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8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 05:45
ET APRES LE 7 MAI ?

Ces derniers mois, nous avons assisté à une manipulation de l’opinion publique par les grands médias - le plus souvent aux mains des oligarques de la finance et de l’industrie – unis pour une fois avec pour objectif la promotion d’un seul homme, encore inconnu du grand public il y a quelques années et devenu incontournable en moins d’un an.

Cette promotion sans équivalent dans le passé s’est faite à visage découvert en dépit de quelques dénonciations vite balayées d’un revers de la main méprisant : la presse est libre, toutes critiques à son égard proviennent de complotistes. L’argument est simpliste et il permet d’écarter les vraies questions sur l’acharnement de la presse à l’encontre de tel ou tel candidat à la présidence de la République. Le rôle d’un journaliste, conformément à la charte de Munich est de rendre compte des événements en recoupant ses informations et certainement pas de faire des copier-coller en reprenant des informations fournies par d’obscures officines aux desseins inavouables, sinon ceux de permettre la confiscation du pouvoir au profit d’une minorité.

Face à un peuple désireux d’un renouveau démocratique assorti d’un personnel politique renouvelé, les candidats ont tous prôné le changement y compris les vieux briscards hantant le pouvoir ou les coulisses de celui-ci depuis des dizaines d’années. Entre les discours populistes et les projets totalitaires, la toile de fond demeure la même : tous les arguments sont bons pour accéder au pouvoir en servant au peuple les balivernes réactionnaires ou utopistes qu’il veut bien entendre. Les arguments sont tirés à chaque fois du quotidien, il suffit de surfer sur celui-ci pour aimanter les adhésions.

Dans un régime démocratique comme celui que l’on suppose en France, la prise de pouvoir a lieu par le biais des élections et non, comme dans de vilaines contrées, par la force.

Mais là, tous les coups ont été permis pour s’assurer de la maîtrise de l’opinion publique. Tout d’abord, les primaires nous ont été vendus comme la panacée universelle. A droite comme à gauche, nous en avons vu rapidement les limites : le non respect des chartes les entourant et les trahisons puis les défections semblent avoir été le leitmotiv dans les deux grandes formations entre lesquelles le match final devait se dérouler.

Ajoutons ensuite la révélation de quelques sordides affaires pour écarter un candidat de droite, l’abandon par ses camarades d’un candidat hébété d’avoir été choisi à gauche jusqu’à faire exploser tout un parti et l’avènement d’un candidat dont le financement de la campagne reste obscur.

Si nous écartons les candidatures fantaisistes et irréalistes de candidats qui n’y croyaient pas eux mêmes, les noms des challengers en lice pour le second tour étaient une évidence.

Les instituts de sondage appartenant à 80 % à la sphère d’influence qui soutenaient Macron les avaient d’ailleurs programmés avec une faible marge d’erreur.

En quinze de jours de campagne de l’entre-deux tours, les noms d’oiseaux ont fusé, les maladresses de deux néo candidats à la présidentielle furent souvent pathétiques. Le parti pris des médias (les relations incestueuses des journalistes avec le pouvoir devenant un secret de polichinelle) a fait le reste en misant sur le sursaut du front républicain.

Jusqu’au bout, les oracles ont critiqué l’abstention, ce venin qui allait faire le jeu de Le Pen. Ce trucage visait à fausser la réflexion des électeurs inscrits pour leur donner mauvaise conscience : « pense à tes enfants, si tu ne votes pas nous aurons Le Pen !

Les moralistes une fois de plus étaient à la manœuvre pour donner mauvaise conscience à ceux qui la plupart du temps ne voulaient ni de Le Pen, ni de Macron.

Soyons sérieux, il n’existait pas de doute, le report des voix de Fillon, Mélenchon et d’Hamon assurerait la victoire à Macron. La partialité des médias a permis de semer le doute sur les résultats du scrutin pour qu’Emmanuel Macron soit élu avec un gros score.

Et pourquoi ce désir ? Pour asseoir sa légitimité dès le début de son quinquennat.

En fait, ce scrutin montre que notre économie en crise est passée au second plan. Certains ont préféré la priorité, coûte que coûte, du maintien d’un système politique pourtant en bout de course et dont le peuple ne voulait plus.

Depuis 30 ans, le libéralisme promettait des jours meilleurs et à la place, les déficits et le chômage ont explosé, la délocalisation des entreprises s’est poursuivie sous des gouvernements de droite et de gauche à un rythme effréné, la paupérisation s’est installée durablement, la classe moyenne – celle qui maintenait un équilibre dans une société instable - disparaît petit à petit.

Le point de rupture est patent.

Le populisme de Le Pen et de Mélenchon n’étaient pas de nature à inverser la donne économique. Le choix de promouvoir un candidat, qui revendiquait lui-même sa virginité en politique, pour poursuivre la politique économique du dernier quinquennat s’est imposé, François Hollande et Manuel Valls n’ayant plus de crédibilité pour la mener.

Emmanuel Macron a désormais une feuille de route léguée par ses mentors en politique ( Hollande, Jouyet et Attali) et par les patrons de la finance mondiale : appliquer une politique européenne libérale et atlantiste en matérialisant une alliance gauche/droite, poursuivre la politique économique engagée et l’inscrire durablement dans l’avenir du pays en créant un grand parti démocrate et « progressiste », à l’issue des élections.

