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30 octobre 2020 5 30 /10 /octobre /2020 14:15
Roms à Bucarest ( photo AFP - Miguel Medina - droits réservés)

Roms à Bucarest ( photo AFP - Miguel Medina - droits réservés)

 

Le 7 octobre 2020, la Commission européenne a adopté une nouvelle stratégie pour lutter contre les discriminations dont sont victimes les Roms. La commission a agi dans le cadre d’un plan décennal de soutien aux Roms en proposant aux  pays de l’Union européenne (UE) des objectifs minimaux à atteindre pour améliorer l’inclusion des Roms dans les différentes sociétés européennes avant 2030.

Mais de qui parlons-nous ?

Lors du premier congrès mondial des Tsiganes, qui s’était tenu à Londres en 1971, les délégués avaient rejeté les termes tsiganes, zigeuners (tsiganes en allemand), gitanos, gypsies pour adopter le terme générique de Roms ou Rroms. Cette dénomination était censée unifier sous le même nom les Tsiganes d’Europe centrale, les Gitans français ou espagnol, les Manouches français ou allemands, et les Sintis. Mais il faut savoir que s’ils partagent les mêmes ancêtres du nord de l’Inde, ils ne partagent pas la même histoire et que chacune de ces communautés ne se reconnaît pas dans l’autre. Cet attachement bureaucratique à réunir sous un même nom plusieurs communautés a créé un amalgame rejeté par chacune d’elle. En effet, il n’y a rien de commun entre les Roms des Balkans qui sont sédentaires avec les Manouches français qui sont des nomades, même si aujourd’hui 85 % d’entre eux sont quasi sédentaires, ne reprenant la route qu’à partir du mois d’avril pour participer aux divers pèlerinages (Port des barques, Les Saintes-Maries-de-la-Mer, etc.). De même, aucune comparaison possible entre les Manouches vivants en France et dont les ancêtres leur ont transmis la nationalité française acquise depuis le 15e siècle avec les Roms de Roumanie arrivés en Europe occidentale avec un statuts de migrants après la chute en 1989 de Nicolae Ceausescu.

En Europe, les Roms – toutes communautés confondues - seraient entre 10 et 12 millions, dont 8 millions dans l’Union européenne, principalement en Roumanie, en Bulgarie, en Slovaquie et en Hongrie. On constate que dans ces États, non seulement 80 % de cette population vit sous le seuil de pauvreté, mais qu’elle est victime au quotidien de nombreuses discriminations et d’exclusion socio-économique.

Le nouveau plan décennal a pour objectif l’amélioration du niveau de vie des Roms en articulant sa stratégie autour de sept axes : égalité, inclusion, participation, éducation, emploi, santé et logement. Les États membres sont appelés à présenter leurs programmes avant le mois de septembre 2021.

Les objectifs visent à réduire en dix ans de « moitié au moins » :

  • La proportion de Roms victimes de discrimination,
  • Les écarts en matière d’espérance de vie et de pauvreté
  • Les différences concernant l’éducation des enfants
  • Les disparités sur l’emploi et celles sur l’emploi entre les femmes et les hommes.

Par ailleurs, la Commission veut également favoriser l’accès au logement et faire en sorte qu’au moins 95 % des Roms aient accès à l’eau potable d’ici 2030.

Il s’agit d’objectifs récurrents, financés par d’importants fonds de l’Union européenne dont la destination dans les pays membres d’Europe centrale est parfois obscure quant à son utilisation. Il semble toutefois que depuis 2010 des progrès concernant notamment l’accès au logement, sur les questions de santé avec des campagnes de vaccination dans plusieurs pays, et sur la scolarité rendue légalement obligatoire en Hongrie ou en Bulgarie soient réels.

Désormais, la stratégie est connue. Mais il s’agit d’un long chemin vers l’égalité dont il faudra suivre pas à pas les étapes pour être sûr de son aboutissement.

 

Olivier Blochet

Le 30 octobre 2020

 

© Olivier Blochet – 30 octobre 2020

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13 avril 2019 6 13 /04 /avril /2019 10:10
La Esmeralda dansant. Illustration d'André Charles Voillemot, Maison de Victor Hugo, vers 1882.

