à assurer la partie commerciale, ce qui est un tout autre métier. Aujourd’hui, je préfère rester dans « la chaîne » du livre : auteur, éditeur, distributeur, libraire, lecteur.
O.B : Avez-vous des auteurs fétiches ?
J-E.M : Ils sont souvent américains : Jack London, John Steinbeck, Edward Abbey, Paul Auster, Toni Morrison, Cormac McCarthy, William Faulkner… Et des Français aussi : Hugo, Dumas, Zola, évidemment, mais aussi Pierre Lemaitre, Sandrine Collette, Pierre Bordage, Annie Ernaux, Houellebecq, Caryl Férey… Sans oublier : Haruki Murakami et Aki Shimazaki… J’en oublie plein, notamment les scandinaves, mais leurs noms sont trop compliqués !
O.B : Que lisez-vous en ce moment ?
J-E.M : « Ouragans tropicaux » de Leonardo Padura, un excellent polar cubain.
O.B : Très souvent, les auteurs vivent des situations anecdotiques, amusantes ou pas, lors de leurs séances de dédicaces en librairies ou sur un salon du livre. En auriez-vous une à nous livrer ?
J-E.M : Un trio, le père, la mère et leur fille (13 ou 14 ans), s’approche de la table sur laquelle sont étalés mes bouquins ; ils s’intéressent aux polars, particulièrement à « La Trilogie royannaise ». Le dialogue s’instaure, mené par les adultes. J’explique ma démarche, je résume les premiers chapitres, mais peu à peu je m’aperçois que c’est l’adolescente qui m’écoute avec la plus grande attention. L’évidence s’impose : dans la famille, c’est elle la lectrice. Timide, elle n’a toujours pas parlé. Ma misérable culture judéo-chrétienne faisant alors surface, je me demande bêtement si elle a la maturité suffisante pour lire des polars comportant des scènes parfois…explicites. Après lui avoir demandé l’autorisation de la tutoyer, je l’interroge :
— Tu lis beaucoup de romans policiers ?
— Oui, mais j’ai d’autres lectures…
Sans détour, elle me cite quelques romans, quelques auteurs ; la qualité et la variété de ses choix m’enchantent. J’ai honte d’avoir eu un doute quant à sa maturité. En rédigeant la dédicace, je lui pose néanmoins une ultime question :
— Tu as un auteur préféré ?
— James Ellroy, répond-elle sans hésiter.
La dédicace sera très personnalisée tant cette jeune fille me rappelle le lecteur que j’étais à son âge. Et que je suis toujours !
O.B : Une question essentielle : où peut-on se procurer vos livres et où peut-on suivre votre actualité ?
J-E.M : Mes ouvrages récents sont dans pratiquement toutes les librairies et supermarchés de la région. Ailleurs, ils peuvent être commandés. Ils sont aussi sur Amazon, FNAC… mais c’est mieux de les acheter en librairie.
O.B : Merci Jacques-Edmond Machefert d’avoir accepté de participer à cette interview qui va permettre aux lecteurs et aux visiteurs du blog de mieux vous connaitre.
Interview réalisée le 27 avril 2025
© Olivier Blochet & Jacques-Edmond Machefert, le 27 avril 2025