Je pose une question : est-ce pour ce programme que les Français ont voté ?

J’en doute ! En tous les cas, sûrement pas pour la démolition du code du travail, pour une réforme calamiteuse des retraites, pour l’allégeance sans conditions à l’Europe, et à la poursuite d’une politique d’alliances avec tel ou tel pour guerroyer dans le sillage des Etats Unis.

L’entourage d’Emmanuel Macron fait penser à l’inventaire de la Samaritaine : de Bernard Arnaud à Daniel Cohn Bendit, le grand écart paraît de nature à causer une grave déchirure sociale. Les influences multiples vont rendre son exercice du pouvoir délicat.

Pendant la campagne, il pouvait exposer une décontraction moderne grâce à sa popularité, mais la communication ne suffit plus désormais. Sa prochaine échéance, ce sont les élections législatives. Celles qui lui assureront ou non la majorité pour gouverner. S’il ne parvient pas à réunir une majorité, il s’ouvrira une nouvelle période de sclérose au détriment du peuple, et s’il y parvient, il sera aux ordres des puissances financières qui imposeront leurs choix à la société : croissance matérielle, surconsommation, des choix bien éloignés du règlement de la crise sociale et des enjeux écologiques.

 

 

Olivier Blochet

8 mai 2017

 

 

 

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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 18:43
NON EMMANUEL, L'EXCEPTION CULTURELLE FRANCAISE EXISTE

                                      ....... CHRONIQUE NOIRE n°7.......

 

La campagne pour les présidentielles 2017 s’achève et elle me laisse un goût amer : aucun des candidats n’a abordé le thème de la culture.

Morbleu si ! Un candidat en a parlé pour dire cette sottise (et je pèse mes mots, il sera probablement le prochain Président de la République : « Il n’y a pas une culture française, il y a une culture en France et elle est diverse » (Emmanuel Macron, Lyon, le 4 février 2017).

Désolé Emmanuel, je ne suis pas d’accord avec toi.

Tout d’abord, ne prend pas ombrage de ma familiarité lorsque je t’appelle par ton prénom, mais depuis que tu m’as téléphoné directement chez moi et que matin, midi et soir tu entres dans mon intimité par l’intermédiaire de mon écran de télévision, tu as créé une proximité quasi amicale.

Sur le fond, je te rappelle qu’en 1993, l’Union Européenne avait instauré, à l’instigation de la France, un statut spécial pour les œuvres au sens large visant à les protéger des règles commerciales du libre-échange. Depuis, en d’autres termes, cela veut dire que la création culturelle ne constitue pas un bien marchand comme les autres et qu’elle doit être protégée par des règles différentes de celles de la seule loi du marché.

C’est à cette époque qu’est née l’expression « exception culturelle ».

A partir de là, l’intervention de l’État a été requise pour protéger et promouvoir la création culturelle et artistique française dans le monde. Elle a été construite autour d’un système de soutien de nature législative ou réglementaire (taxes pour financer le Centre National de la Cinématographie et de l’Image, quotas en matière de diffusion radiophonique d’œuvres musicales, diffusion par les télévisions d’un pourcentage d’œuvres en langue française, instauration du prix unique du livre, bourses littéraires, subventions aux théâtres, allègements fiscaux etc … ) dont on peut critiquer le coût mais qui ont permis la création de milliers d’emplois dans les domaines de l’audiovisuel, de l’art, de l’édition et de la musique grâce à une régulation de l’invasion de la musique anglo-saxonne et des supers-productions américaines.

Mais, il ne faut pas se méprendre. La France accueille à bras ouverts la culture étrangère car la diversité est nécessaire pour se nourrir de la richesse intellectuelle de nos partenaires. La seule limite à fixer est de ne pas céder à la mondialisation de la culture comme depuis 20 ans nos gouvernements successifs ont cédé par faiblesse à la mondialisation industrielle laissant disparaître ou partir des pans entiers de notre patrimoine productif, engendrant ainsi le chômage et l'appauvrissement de régions autrefois prospères.

Il ne s’agit donc pas d’avoir une conception défensive de la culture française mais de maintenir la préservation de celle-ci. Nier aujourd'hui son existence reviendra à terme à supprimer les aides publiques visibles pour adopter le système du mécénat invisible en vigueur aux Etats Unis (encouragé par des mesures fiscales). Et là, il en sera fini des salles de cinéma d’arts et d’essais, des petites maisons d’éditions dénicheuses de talents, de la musique alternative, de la création tout simplement.

Rejeter l’exception culturelle française, souvent en la caricaturant, est un non sens. Toutes les cultures doivent librement coexister.

Alors non Emmanuel, lundi tu ne pourras pas affronter - après avoir nié l’existence de la culture française et affirmé par ailleurs la nécessité de s’aligner sur les directives européennes - les commissaires européens hostiles aux subventions à certains secteurs, sans bousculer le grand mécano des aides actuelles.