La Esmeralda dansant. Illustration d'André Charles Voillemot, Maison de Victor Hugo, vers 1882.

 

    Le mystère attise la curiosité autant que le rejet à tel titre que les populations stigmatisées ont subi au cours des siècles la méfiance, la haine, la violence mais parfois aussi, la fascination.

    L’histoire et son prisme parfois déformant ne permettent pas toujours de situer dans le temps les origines de telle ou telle communauté, altérant toute humanité envers elles.

    Certaines communautés ont disparues en étant assimilées aux populations locales des contrées traversées, ne laissant que peu de traces de leurs particularismes. D’autres, en dépit des contraintes se sont imparfaitement intégrées en préservant leurs différences, et c’est bien cela qui leur est reproché.

    Les membres de la communauté Rrom - le terme générique et officiel donné, lors du premier Congrès mondial Tsigane en 1971, à divers groupes ayant pour origine commune le Nord-Ouest de l’Inde – représentent des  groupes en réalité très disparates, pour preuve les noms qu’ils se sont donnés, ou qui leur ont été donnés à travers les âges : Romanichels, Bohémiens, Manouches, Gitans, Roms …

    Après un long périple passant par la Perse, l’Arménie, le Péloponnèse, l’Empire Byzantin et l'Europe centrale, leur présence en France est signalée dès  le 15ème siècle.  Dans les chroniques de l’époque, ils sont décrits comme des dresseurs d’ours utilisant une langue inconnue,  en fait un jargon enrichi des langues des pays traversés dans lesquels ils ont plus ou moins longtemps résidés.

    Lors de leur arrivée en  France, ces voyageurs suscitent la curiosité et la fascination. La méfiance viendra plus tard.

    Leurs spectacles de danse ou de dressage sur les places des villages ou lors des foires, leurs tenues, notamment celles des femmes aux robes de couleurs chatoyantes et aux oreilles desquelles pendent des boucles d’oreilles, et  leur revendication assumée d’être de bons pèlerins  leur attirent la sympathie des villageois et parfois, pour les plus pauvres, la compassion.

    Puis, des accusations furent portées contre  les enfants, habiles à voler les spectateurs ou les passants. Ensuite, l’Église s’en mêla car la pratique de « la bonne aventure » (la chiromancie) lui faisait de l’ombre. Elle leur dénia d’ailleurs toute foi chrétienne.

    Ce rejet imposa aux voyageurs de reprendre la route, ce nomadisme si souvent perçu comme une preuve d’insoumission au contrôle du monarque et des autorités locales, jusqu’à ce que le vagabondage soit criminalisé par des lois répressives, une pratique étendue à toute l’Europe.

    La littérature a fait d’Esmeralda une enfant enlevée par les Bohémiens, faisant oublier ses charmes lorsqu’elle courrait entre les tours de Notre-Dame. Tout cela, pour alimenter et noircir un peu plus les fantasmes et les accusations souvent dépourvues de sens.

 

Olivier BLOCHET

Le 11 avril 2019

 

© Droits réservés – Olivier Blochet - avril 2019 

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3 avril 2019 3 03 /04 /avril /2019 08:02
LE VOL DES ANGES ou LE MYTHE DES ROMS VOLEURS D'ENFANTS

     Au moyen âge, dans les campagnes, il était fréquent de dire aux enfants : "Si tu n'es pas sage, les Romanichels (1) t'enlèveront !", une croyance peut être issue de faits réels, mais surtout un mythe largement utilisé dans la littérature depuis Cervantès ("La petite Gitane") ou encore Victor Hugo ("Notre Dame de Paris") et repris dans les romans jusqu'au 20 ème siècle, y compris dans des albums jeunesse, de quoi nourrir l'obscurantisme de certains.     

     Au 19ème siècle, en Europe de l'Est, des Tziganes furent accusés de cannibalisme. Cette "information" fut reprise dans la presse française, agrémentée d'illustrations, avant que la justice ne reconnaisse tardivement l'innocence des condamnés à mort.

