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19 juin 2017 1 19 /06 /juin /2017 08:00
Le camps de Montreuil-Bellay (Maine et Loire)

Le camps de Montreuil-Bellay (Maine et Loire)

 

Les tentatives de sédentarisation de la population nomade, et principalement Tziganes, remontent à l’instauration par le ministre Colbert du « code noir ». L’ensemble de la population nomade française devait se plier à cette règle, à défaut les hommes étaient promis aux galères et les femmes et les enfants à l’internement.

Sous le Consulat, le Général de Castellane, Préfet des Basses-Pyrénées procéda, avec l'aide de l'armée espagnole, à l'arrestation de 500 Bohémiens emprisonnés à Saint Jean Pied de Port et destinés à être déportés en Louisiane. Peu d'entres eux prirent cette destination en raison de la vente de la Louisiane aux Etats Unis. Bonaparte signa alors un décret aux termes duquel les Bohémiens devaient être installés comme fermiers dans une zone désertique des Landes. Mais en définitive, ils furent envoyés dans les Alpes pour construire des routes. Considérés comme des bagnards, ils étaient ferrés aux chevilles. D'autres furent envoyés dans les salines en Camargue. Quant aux femmes et aux enfants, ils furent dispersés dans quatre dépôts (centres de détention). Au terme de quatre années, libérés, ces Bohémiens retournèrent au Pays Basque par attachement au territoire où ils avaient vécu et où leurs morts étaient enterrés. 

Leur situation ne connue ensuite aucune amélioration jusqu'aux événements qui ont marqués dramatiquement le 20ème siècle.

Beaucoup d’historiens jettent un voile pudique sur les circonstances réelles de l’internement des Tziganes pendant la seconde guerre mondiale, portant la responsabilité de celui-ci sur l’occupant nazis. La réalité est moins reluisante.

Après la déclaration de la guerre, le Président de la République Albert Lebrun décida, dès le mois de septembre 1939, de limiter la circulation des nomades dans les départements côtiers et frontaliers au motif que « les incessants déplacements des nomades leur permettent de surprendre les mouvements de troupes, des stationnements d’unités […] renseignements importants qu’ils sont susceptibles de communiquer à des agents ennemis ». Il s’agissait d’une suspicion de trahison au profit de l’ennemi dont les nomades avaient déjà fait les frais lors de la guerre de 1870 et durant la première guerre mondiale.

Cette interdiction de circulation fut très vite élargie à tout le territoire métropolitain, durant toute la durée de la guerre. Ce fut le préalable à l’enfermement.

Le travail des gendarmes français fut facilité par l’existence du fichier administratif des 40 000 nomades détenteurs du « carnet anthropométrique d’identité » institué par la loi du 16 juillet 1912. Ce carnet contenait des indications sur la taille, l’envergure, la pigmentation de la peau, l’âge apparent, la longueur du nez et de l’oreille droite. En outre, il contenait deux photographies et cinq empreintes digitales.

Alors qu’en Allemagne les nazis ne s’intéressaient qu’au caractère ethnique des « Zigeuners » (Tziganes), les autorités françaises ne connaissaient que la catégorie administrative des nomades.

En France, par décret du 6 avril 1940, suivi d’une circulaire du ministre de l’intérieur aux préfets le 29 avril 1940, la France créa les camps d’internement. On peut dire que la France, à cette époque, devança la demande des nazis, car l’occupant considérait qu’il appartenait à l’administration française de contrôler les nomades. Ainsi, dès l’instauration du régime de Vichy et sous l’autorité de Xavier Vallat, Commissaire aux questions juives, l’assignation à résidence puis l’internement, après confiscation des carnets de circulation, porta sur plus de 30 000 Tziganes sur l’ensemble du territoire. Fin 1940, vingt six camps importants, gardés par les gendarmes, fonctionnaient dans la zone sud dont Mérignac (33) et seize dans la zone nord dont Montreuil-Bellay (49), Poitiers (86), Linas-Montlhéry (91). Le nombre de camps fut même, à une période, de plus d’une centaine dont la plupart n’ont pas été répertoriés s’agissant de camps éphémères. Les biens de ces familles furent confisqués en dehors de toute légalité : chevaux, roulottes, cirques et outils …

L’un des camps les plus importants fut celui de Montreuil-Bellay, dans le Maine et Loire avec plus de 1 026 résidents en avril 1942. Lors des raids alliés en 1944, quelques bombes frappèrent ce camp qui fut fermé le 1er janvier 1945. Il en demeure quelques traces. Une stèle commémorative a été inaugurée en 1988, avant d’être vandalisée à coup de pierres en 1990. Une nouvelle stèle a été installée et les vestiges du camp sont inscrits au patrimoine des sites historiques depuis juillet 2010.