Ce que je ne comprend pas, c’est le soutien sans réserve que t’apportent les représentants des « milieux culturels ». Certes, ton point de vue ne figure pas dans ton programme officiel, mais ces artistes, ces écrivains et ces intellectuels ne devraient-ils pas manifester leur désaccord ? Sont-ils suicidaires, eux qui vivent du système de protection de l’exception culturelle française ?

Je crains que pour le grand libéral que tu es, la tentation soit grande d’intégrer la culture française dans le grand marché du libre-échange pour la diluer dans un grand « fousitout ». Ce serait une grave erreur.

Franchement, après 20 ans de désindustrialisation dont on mesure chaque jour les effets, j’espère ne pas voir en quelques années voir disparaître la diversité de notre culture qui, durant des siècles, a gratuitement éclairé le monde.

 

Olivier Blochet

Le 3 mai 2017

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15 décembre 2016 4 15 /12 /décembre /2016 12:16
SYRIE : TOUS RESPONSABLES !

 

  ....... CHRONIQUE NOIRE n°6.......

 

Dans un contexte dramatique, quelques réflexions sur les raisons de la guerre en Syrie, et de ses bénéficiaires, risquent de faire grincer des dents tant la manipulation est odieuse :  

La guerre en Syrie puise ses racines dans des appétits économiques internationaux et dans l’exploitation de la situation sociale en Syrie .

En 1971, la découverte d’une poche de gaz dans le Golfe Persique va profondément modifier certaines données géopolitiques. Cette poche de gaz représente alors 20 % des réserves naturelles de gaz du monde, de quoi attiser les convoitises. Il s’avère que cette réserve est alors partagée, à part égale, entre l’Iran et le Qatar.

Le Qatar commence les forages en 1988, mais ce n’est qu’en 1996 qu’il passe en phase de production. Il augmentera progressivement ses capacités de production en jouant sur les cours mondiaux. Quant à l’Iran, soumis à un embargo décidé par les nations occidentales, elle ne commencera l’exploitation que lorsque l'embargo à son égard s’assouplira.

Il faut savoir  que l’Europe est un consommateur de gaz important. Elle n’a guère d’autre possibilité que celle d’importer cette énergie en s’approvisionnant sur le marché international, principalement auprès de  l’Algérie, la Norvège et le Royaume Unis – qui exploitent toutes deux des gisements en Mer du Nord -  ou ….  de la Russie !

La diplomatie Russe s’étant astucieusement rapprochée de l’Algérie, l’Europe devint stratégiquement dépendante. Pour éviter une crise énergétique en cas de frictions politiques avec la Russie, la France décida de diversifier ses sources d’approvisionnement en se rapprochant du Qatar. Parallèlement, l’Europe fini par assouplir les effets du blocus Iranien. Et oui, l’économie prime les grandes idées humanistes.

A partir de 2007, la France a laissé le champ libre au Qatar pour qu’il investisse massivement sur son territoire : Immobilier, clubs de foot, prises de participations industrielles, rachats de palaces. Mais la France a surtout encouragé le Qatar à projeter un chantier pharaonique : un gazoduc direct reliant la Qatar à l’Europe occidentale en passant par l’Arabie Saoudite, la Turquie et les Balkans.

Les promoteurs du projet se heurtèrent à un écueil majeur : Entre l’Arabie Saoudite et la Turquie, le gazoduc aurait dû traverser l’Irak – un pays en guerre –  autrement dit un territoire inadapté.

Pour contourner cette difficulté, les Quataris et les Saoudiens démarchèrent le Président de la Syrie  en 2009 -  un dénommé Bachar El Assad – pour qu’il accepte un tracé du gazoduc sur son territoire.

Ce nouveau tracé aurait privé le Président Vladimir Poutine de son arme stratégique contre l’Europe. La Russie, alliée de la Syrie, incita donc  Bachar El Assad à refuser le passage du gazoduc en Syrie.

La Syrie connaissait depuis plusieurs années une situation de crise causée par une longue sécheresse. Un exode de la population rurale vers les villes aggrava la situation des Syriens. Le Président Assad ne parvenant pas à régler cette crise, le mécontentement de la rue aggrava les tensions communautaires. La contestation des Sunnites - opposants au clan Alaouite (branche minoritaire du Chiisme) auquel appartient la famille Assad, détenant en Syrie tous les pouvoirs - organisa des manifestations qui furent réprimées dans la violence par le pouvoir en place. Cette contestation ne revêtait toutefois pas les mêmes contours que « le printemps Arabe ».

Fin 2011, des groupes djihadistes appartenant à Al Nosra, une branche d’Al Quaïda, se constituèrent en Syrie avec l’objectif de destituer Assad. Le circuit de financement de ces groupes semble étrangement passer par le Qatar et l’Arabie Saoudite. Cette nouvelle opposition armée se fit avec la bénédiction d’Israël. En effet, la chute d’Assad mettrai fin au soutien financier de la Syrie au Hezbollah. Côté Qatar, peu importait le successeur d’Assad (Etat Islamiste ou autre) pourvu qu’il autorise le gazoduc sur son sol.

C’est ainsi que s’intensifia la guerre civile en Syrie. Alors qu’auparavant son dirigeant était reçu en grandes pompes par les dirigeants Européens, celui-ci devint subitement persona non grata. Les occidentaux le dénoncèrent comme un dictateur meurtrier, sanguinaire, anticipant même le génocide dont il se rendra coupable envers son peuple durant cette guerre fratricide devenue une guerre sainte.