     Comment s'étonner, alors que l'amalgame entre les Manouches, les Gitans et les Roms, souvent commis par le personnel politique et les journalistes, qu'une simple rumeur sur les réseaux sociaux - autant dire que la source est impossible à remonter - suffise à enflammer le désir de justice aveugle de certains contre les éternels boucs émissaires que l'on tente depuis des siècles d'exclure de la société où qu'ils soient. 

     Ainsi, il y a une quinzaine de jours, la rumeur a couru en région parisienne que des "Roms" enlevaient des enfants. une rumeur sans aucun fondement visant des migrants venant de Roumanie pour fuir un "anti-Tsiganisme" et la misère dans leur pays, mais qui ont trouvé une autre misère sociale en France.

     Une nouvelle fois, entre méconnaissance et médisance, la bêtise a alimentée le racisme ordinaire visant une communauté en proie à bien d'autres difficultés. Pour résultat, des Roms ont fait l'objet, en Seine Saint Denis, d'actes d'une grande violence sur un territoire sur lequel cohabitent des dizaines de nationalités et d'ethnies. Ces populations défavorisées ne s'intègrent plus et leurs membres se replient sur leurs identités tout en défendant farouchement leurs territoires pour exercer le contrôle de certains trafics et exacerber, le cas échéant, leurs appartenances religieuses. Les Roms, nomades par obligation, mais sédentaires dans l'âme après plusieurs siècle d'esclavage, se sont agrégés dans ces quartiers en y créant des bidonvilles. Leur présence a généré des tensions dans un environnement ou leur appartenances religieuses (2) est très éloignées de celles pratiquées dans ces mêmes quartiers à dominante musulmane. 

     Rien d'étonnant à ce qu'une simple rumeur, dans un tel contexte, déclenche des réactions xénophobes stupides et violentes contre les plus faibles.

 

Olivier BLOCHET

Le 2 avril 2019

 

(1) Romanichels : ancien nom des Manouches ou des Gitans

(2) En Roumanie, 76,36 % des Roms sont de confession orthodoxe, 11,46 % sont pentecôtistes, 3,35 % sont catholiques, 2,76 % sont protestants réformés, 1,42 % sont baptistes, 1,09 % sont adventistes du septième jour, 1,05 % sont gréco-catholiques, 0,54 % sont musulmans, 1,77% sont d'une religion plus confidentielle, et 0,31 % sont sans religion (source : recensement de 2011).

 

 

© Droits réservés – Olivier Blochet - avril 2019 

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20 mai 2018 7 20 /05 /mai /2018 11:00
Musiciens Tziganes

Musiciens Tziganes

 

 

Relevant de l’improvisation, la musique Tzigane s’est imposée en Europe centrale sans pourtant avoir donné lieu à l’écriture de partitions. Le répertoire s’est transmis de musiciens à musiciens, d’interprètes à interprètes, de pères en fils, et les noms des auteurs se sont perdus dans l’histoire tumultueuse d’un peuple souvent en quête de tranquillité plus que de reconnaissance.

Des musiciens de formations classiques, fascinés par cette musique alternant des vagues de tristesse lancinante avec l’allégresse joyeuse et insouciante de la liberté, se sont très largement inspirés de ce répertoire traditionnel « libre de droits » pour en faire des « classiques » au sens noble.

Ces compositeurs ont su adapter la musique Tzigane selon leur propre sensibilité.

Joseph Haydn, pourtant adepte de structures musicales très classiques, a succombé aux rythmes endiablés et parfois dissonants des harmonies tziganes, pour preuve le dernier mouvement de son « Trio pour piano n° 393 intitulé « In the Gypsy’s style » (1795).

Quant à Brahms, dont les « Danses hongroises », composées entre 1867 et 1880, comblent les amateurs de musique classique, elles ne sont que la simple transcription pour piano de mélodies populaires jouées dans les fêtes populaires d’Europe centrale.

Le compositeur Roumain Enesco retranscrira également pour le piano des mélodies populaires roumaines connues sous le nom de « Rhapsodie roumaines » (1901) avant de composer des pièces originales inspirées de la technique musicale tzigane faite de gammes chromatiques et de trémolos.