Les conditions de vie quotidienne dans ces camps étaient difficiles en raison du manque de vêtements, de l’insalubrité, du manque d’eau et de la malnutrition. A cause du manque d’hygiène, on recensa la présence de poux, de sarcoptes (parasites à l’origine de la gale), la présence de rats et de nombreux cas de maladies de peau dues à la malpropreté. La malnutrition et les maladies constituaient deux des causes principales de mortalité, les plus vulnérables étant les enfants qui représentaient 40 % de la population internée. Les hommes travaillaient dans des exploitations agricoles ou forestières. Pour éviter que les hommes ne s’évadent, leurs enfants étaient enfermés dans des cachots le temps de la journée de travail. L’argent gagné servait partiellement à couvrir les frais de leur internement et à " les guérir de leur oisiveté" légendaire. Dans certains camps, les autorités tentaient parfois de sociabiliser les Tziganes en les scolarisant et en leur faisant faire le catéchisme.

Les tentatives d’évasions étaint malgré tout nombreuses, mais elles ne duraient pas longtemps, les gendarmes trouvant souvent dans la population environnante des auxiliaires pour les intercepter et les livrer à la gendarmerie. Mais ceux qui parvennaient à fuir rejoignaient souvent le maquis.

Toutefois, les Tziganes Français, contrairement aux familles juives, n'ont pas été remis massivement aux autorités allemandes. On observera toutefois que la municipalité de Poitiers envoya 70 Tzigane internés à Oranienburg-Sachenhaussen ou à Buchenwald en janvier 1943 pour éviter la déportation de jeunes de la région.

La déportation de Tziganes Français portera tout de même sur plusieurs milliers d’individus de la région Nord-Pas de Calais, rattachée au commandement militaire de la Belgique. Les convois de Juifs étaient complétés par des Tziganes arrêtés sur les routes. C’est ainsi que plus de 15 000 d’entre eux mourront en déportation, principalement à Auschwitz.

La responsabilité de l’administration française est entière dans les conditions de vie difficiles que connurent des centaines de familles jusqu’en 1946, soit un an après l’armistice, comme dans « le camp des Alliers » près d’Angoulême en Charente, en l’absence de directives claires données aux autorités locales après la libération. A la servilité de Vichy succéda le désintérêt pour le sort des Tziganes de la part des structures administratives issues de la résistance.

Ainsi, après la libération de la France par les alliés, il fallu attendre jusqu’à la fin du mois de mai 1946 pour que les derniers Tziganes internés soient libérés. Comble de la bêtise administrative, alors que ces familles avaient tout perdu et qu’elles se retrouvaient de nouveau sur la route, une circulaire du 24 juillet 1946 invita les maires à distinguer entre les « bons Tziganes », ceux qui acceptaient la sédentarisation, et les « mauvais Tziganes », ceux qui voulaient continuer leur nomadisme.

Sachant que les Tziganes ne furent pas indemnisés de la perte de leurs biens, roulottes, instruments de musique, camions, cirques, chevaux, terrains, leur situation devint encore plus préoccupante.

C’est alors qu’une profonde amnésie frappa la France.

Sans l’action d’associations, les vestiges des camps auraient disparu et aucune plaque ne rappellerait les sombres heures de l’internement d’une partie de la population française coupable de ne pas être sédentarisée. Dans les manuels scolaires, le génocide des Tziganes est à peine effleuré. Pire, la Loi du 3 janvier 1969(*), dérogatoire au droit commun, leur appliqua, jusqu’à une date encore récente, des mesures de détentions de carnets et de livrets de circulation et un certain nombre de contraintes administratives dérogatoires au droit commun, à croire qu’ils étaient des citoyens français de seconde zone.