Après des combats meurtriers qui firent des dizaines de milliers de morts dans la population civile qui se tenait en marge des combats opposant les rebelles syriens à l’armée régulière, l’Occident sortit de sa léthargie.

En 2013, La France, le Royaume Uni et les Etats Unis décidèrent d’appuyer les rebelles Syriens. Afin d’hâter la chute du président Assad, ils envoyèrent des navires de guerre. La Russie, alliée d’Assad, envoya également des navires pour s’interposer à la coalition européenne.

La coalition se reposa tout d’abord sur le « savoir faire » Américain. Dans un premier temps, les Etats Unis décidèrent de détruire les radars Syriens avec leurs missiles Tomahwawk afin de permettre ensuite à leurs avions furtifs de détruire les défenses anti-aériennes et les PC de commandement.

Les choses ne se déroulèrent pas selon ce scénario : leurs missiles furent brouillés par les Russes et ils firent un plongeon dans la mer !

Après s’être vantés publiquement de l’imminence d’une intervention musclée, les dirigeants de la coalition remballèrent leur morgue après le grand flop (c’est le cas de le dire) de cette guerre éclair annoncée. Pudiquement, les médias passèrent à autre chose, inutile de faire honte aux "va-t’en-guerre" ridiculisés.

Mais, humilier son adversaire comporte des risques. Dans son antre,  celui-ci rumine sa vengeance. Et sur l’échiquier politico-économique, la riposte s’organise généralement avec l’aide des services secrets.

Quelques mois après l’échec de la coalition en Syrie, quelques centaines de mercenaires engagés par les services secrets occidentaux organisèrent un coup d’état en Ukraine et mirent en place un gouvernement pro-occidental au grand dam de la Russie.

L’escalade était prévisible : La Russie récupéra brutalement la Crimée et pour faire bonne mesure elle exalta parallèlement le sentiment pro-Russe d’une partie de la population Ukrainienne pour donner lieu à une guerre civile.

L’Europe réagit par des sanctions économiques contre la Russie. Certes, la monnaie de celle-ci dévissa face à l’euro et au dollar, mais l’économie Russe ne s’effondra pas. Cela donna lieu à la rupture de contrats avec la Russie qui coûtèrent très chers aux contribuables Européens.

Pendant ce temps, Al Nosra s’était émancipée d’Al Quaida pour donner naissance à Daesh (ou Etat Islamique), et elle étendait son influence religieuse et militaire à de nombreuses villes Syriennes.

Les foyers de conflits au Moyen Orient ne demandant qu’à être ravivés, ce fut au tour de l’Iran de se rappeler au bon souvenir de la communauté internationale. Soutenant déjà les pouvoirs officiel de la Syrie et de l’Irak,  l’Iran décida en mars 2015 de soutenir la lutte armée du  Yémen contre l’Arabie Saoudite  désormais aux prises avec la Syrie, l’Irak et le Yémen.

La Russie choisi ce moment pour intervenir en Syrie pour épauler Assad avec son aviation, excluant cependant une intervention au sol.

Cet appui aérien a permis à l’armée d’Assad de reprendre progressivement les territoires occupés par les troupes rebelles.

A partir de là, l’espoir des occidentaux de mener à bien le projet de gazoduc s’éloignait, les exactions de l’Etat islamique devenaient difficilement conciliables avec le soutien sans conditions de la coalition aux rebelles et le Président Poutine en combattant un état terroriste marquait des points en démontrant sa détermination à lutter contre le terrorisme sous toutes ses formes.

 

Guerre économique, guerre civile, guerre froide, et guerre sainte : un bilan effroyable.

Les 150 000 morts, les plus de 4000 000 de réfugiés civils Syriens fuyant la guerre, les villes Syriennes entièrement détruites, dont Alep, la seconde ville de Syrie, les sites antiques détruits, comme celui de Palmyre, sont les conséquences de ces guerres subséquentes à l’exploitation de cette fameuse poche de gaz découverte en 1971, à l’allégeance des puissances Européenne aux pays riches du Golfe, aux ambitions du Qatar et de l’Arabie Saoudite dont le double jeu est patent. Bien entendu, Cela n’enlève rien à la responsabilité d’Assad dans le massacre d’une partie de son peuple au moyen d’armes chimiques ou d’armes conventionnelles. Personne ne peut nier l’exploitation de cette guerre pour procéder à l’extermination des Sunnites avec l’aide de factions œuvrant sous son autorité : combattants du Hezbollah et milices Irakiennes notamment.

Mais n’oublions pas ceux qui tentent de s’exonérer trop facilement de leurs responsabilités dans cette guerre et de ses conséquences humaines. Leurs leçons de morale sont particulièrement écœurantes.

Au moment ou la ville d’Alep vient d’être pratiquement reprise par l’armée régulière Syrienne avec le soutien de l’armée Russe, au moment où l’Etat Islamique vit probablement ses derniers moments sous sa forme actuelle, au moment ou les instances internationales ne parviennent pas à créer un couloir humanitaire pour évacuer les derniers civils pris au piège dans les quartiers nord d’Alep, ne nous illusionnons pas : Cette guerre pour le gaz va connaître d’autres prolongements en dehors du Moyen Orient.