D’origine hongroise, Franz Listz s’aperçut très tôt que les musiques populaires hongroises et bohémiennes pouvaient être une source d’inspiration. Lui qui disait des Tziganes : « le soliste joue une mélodie faite de rupture de mode ou de rythme, il divague durant une improvisation sempiternelle », il composera « à la hongroise » 19 rhapsodies.

Inspiré par la virtuosité des musiciens de l’est, le compositeur espagnol Pablo de Sarasate composa en 1878 « Zigeunerweisen » (« Airs bohémiens ») une œuvre pour violon  dans laquelle les thèmes tziganes et les  csárdás hongroises sont omniprésents.

Un peu plus tard, les compositeurs hongrois Béla Bartok et Zoltan Kodaly distinguèrent les musiques populaires roumaines et hongroises de la musique Tzigane. Le second composa ses douze « Danses de Galánta » en souvenir de son enfance bercée par les violons et les chants en romani des musiciens tziganes de son village.

Pour sa part, Ravel fut un compositeur inspiré par la virtuosité des musiciens tziganes. En 1924, il composa sa « Rhapsodie tzigane » et il la dédia au violoniste virtuose Jelly d’Aranyi. On peut dire que Ravel, tant avec ses emprunts  à la musique populaire de l’est qu’à la musique espagnol et au jazz, a su s’affranchir des codes classiques et de son académisme.

La musique Tzigane a pris toute la place qui lui revenait dans le répertoire classique. Il serait bon de lui en faire plus souvent le crédit

 

Olivier Blochet

Le 20 mai 2018

Copyright Olivier Blochet - mai 2018

 

 

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18 février 2018 7 18 /02 /février /2018 18:01
Photographie d'une famille dans les années 1960

Photographie d'une famille dans les années 1960

En dépit des nombreux articles consacrés aux Tsiganes, ceux-ci restent une énigme pour de nombreux Français.

Les Tsiganes représentent entre 10 et 15 millions de personnes à travers le monde et ils forment en Europe la plus grande minorité. Nous pouvons même aller au-delà en affirmant que partout où ils vivent,  ils constituent une minorité.

C’est au 5ème siècle qu’une petite diaspora quitta le nord de l’Inde. Son identité Tsigane, avec des disparités selon les communautés, s’est formée ultérieurement au fil de leur histoire.

En effet, il n’existe rien de commun aujourd’hui entre un Gitan du sud de la France ou d’Espagne, un Kalderash roumain dont les ancêtres furent esclaves pendant plus de 500 ans en Valachie et en Moldavie, un Gypsy traveller de Grande Bretagne et un manouche de l’est de la France.

Leur seul lien résulte de leur origine commune, mais leur histoire tant culturelle que linguistique et anthropologique présente des différences.

Les généralités prononcées sur les Tsiganes en général et les Roms (les Tsiganes d’Europe centrale) en particulier sont vouées à être caduques, pour ne pas dire discriminantes.

On sait combien de personnalités, souvent au sommet de l’Etat, ne se gênent pas, au mépris de la loi, pour proférer des généralités ou des amalgames fondées uniquement sur leur ignorance à moins que ce ne soit sur leur mauvaise foi.

Il est possible de prendre un autre chemin pour approcher cette communauté mal connue, une voie plus étroite certes, plus confidentielle, sans doute plus subjective aussi : celle de la littérature Tsigane.

Cette pensée littéraire est présente dans de nombreux pays et à ce titre, elle peut être qualifiée de supranationale tant elle exprime des impressions et des réflexions universelles, rarement écrite en romanès, le plus souvent dans la langue nationale des pays dans lesquels résident les auteurs.