Les nombreuses initiatives pour abroger cette Loi et obtenir la reconnaissance officielle de la responsabilité de la République Française dans l’internement des Tziganes ont fini par porter leurs fruits

Le 29 octobre 2016, sur le site de Montreuil-Bellay, un hommage national a été rendu aux Tziganes internés, en présence du Président François Hollande. Dans un discours très attendu, le Président de la République a reconnu officiellement la responsabilité de la République Française dans les souffrances des Tsiganes internés. Un nouveau monument commémoratif a également été inauguré.

Au-delà de la reconnaissance de l’horreur de l’internement  et l’abrogation d’une loi d’exception digne des périodes les plus noires de l’histoire de France, il reste à vaincre les difficultés rencontrées par les familles pour leur permettre un accès normal à la scolarité et à la santé.

Mais ce qui prendra le plus de temps, ce sera de vaincre les préjugés. Le « sans feu ni lieu » s’est transformé au fil du temps en « sans foi ni loi » car les exactions d’une minorité ternissent la réputation d’une majorité soucieuse de vivre selon ses traditions, tout en respectant les règles de la société.

Le regard de notre société sur cette communauté est également une forme d'internement social.

 

 Olivier BLOCHET

Le 19 juin 2017

Bibliographie :

LES TSIGANES DE FRANCE OU L'HISTOIRE DES ETERNELS ETRANGERS - Editions La Comoé - seconde édition 2017 - 164 pages - 14,50 euros (commande sur papier libre à Olivier Blochet, 8 rue Principale 79290 Brion Près Thouet , en joignant votre chèque. frais de port offerts. Dédicace sur demande).

(*) La loi du 3 janvier 1969 relative à l’exercice des activités ambulantes et au régime applicable aux personnes circulant en France sans domicile ni résidence fixe, dites « gens du voyage », assouplit ce régime, mais maintenait un dispositif dérogatoire au droit commun, notamment en substituant aux carnets anthropométriques des titres de circulation.

 

L'INTERNEMENT DES TZIGANES EN FRANCE
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2 mai 2017 2 02 /05 /mai /2017 18:20
Affiche du spectacle

Affiche du spectacle

 

Lorsque j'ai publié "CONTES, LEGENDES & CHRONIQUES TSIGANES" (Editions La Comoé 2015) je ne pensais pas que ce livre destiné à mieux faire connaître aux enfants l'univers imaginaire de la communauté Tsigane rencontrerait autant de succès auprès des enfants, des professeurs de français et des ... adultes en général.

La nouvelle vie de ces belles histoires réécrites pour être abordables par des enfants à partir de 10 ans était déjà une jolie satisfaction personnelle jusqu'à ce qu'au mois d'octobre 2016, les auteurs Françoise Faure et Robert Albert me demandent mon accord pour adapter des récits tirés de ce livre pour le théatre pour enfants. Je ne me considère pas comme le dépositaire de la culture Tsigane, et j'ai dit oui sans hésiter.

Et ce matin, je découvre l'affiche du spectacle qui sera joué samedi 6 mai 2017 à BONNAT, dans la Creuse, avec le petit texte suivant :

Les Mini-Tréteaux : Troupe de théâtre enfants, composée de 8 comédiens de 10 à 13 ans, plus 2 techniciens de 15 et 16 ans.
Le spectacle : 5 contes adaptés pour le théâtre (et pour être joués par des enfants), dont 3 tirés de "Contes et légendes tsiganes" d'Olivier BLOCHET dit Le Niglo.
Entrée libre et gratuite.

Une nouvelle joie pour moi dont l'objectif est, depuis plusieurs années, de proposer une réflexion de nature à faire porter un autre regard sur la communauté Tsigane.

 

Olivier Blochet

Le 2 mai 2017

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22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 08:20
Les différentes sortes de livrets de circulation (la carnet a été supprimé le 5 octobre 2012)

Les différentes sortes de livrets de circulation (la carnet a été supprimé le 5 octobre 2012)

 

 

Dans le but de contrôler les nomades – et non pour les obliger à se sédentariser comme nous le lisons trop souvent -,  les autorités françaises leur imposent dès juillet 1912 de se soumettre à la détention obligatoire d’un carnet anthropométrique d'identité, individuel pour toute personne âgée de plus de 13 ans et collectif pour les chefs de famille. Ils ont l’obligation de le détenir en permanence pour répondre aux contrôles et ils ont l’obligation de leur  faire viser en gendarmerie à leur arrivée dans une ville et lorsqu’ils quittent celle-ci. Leurs véhicules doivent être munis de plaques spéciales de couleur bleue.