Quel stratagème diabolique sera appliqué pour faire parvenir le gaz en Europe ? Quel sera le prochain « terrain de jeu » de la coalition occidentale et de ses amis riches Moyen Orientaux, quel contre-feu prépare l’inflexible président Poutine ? Et quelle sera la décision du Président Turc Erdogan pour jouer dans la même cour que les autres puissances ?

Tout bonnement : Quel sera l’enjeu de 2017 ?

 

Olivier Blochet

Le 15 décembre 2016

Copyright : Olivier Blochet – décembre 2016

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7 décembre 2016 3 07 /12 /décembre /2016 08:20
LES FINANCIERS DE L'OMBRE

 

................................CHRONIQUE NOIRE ............................

N° 5

 

Après plusieurs crises économiques majeures et les discours sur le ton de « nous allons mettre en place des garde-fous pour éviter  de nouvelles errances » force est de constater que les nouvelles règles prudentielles imposées principalement aux banques avec une hausse des ratios de fonds propres et l’interdiction de mélanger les opérations de banques de dépôts et celles de banque d’affaires ne valent pas tripette.

Tapis dans l’ombre, des spéculateurs se sont démultipliés hors de tout contrôle et, à la seule lueur leurs écrans, ils continuent de jeter les bases d’ une crise financière sans précédent.

Hier les banques, et aujourd’hui des fonds d’investissements, des courtiers, des hedges funds ou de simples négociants agissent dans la coulisse en dehors de tout contrôle règlementaire. Ce secteur, appelé « shadow banking » (banque de l’ombre) se substitue aux banques pour prêter des sommes colossales évaluées à 90 000 milliards de dollars en 2016. Si nous comparons ce volume à la bulle spéculative de 2007, on s’aperçoit qu’elle a augmenté de 30 %, portant le risque systémique à des niveaux jamais atteins.

Cette dette phénoménale est la conséquence de plusieurs éléments : la politique des banques centrales maintenant des taux proches de zéro, les exigences imposées aux banques de reconstituer leurs fonds propres pour couvrir leurs risques de trading et de crédit, l’abandon par celles-ci de certains marchés spéculatifs puisque la réglementation leur interdit de spéculer pour leur propre compte, l’action des lobbyng pour contrecarrer la volonté du Congrès américain et de l’Union Européenne pour réglementer le « Shadow banking » et la diversité de ses opérations : financement à court terme, ventes à découvert, limites sur les positions spéculatives, dérivés OTC, etc.

Cette autoroute non réglementée a attiré de plus en plus d’opérateurs, moins solides financièrement que les banques, bien moins prudents que celles-ci, sans tabou et tout aussi motivés par l’appât du gain.

Ces financiers de l’ombre ont aisément pris des parts des marchés aux banques. Exemptés de contraintes de fonds propres et de responsabilité,  ils se sont développés et le risque s’est déplacé sans contrôle. Jusqu’à présent, ils sont sortis gagnants de la crise, mais peut être seulement en apparence.

En marge des bourses officielles, non conventionnelles et moins chères, des salles de marchés privées, se sont créées réunissant des traders, des courtiers, des gérants de fonds d’investissement se livrant à des échanges de titres dans le plus grand secret jusqu’à leur exécution. Ces salles de marché représentent à ce jour 40 % du nombre total des ordres de bourses dans le monde, on les appelle des « dark pools ».

Les ravages économiques consécutifs aux subprimes, ces crédits immobiliers titrisés et distillés dans des produits financiers auprès des consommateurs, n’ont manifestement pas servis de leçon

Aujourd’hui, des opérations similaires prospèrent avec la dette des entreprises les moins solvables, emballées dans un produit nommé CLO ou « collateralized loan obligation » dans lequel les financiers de l’ombre logent les créances douteuses d’entreprises. Astucieusement mixées et découpées en tranches, elles sont proposées à des investisseurs peu avisés qui s’apercevrons tardivement de leur faible liquidité et de la difficulté à les revendre, surtout en cas de fortes secousses boursières et  de hausses des taux d’intérêts.

Dans ce dernier cas, le financement à court terme risque de s’assécher et on sait que la crise de liquidités entraîne des ventes à « prix cassé » contribuant à la spirale baissière des marchés. Ce type de produits risque donc de coller au portefeuille des gérants de fonds (qui ne peuvent pas emprunter aux banques centrales à l’inverse des banques) ou à celui de l’épargnant, comme le sparadrap à la chaussure du capitaine Haddock.