Ces auteurs abordent avec bonheur des genres aussi variés que la poésie, le conte, le roman, le récit biographique en puisant dans leur univers culturel, celui de leur pays d’appartenance. Il en serait autrement, c'est-à-dire si leur univers reposait uniquement sur un caractère ethnique, ils donneraient prise à une accusation de discrimination positive. Bien sûr, il existe une similitude esthétique entre eux, mais dans la diversité, avec la volonté de faire connaître un passé collectif souvent oublié par les histoires nationales : l’esclavage durant plusieurs siècles dans les provinces qui forment l’actuelle Roumanie (jusqu’en 1865), les camps d’extermination nazis, les camps d’internement créés par l’administration française durant la seconde guerre mondiale, la ségrégation en Hongrie sous le régime soviétique, la ghettoïsation en Yougoslavie, les bidonvilles en Europe occidentale aujourd’hui. 

La richesse de la culture Tsigane ne doit pas être cantonnée dans leurs musiques aux accents de sonorités d’Europe centrale, de rumba gitana ou plus récemment de swing, cette musique appelée également jazz manouche depuis Django Reinhardt.

Bien qu’elle ne réunisse que peu d’auteurs en raison d’une tradition orale forte, la littérature recèle quelques perles auxquelles des auteurs non-Tsiganes ont apporté également leurs pierres pour éclairer le grand public sur les mœurs réels d’un peuple 

Voici quelques pistes de lecture dont la liste n’est pas exhaustive mais elle donne déjà un panel riche de diversités :

  • Mythes et coutumes religieuses des Tsiganes – Françoise Cozannet - Payot 197
  • Destins Gitans – Donald Kenrick & Grattan Puxon – Tel Gallimard 1974
  • L’holocauste oublié – Christian Bernadac – France empire 1979 
  •   Tsiganes, Gitans, Manouches ? – Bertand Solet – Messidor 1982
  •  Où vas-tu, Manouche ?  - 1982 -  Joseph Doërr
  • Un camp pour les Tsiganes et les autres – 1983 – Jacques Sigot (sur le camps de Montreuil-Bellay dans le Maine et Loire, réédité en 2011 sous le titre «  Des barbelés que découvre l’Histoire »
  • Couleur de fumée - Une épopée Tsigane - Menyhert Lakatos - Actes Sud 1986
  • LesTsiganes, sur la route avec les Rom Lovara – Jan Yoors – Payot 1990
  • Les Tsiganes, une destinée européenne – Henriette Asso – Gallimard 1994
  • Le roi des serpents - Vania de Gila – Wallada 1995
  • Le prix de la liberté – Matéo Maximoff  - Editions Wallada 1996
  • Laissez pleurer les chiens – Michèle Barbier – 2002
  • Secrets de Gitans – Tchalaï – Editions Trajectoires 2002
  • Scènes de la vie Manouche - Il était une fois les Bohémiens – Lick – Wallada 2003
  • La prière des loups - Vania de Gila – Wallada 2005
  • ABC de la magie Tsigane – Marc Louis Questin – Grancher 2005
  • Enterrez-moi debout - Isabel Fonseca – Albin Michel 2005
  • La France des Tsiganes – Emmanuel Filhol – Pemf 2006
  • Princes parmi les hommes – Garth Cart Wright – Buchet-Chastel 2007
  • Roms et Tsiganes – Jean Pierre Liégeois – Repères 2009
  • Pâni et le peuple sans frontière – Roberto Lorier – Wallada 2010
  • Roms, Tsiganes, Voyageurs : l’éternité et après – Claire Auzias – Indigène édition 2010
  • DictionnaireTsigane - Louis de Gouyon Matignon – L’Harmattan 2012
  • Tsiganes, la liberté à tout prix - Elisabeth Reynaud - Télémaque 2013 
  • Gitans, Tsiganes, Roms – Marc Bordigoni – Le Cavalier Bleu 2013
  • Gens du voyage je vous aime - Louis de Gouyon Matignon - Michalon 2013
  • Nous sommes tous des Roms Tsiganes – Alain Fourest – Editions Mélibée 2013
  • Apprendre le Tsigane – Louis de Gouyon Matignon – L’Harmattan 2014
  • Les Tsiganes de France ou l’histoire des éternels étrangers – Olivier Blochet – 2014
  • Contes, Légendes et Chroniques Tsiganes – Olivier Blochet – Editions La Comoé 2015

Nous pouvons également citer l’excellente revue « Etudes Tsiganes ».