Ces dispositions permettaient de mettre sous étroite surveillance les nomades, suspectés de collusion avec l’ennemi car susceptibles de repérer les mouvements de troupes.

Lorsque le régime de Vichy décide d’assigner à résidence (on notera l’aberration de la mesure frappant des nomades) puis de les interner dans des camps, le travail des gendarmes fut facilité par le fichage de cette population depuis près de 30 ans. Les  arrestations, le choix d’implantation des camps et leur gestion furent placées sous la responsabilité des préfets. A la libération, au prétexte que la mesure portait sur toute la durée de la guerre, les autorités Françaises ne procédèrent à la libération des prisonniers qu’après la signature du décret du 10 mai 1946 mettant officiellement fin à la guerre.

Le carnet anthropométrique supprimé en 1969 a été remplacé par le carnet de circulation (abrogé par une décision du Conseil Constitutionnel le 5 octobre 2012) et le livret de circulation instituant ainsi un régime administratif discriminant à la population Française non sédentarisée que l’administration, en 1962, désigna sous l’appellation de « gens du voyage ». Ceux-ci ont l’obligation de les détenir sous peine d'amende et ils sont astreints à une obligation de rattachement à une commune. A cet égard, rappelons qu’il est interdit à une commune de compter plus de 3 % de "gens du voyage" dans sa population afin que ceux-ci ne pèsent pas sur le résultat des élections locales.  Pourtant, qu’ils soient Manouches ou Gitans, ces familles sont françaises depuis le 15e siècle, c'est-à-dire depuis souvent bien plus longtemps que leurs plus fervents détracteurs.

Depuis plusieurs dizaine d’années, les « gens du voyage » qui regroupent principalement les communautés Manouches et Gitanes réclament l’abolition de cette législation d’exception par la voix des associations.

Dans son discours du 29 octobre 2016, François Hollande a reconnu officiellement la responsabilité de la République Française dans l’internement des Tsiganes et de ses conséquences. Il est également revenu sur la proposition de Dominique Raimbourg, président de la commission nationale consultative des gens du voyage d’abroger la loi de 1969, dans le cadre du projet de loi « Egalité et Citoyenneté » actuellement en discussion au Sénat. Le livret de circulation devrait donc être supprimé. Un autre espoir est lié à cette loi, celui de la reconnaissance de la caravane comme un logement et non plus seulement comme un domicile afin de bénéficier d’aides publiques liées au logement.

Au-delà de la reconnaissance de l’horreur de l’internement  et l’abrogation d’une loi d’exception digne des périodes les plus noires de l’histoire de France, il reste à vaincre les difficultés rencontrées par les familles pour leur permettre un accès normal à la scolarité et à la santé.

Mais ce qui prendra le plus de temps, ce sera de vaincre les préjugés. Le « sans feu ni lieu » s’est transformé au fil du temps en « sans foi ni loi » car les exactions d’une minorité ternissent la réputation d’une majorité soucieuse de vivre selon ses traditions en respectant les règles de la société.

 

 

Olivier Blochet

Le 22 novembre 2016

 

 

Copyright – Olivier Blochet – novembre 2016

 

 

 


 

Lors de la cérémonie du 29 octobre 2016, quelques membres de la communauté Tsigane brandissent leurs carnets de circulation (copyright Olivier Blochet)

Lors de la cérémonie du 29 octobre 2016, quelques membres de la communauté Tsigane brandissent leurs carnets de circulation (copyright Olivier Blochet)

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29 octobre 2016 6 29 /10 /octobre /2016 15:27
le Mémorial et ses 473 noms gravés

le Mémorial et ses 473 noms gravés

 

 

Dès le mois d’avril 1940, le régime de Vichy a décidé de l’internement des nomades dans des camps disséminés dans toute la France. Le camp de Montreuil Bellay fut probablement le plus important d’entre eux. Sans la pugnacité de Jacques Sigot, un instituteur à la retraite, il n’existerait probablement plus aucune trace de ce camp.

70 ans après la libération des derniers Tsiganes internés en France pendant la Seconde guerre mondiale (en fait jusqu'en 1946), C’est le camp de Montreuil-Bellay qui a été choisi pour devenir le lieu de mémoire national des souffrances infligées aux nomades.