N’oublions pas que les crises financières se sont multipliées depuis 30 ans et que leur rythme est de plus en plus rapproché :

  • 1987 : après des années d’euphorie boursière, la remontée des taux américains provoque un « lundi noir » sur les bourses mondiales qui enregistrent une baisse moyenne de – 22,6 %.
  • 1998 : Victime de la crise Russe, le fonds d’investissement américain LTCM se déclare en faillite. Pour éviter un effet domino, le gouvernement fédéral décide de lui injecter 3,6 milliards de dollars.
  • 2000 : après 5 années d’emballement sur les valeurs technologiques, la bulle internet éclate et de nombreuses entreprises innovantes de ce secteur font faillite et le CAC 40 dévisse de  60 % en quelques mois.
  • 2007 : La hausse des prix spéculatifs de l’immobilier américain (qui a donné naissance aux subprimes) est stoppée par la remontée des taux d’intérêt. Les emprunteurs se trouvent dans l’impossibilité de rembourser leurs emprunts à taux variables et l’immobilier se met à baisser entraînant des difficultés majeures pour les banques.
  • 2008 : Victime expiatoire de la crise des subprimes, la banque Lehman Brother subit une faillite retentissante, préalable à une crise financière ressentie jusqu’en Europe.
  • 2015 : Le fonds spéculatif américain Third Avenue, confronté à une crise de liquidités, suspend ses transactions sur l’un de ses fonds.
  • 2016 : l’endettement public de nombreux Etats atteint un niveau préoccupant.

Ajoutons que les engagements de pratiquement toutes les banques sur des Etats insolvables deviennent des bombes à retardement et ne permettent plus de garantir, à terme, les ratios de capital et de liquidités et tout simplement leur solvabilité en cas de faillite majeure d’un Etat.

 Il est donc urgent de réglementer le « shadow banking » et de mettre en place, comme pour les banques,  une réglementation stricte. Celle-ci devrait permettre de brider les acteurs de l’ombre qui se livrent à la spéculation et à des opérations sur les marchés de financement à court terme, avant le déclenchement d’une crise financière sans précédent aux conséquences désastreuses.

 

Olivier Blochet

Le 07 décembre 2016

Copyright : Olivier Blochet – décembre 2016

 

 

 

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11 novembre 2016 5 11 /11 /novembre /2016 14:25
LE NOUVEAU PRESIDENT AMERICAIN ENTRE T'IL DANS LE PLAN DE LA MONDIALISATION ?

 

.......................... CHRONIQUE NOIRE ............................

n° 4

 

Après le choc de la nomination du nouveau Président américain et les craintes internationales qu’elle suscite, il n’est pas incongru de se poser la question suivante : sera-t-il plus indépendant des puissances financières que ses prédécesseurs ou que ne l’aurait été sa concurrente.

Dans les deux cas, les marionnettistes de la mondialisation étaient donnés gagnants avant même la publication des résultats. D’un côté, nous avions un candidat dont la fortune et son amour du billet vert le classaient d’emblée dans le camp de la mondialisation. De l’autre, une candidate dont les liens avec les puissances d’argent n’ont jamais été démentis. Appartenant au même club, l’un dénonçait avec brutalité les aspects négatifs d’une société américaine dont la puissance est sur le déclin ; sans toutefois proposer de réelles solutions d’avenir ; l’autre, avec un sourire ultra brite figé, proposait de continuer comme avant.

Le choc des religions est probablement l’une des résultantes de la mondialisation et le nouveau Président pendant sa campagne a très nettement marqué son hostilité aux musulmans en exprimant son intention d’interdire l’entrée aux Etats Unis des immigrés et touristes musulmans. Hillary (tout le temps) a jeté un voile pudique sur le sujet.

L’un ou l’autre sont les pièces secondaires d’un échiquier sur lequel les coups sont calculés de longues dates, l’un et l’autre sont les figurants d’une mise en scène pour ne pas dire d’une mascarade .

 

Olivier Blochet

Le 11 novembre 2016

 

 

Copyright : Olivier Blochet – novembre 2016

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9 novembre 2016 3 09 /11 /novembre /2016 08:55
Ordo Ab Chao

..........  "CHRONIQUES NOIRES........... 

N° 3

 

L’Ordre à partir du chaos

 

Depuis Adam, un homme né tout nu sans rien d’autre qu’une petite feuille sur le zizi (oui oui je l’ai vu dans un livre) l’humanité a fait de grands progrès.

Alors qu’il n’aurait pu vivre que d’amour et d’eau fraîche avec Eve, en prenant soin de ne pas engendrer, il a commis l’irréparable. Ses descendants n’ont cessé de corrompre, salir, avilir leur prochain, exacerber les haines pour guerroyer tout au long des siècles, semer la peur, le désespoir et la mort, par bêtise, orgueil et concupiscence sur la femme et les biens du voisin.

Sous le couvert d’une évolution reposant sur un système culturel humaniste, l’homme a crée la démocratie – il lui a fallu de nombreux siècles d’expérimentation pour crée les droits de l’homme et les ériger en valeur fondamentale -, il a basé son système économique sur le libre-échange - devenu le creuset de l’argent-roi et du matérialisme, il a favorisé la diversité des pensées religieuses selon les continents, il s’est comporté comme un dieu capable de modifier les lois naturelles de la terre et le climat.

Franchement, en se substituant à dieu jusqu’à se diviniser, j’ai plutôt l’impression qu’il se comporte comme l’antéchrist.

Aie, revoilà la vieille peur ancestrale !

Aux enfants, le loup, aux grandes personnes la prise de contrôle du monde par Lucifer.

Bon, grâce à l’évolution de la pensée, l’imagerie a changé : Lucifer n’apparait plus comme un monstre avec des petites cornes et une fourche, mais drapé dans une bannière étoilée, ou alors vêtu d’un drapeau noir rouge jaune, ou encore en blanc, bleu, rouge. Il est de plus souvent représenté avec un costume traditionnel  « Oh mon fils, le noir te va si bien » comme le disait en pleurant la maman d’Oussama.

Trêve de plaisanteries, il habite où en définitive Lucifer ? Que l’on ordonne une descente de police, qu’il soit mis en garde à vue, puis en examen, jugé, emprisonné, et qu’on en parle plus bordel !

Eh voilà je m’énerve alors qu’en fait, il n’y aurait pas qu’un Lucifer, mais 13 familles lucifériennes et 300 ambassadeurs dans le monde exerçant des métiers honorables : banquiers d’affaires (non pas la petite mignonne qui prend vos remises de chèques dans votre agence de La Banque Postale), industriels de la sidérurgie, de la pharmacie, du tabac et même des francs-maçons (si j’en crois le Point et l’Express …).

Et voilà, nous y voilà revenu, une conspiration mondiale occulte  est en marche pour contrôler le monde selon un protocole  implacable :

  • Extermination des religions en les poussant à s’affronter,
  • Opposition du libéralisme au socialisme,
  • Bouleversements fondamentaux dans les repères sociaux et culturels de la vieille Europe
  • Opposer les sionistes et les musulmans et contraindre toutes les nations chrétiennes à se diviser et à se combattre dans un premier temps politiquement puis en intervenant directement sur le terrain comme conciliateurs.
  • Provoquer des guerres afin de rétablir l’ordre appelé de tous les vœux de populations meurtries pour parvenir à un gouvernement mondial garant de la paix.

Avouez que présenté comme cela, vous vous dites ça ressemble étrangement aux pièces du puzzle que nous commençons à distinguer :

  • Les médias insidieusement nous préparent à une crise financière majeure reposant sur une crise économique et monétaire sur fond de dettes abyssales des Etats, avec pour issue une banqueroute universelle. Sans argent les populations seront à la merci des pillages et de la violence.
  • Nous sommes préparés à coup de petites phrases perfides de nos dirigeants politiques à un conflit civil et la majorité silencieuse y est résignée.
  • Les conflits conventionnels dans la poudrière du Moyen-Orient s’étendront à d’autres zones.
  • La guerre bactériologique fera son apparition avec des virus mortels (dont les gênes sont peut être déjà dans les vaccins existants).
  • La cyber-guerre isolera toutes les populations en les laissant dans le dénuement : plus d’électricité, plus de moyen de communication, plus d’eau courante et le retour à l’âge de pierre.

 

Seul l’ordre dans lequel ces événements se dérouleraient demeure inconnu.

Fantasme de "complotiste" ou prédiction implacable du monde de demain ?

Une chose est certaine, toutes les pièces sont en place pour réunir sous une même bannière les survivants.

Et en cas de mise en place de ce nouvel ordre mondial, qu’elle sera l’organisation humaine ?

A priori, les survivants, ne seront que 500 millions d’individus constituant la nouvelle humanité permettant une présence de l’homme en équilibre avec la nature. La recherche de cet équilibre perpétuel avec la nature n’est pas nouvelle. Robespierre avait déjà tenté de l’atteindre en ordonnant l’éradication des Vendéens en 1794.

Rassurez-vous, la fin des temps n’est pas pour demain et puis vous ferez peut être partie des 500 millions d’élus.

 

Olivier Blochet

Le 09 novembre 2016

 

Copyright Olivier Blochet – novembre 2016

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2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 08:05
Le Nouvel Ordre Mondial, entre réalité et fantasmes

Le Nouvel Ordre Mondial, entre réalité et fantasmes

...............................  "CHRONIQUES NOIRES"......................... 

 

Ma chronique intitulée « Le Nouvel Ordre Mondial : conspiration ou non ? »  a suscité quelques réactions. Je dois bien avouer que c’était mon objectif.

Certains y ont vu une affiliation au réseau des adeptes de la théorie du complot. Sans doute étaient ils trop pressés dans leur lecture car dans aucun extrait de mon texte je ne prône cette idée, ni ne la rejette. Je me contentais de poser une question, certains lecteurs se sont chargés, par leurs manifestations, d’apporter un début de réponse.

Le premier argument opposé à la théorie du complot consiste à prétendre que nos émérites présentateurs du journal télévisé (je me garde bien de les désigner comme journalistes) n’abordent jamais ce thème, d’où la conclusion évidente que tout n’est qu’invention d’éberlués en mal de sensations fortes.

Le fait est qu’en effet, l’absence de traitement de ce sujet sur nos grands médias peut nous faire douter de l’émergence rampante d’un nouvel ordre mondial. En même temps, bien des sujets n’ont pas été traités par le passé et nous ont « pété à la gueule » un jour. Les exemples sont malheureusement nombreux : pollutions, changements climatiques,  inondations de zones d’habitation sur des terrains dont on connaissait la nature inondable, conflits locaux et génocides dont on a découvert officiellement et tardivement l’existence …

Dès lors, la vigilance est de mise. Alors que nous sommes submergés d’informations et qu’une nouvelle chasse l’autre, peut être n’est-il pas inutile d’ouvrir tout grand nos oreilles même quand il s’agit simplement d’un simple bruissement.