Un vibrant hommage national leur a été rendu le samedi 29 octobre 2016 en présence de François Hollande, d’Emmanuelle Cosse – ministre du logement et de l’habitat durable –, de Jean-Marc Todeschini – secrétaire d’Etat  chargé des anciens combattants, de Monsieur Marc Bonnin – Maire de Montreuil-Bellay, et de plusieurs autres personnalités politiques tel le député PS Dominique Raimbourg, des édiles locaux, des représentants des associations (notamment l’association des Amis de la Mémoire du camp tsigane de Montreuil-Bellay  et France Liberté Voyage), et bien sûr des anciens internés ou de leurs descendants et cela, devant un parterre de plusieurs centaines de personnes, parfois venues de très loin, appartenant à la communauté Tsiganes et leurs amis Gadjé.

Lors de son discours très attendu, le Président Hollande a reconnu officiellement « la responsabilité de la République dans l’internement des Tsiganes » en ajoutant qu’ « un pays grandit toujours lorsqu’il reconnait ses fautes ». Il est également revenu sur la discussion en cours au Parlement dans le cadre de la Loi «  Egalité et Citoyenneté » comprenant un certains nombre de dispositions proposées par Dominique Raimbourg - Président de la Commission Consultative des Gens du Voyage - et notamment celle concernant l’abrogation du livret de circulation pour les gens du voyage.

François Hollande a insisté sur l’importance de réconcilier toutes les mémoires pour n’en constituer qu’une seule, celle de la France » et en appelant de ses vœux que « les gens du voyage soient enfin considérés comme des citoyens comme les autres car ils sont Français ».

Un discours que les Tsiganes Français attendaient depuis longtemps et dont ils ont apprécié la franchise. Réalisé par l'artiste Armelle Benoit, le mémorial comprenant 473 patronymes a été dévoilé aux familles.

 

Olivier Blochet

Le 29 octobre 2016

 

 

Toutes les photos : copyright Olivier Blochet 29 octobre 2016
Toutes les photos : copyright Olivier Blochet 29 octobre 2016
Toutes les photos : copyright Olivier Blochet 29 octobre 2016
Toutes les photos : copyright Olivier Blochet 29 octobre 2016
Toutes les photos : copyright Olivier Blochet 29 octobre 2016
Toutes les photos : copyright Olivier Blochet 29 octobre 2016
Toutes les photos : copyright Olivier Blochet 29 octobre 2016
Toutes les photos : copyright Olivier Blochet 29 octobre 2016

Toutes les photos : copyright Olivier Blochet 29 octobre 2016

Le cachot souterrain avec le nom de la famille Reinhardt gravé dans la pierre

Le cachot souterrain avec le nom de la famille Reinhardt gravé dans la pierre

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23 octobre 2016 7 23 /10 /octobre /2016 08:20
Mise en place du mémorial (photo copyright Olivier Blochet - octobre 2016)

Mise en place du mémorial (photo copyright Olivier Blochet - octobre 2016)

L'information selon laquelle le Président de la République doit se déplacer au mois d'octobre à Montreuil-Bellay (49) pour un événement d'ampleur nationale, consistant en l'inauguration d'un mémorial sur le site de l'ancien camp d'internement des Tziganes, suscite une interrogation : viendra, viendra pas ?

Un peu d'histoire :

"Après la déclaration de guerre, l'administration française décide, dès le mois de septembre 1939, de limiter la circulation dans les départements côtiers et frontaliers au motif que "les incessants déplacement des nomades leurs permettent de surprendre les mouvements de troupes, des stationnement d'unités [...], renseignements importants qu'ils sont susceptibles de communiquer à des agents ennemis".

Cette interdiction de circulation fut le préalable à l'enfermement.

Par décret du 6 avril 1940, suivi d'une circulaire du ministre de l'intérieur aux préfets le 29 avril 1940, la France crée les camps d'internement. La France est en avance de quelques mois sur la position qu'adoptera le IIIème Reich.

Le travail des gendarmes français fut facilité par l'existence du fichage des 40 000 nomades détenteurs du "carnet anthropométrique d'identité" institué par la loi du 16 juillet 1912. Ce carnet contenait des indications sur la taille, l'envergure,la pigmentation de la peau, l'âge apparent, la longueur du nez et de l'oreille droite. En outre, il contenait deux photographies et cinq empreintes digitales.

[...]

En France, sous l'autorité de Xavier Vallat, Commissaire aux questions juives, l'assignation à résidence, puis l'internement, après confiscation des carnets de circulation, porta sur plus de 30 000 Tziganes sur l'ensemble du territoire. Fin 1940, vint six camps importants, gardés par les gendarmes, fonctionnaient dans la zone sud, dont Mérignac (33) et seize dans la zone nord dont Montreuil-Bellay (49), Poitiers (86), Linas-Montlhéry (91).

Le nombre de camps sera même, à une période, de plus d'une centaine dont la plupart n'ont pas été répertoriés.

L'occupant nazi considérait qu'il appartenait à l'administration française de contrôler les nomades.

Les conditions de vie quotidiennes dans ces camps étaient difficiles en raison du manque de vêtements, de l'insalubrité, du manque d'eau et de la malnutrition. A cause du manque d'hygiène, on recensa la présence de poux, de sarcoptes (parasites à l'origine de la gale), la présence de rats et de nombreux cas de maladies de peau dues à la malpropreté. La malnutrition et les maladies constituaient deux des causes principales de la mortalité, les plus vulnérables étant les enfants qui représentaient 40 % de la population internée".

L'un des plus importants sera celui de Montreuil-Bellay, dans le Maine et Loire, avec plus de 1 026 résidants en avril 1942. Lors des raids alliés en 1944, quelques bombes frappèrent ce camp qui fut fermé le 1er janvier 1945. Il en demeure quelques traces. Un stèle commémorative a été inaugurée en 1988 avant d'être vandalisée à coups de pierre en 1990. Une nouvelle stèle a été installée et les vestiges du camp, constitués des fondations des baraquements et de l'ancien cachot souterrain, sont inscrits au patrimoine des sites historiques depuis 2010.

(Extrait de "Les Tsiganes de France ou l'histoire des éternels étrangers", Olivier Blochet, Editions La Comoé - 2014).

Ainsi, 71 ans après la fermeture du camp d'internement de Montreuil-Bellay, le site va être transformé en lieu de mémoire nationale avec l'installation d'un mémorial que François Hollande doit venir inaugurer dans la matinée du 29 octobre 2016, "sous réserve d'événement d'actualité de dernière minute" (Source : Préfecture du Maine et Loire).

L'oeuvre mémorielle réalisée par Armelle Benoit sera constituée de huit colonnes et d'un dôme, placé derrière celles-ci. Sur les huit colonnes seront gravés les noms des familles internées pour que les famille puissent se recueillir.

La teneur du discours de François Hollande est très attendue par les membres de la communauté des gens du voyage. D'une part, sur le plan de la mémoire, ils attendent qu'il soit rappelé le lourd tribut payé par les Tziganes lors du second conflit mondial. D'autre part, ils attendent des propos rassurant sur les ambitions du projet de loi destiné à renforcer la cohésion sociale portée par Emmanuelle Cosse, ministre du Logement et de l'Habitat durable, alors que ce projet est combattu par le Sénat, lequel prône des dispositions de nature à renforcer les sanctions à l'encontre des voyageurs et à faciliter leur expulsion.

 

Olivier Blochet

Le 23 octobre 2016

 

Ps : Rappelons que le dernier camp d'internement à être fermé fut celui d'Angoulème au mois de mai 1946.

 

photographies du site - 22 octobre 2016 (copyright Olivier Blochet - octobre 2016)
photographies du site - 22 octobre 2016 (copyright Olivier Blochet - octobre 2016)
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25 juin 2016 6 25 /06 /juin /2016 09:21
L'oeuvre de Serge Carvalho

L'oeuvre de Serge Carvalho

Le 23 juin 1944, une unité de Waffen SS massacra 14 Tziganes dans la petite commune de Saint-Sixte (47), avant de pendre 12 personnes dans le village voisin de Dunes.

Il aura fallu 72 ans avant qu'il ne soit rendu hommage à ces victimes de la barbarie nazie.

Depuis le jeudi 23 juin 2016, une statue en acier inoxidable représentant un père et son enfant se dresse juste en face la prairie où les 14 Tziganes ont été fusillés. Elle est l'oeuvre de l'artiste Lot-et-Garonnais Serge Carvalho.

Olivier Blochet

Le 25 juin 2016

SAINT-SIXTE : HOMMAGE AUX TZIGANES VICTIMES DE LA BARBARIE NAZIE
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