Alors que depuis des mois des négociations sont en cours sur de grands traités avec les Etats Unis et le Canada, il faut bien admettre que leurs contenus sont particulièrement opaques, ce qui devrait éveiller notre méfiance sur leurs répercutions sur la vie sociale et économique en Europe.

Mais sans information officielle, comment étudier le sujet et le cas échéant, comment se mobiliser ?

Pourtant, nous sommes abreuvés par nos édiles de discours sur la liberté d’expression : un droit garanti par nos grandes démocraties. Et dans le même temps, les mêmes donneurs de leçons tentent de réduire la liberté d’expression des internautes sur les grands réseaux sociaux que sont Twitter, Facebook  et tutti quanti.

Aujourd'hui, nous mesurons l’hypocrisie qui consiste à prôner la liberté d’expression en l’encadrant !

 

Et le nouvel ordre mondial dans tout cela ?

 

Ah oui, revenons à nos moutons (sans jeu de mots) :

L’aboutissement de la mondialisation est sans aucun doute la mise en place d’une  gouvernance mondiale.

Pourquoi pas après tout si c’est dans le but d’assurer une vie meilleure à tous.

Techniquement, je crains que la mise en place ne soit pas aisée. Elle passe par la disparition des Etats, des références culturelles et identitaires, des normes nationales ou fédérales, et probablement des religions, pour ne créer qu’une seule et unique identité.

Supposons que cela aboutisse et  nous deviendrons les citoyens d’un monde en paix, garants d’un immense et unique marché mondial dont nous serons les consommateurs béats.

Mais alors comme dans un polar, je pose la question : à qui profite le crime ?

Aux multinationales bien sûr, à ces entreprises transnationales qui détiennent déjà un pouvoir supérieur à celui des Etats dont elles font et défont les dirigeants et dont les profits ne connaîtront plus de limites : plus d’embargo, plus de législations contraignantes, plus de quotas. Le grand gavage continuera sans limite.

 

Cette gouvernance mondiale est-elle utopique ?

 

Il est évident qu’un tel bouleversement est irréalisable à brève échéance, encore que !

Le meilleur moyen de faire disparaître les Etats est de les laminer de l’intérieur : monter les communautés les unes contre les autres jusqu’à exacerber les espoirs des uns et faire monter la violence des autres (selon le principe « diviser pour mieux régner »), sensibiliser sans relâche les populations à certains dangers (le terrorisme, les risques écologiques et la paupérisation notamment) car la peur rend inactif, changer les valeurs fondamentales notamment en faisant  perdre les repaires familiaux en déstructurant la famille, réduire le travailleur à devenir égoïste pour en faire un individualiste convaincu de l’importance d’assouvir un désir consumériste immédiat, contrôler le comportement des consommateurs en leur faisant admettre que l’obsolescence programmée des produits est normale, combattre toutes oppositions structurées, remplacer l’histoire par une information kleenex (une information chasse l’autre), annihiler le savoir en modifiant le contenu des manuels scolaires pour rendre les faits historiques moins subversifs,  « hanounâneriser » les programmes de télévision.

 

Mais cette dernière description n’est t’elle pas ce que nous vivons au quotidien ?

 

Pour sûr, ce florilège de faits, nous le vivons, nous le subissons, nous en sommes saturés.

Pourtant notre presse libre, responsable et courageuse ne dénonce pas cette réalité. Enfin quand j’écris « presse libre », je galèje car les médias de droite et de gauche sont détenus par des groupes financiers, des banques et des industriels qui en protecteurs du droit fondamental qu’est la liberté à l’information ont racheté des quotidiens et des magazines voués à la faillite s’ils n’avaient pas été renfloués. Difficile dans ce cas pour le journaliste de mordre la main de celui qui le nourri. Autrement dit la presse est libre … de se taire.

 

Mea culpa

 

Non, non, et non, je ne crois pas à ce supposé Nouvel Ordre Mondial en marche, les choses évoluent naturellement sans la main de l’homme, et sans la main de dieu.

Voilà c’est dit, comme cela je suis à l’abri des critiques, d’un accident inexpliqué ou d’une noyade avec deux balles dans le dos.

 

Ah, j’allais oublier :

 

Tous les grands empires sont nés avec de bonnes intentions : diffuser à travers les territoires conquis la paix (après avoir fait la guerre), la démocratie (après avoir usé de méthodes dictatoriales), la connaissance (en imposant celle du plus fort), la religion dominante du moment, la prospérité pour tous, réinventer régulièrement le vivre ensemble. Que des intentions louables et humanistes.

Et pour l’avenir, en état de l’avancement de la science : la jeunesse éternelle.

Pour faire bonne mesure, moi je proposerai quand même de sauvegarder des zones de non-droit pour préserver un petit fond de peur en chacun d’entres nous. Dans notre culture, le méchant est présent dès l’enfance. Ce serait dommage de se priver d’un allié aussi utile que le loup qui a pris, selon les époques,  les traits d’Attila, d’Adolf Hitler, d’Oussama Ben Laden,  d’Abou Bakr Al-Baghdadi ou de Bachar El Hassad.

 

La suite au prochain numéro.

 

Olivier Blochet

Le 2 novembre 2016

 

 

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