Ces ouvrages permettent d’appréhender la culture Tsigane avec des degrés de difficultés différents allant d’essais à des livres plus abordables comme les romans ou les recueils de contes. Ces derniers présentent d’ailleurs un intérêt approprié à la découverte par les enfants non-Tsiganes des enfants du voyage.

Le très riche patrimoine oral, ainsi partiellement sauvegardé, mérite d’être découvert ou redécouvert. Malheureusement, certains ouvrages sont épuisés mais nous pouvons encore les trouver en occasion sur certaines plateformes de ventes.

Il existe certes un obstacle supplémentaire, la perte de l’usage progressif de la langue que certains tentent de revivifier avec des dictionnaires ou des manuels de conversation comme Louis de Gouyon-Matignon.

La valorisation de la culture Tsiganes par l’intermédiaire de la littérature pourrait devenir un moyen d’enrayer la stigmatisation incessante de toutes ces communautés mal connues. La peur de l’inconnu entraîne dans l’esprit de l’opinion publique un rejet sur lequel les politiques surfent pour mettre en place un système d’exclusion alors même qu’en France, les familles Tsiganes et Gitanes sont souvent Françaises depuis plus longtemps que leurs détracteurs.

 

Olivier BLOCHET

Le 18 février 2018

 

© Droits réservés – Olivier Blochet - février 2018

PS : certains ouvrages sont disponibles chez l'auteur de cette chronique que vous pouvez joindre par l'intermédiaire du blog

 

L'ENIGME TSIGANE
L'ENIGME TSIGANE
L'ENIGME TSIGANE

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18 novembre 2017 6 18 /11 /novembre /2017 11:15
LA DOMICILIATION DES GENS DU VOYAGE PAR LES CCAS

La loi du 27 janvier 2017 relative à l’égalité et à la citoyenneté a abrogé les dernières dispositions jugées discriminantes spécifiques aux gens du voyage contenues dans la loi du 3 janvier 1969, à savoir :

  • l’obligation de détenir un livret de circulation ;
  • l’obligation d’une commune de rattachement (par arrêté).

Le décret d’application du 2 novembre 2017 organise le domiciliation des gens du voyage par les CCAS.

Comme toutes les personnes « sans domicile stable », Le nombre des gens du voyage français, terme administratif datant de 1962, et devenu péjoratif pour désigner les Tsiganes Français, est estimé à 350 000 personnes. Si 70 % de cette population est aujourd’hui sédentarisé, certaines familles sont « sans domicile stable ».

Désormais, ces dernières sont de droit domiciliés dans le CCAS ou CIAS dont dépend leur ancienne commune de rattachement ou dans un organisme agréé de leur choix.

L’article de droit commun  264-1 du Code de l’action sociale et des familles (CASF), modifié par la loi Alur du 24 mars 2014 leur est à présent appliqué.

 

Il prévoit que :

« pour prétendre au service des prestations sociales légales, réglementaires et conventionnelles, à l’exercice des droits civils qui leur sont reconnus par la loi, ainsi qu’à la délivrance d’un titre national d’identité, à l’inscription sur les listes électorales ou à l’aide juridictionnelle, les personnes sans domicile stable doivent élire domicile soit auprès d’un centre communal ou intercommunal d’action sociale, soit auprès d’un organisme agréé à cet effet »,

sous réserve de produire l’un des justificatifs listés par ledit décret du 2 novembre 2017 :

1° Un arrêté prononçant le rattachement de la personne concernée à une commune en cours de validité au 27 janvier 2017 ;


2° Un livret spécial ou un livret de circulation en cours de validité au 27 janvier 2017 ;


3° Un récépissé de dépôt d'une demande de prorogation de validité du livret spécial ou du livret de circulation en cours de validité au 27 janvier 2017 ;


4° Une attestation de perte, de vol, de destruction ou de détérioration du livret spécial ou du livret de circulation en cours de validité au 27 janvier 2017.


Pour l'application seuls les livrets spéciaux de circulation et les livrets de circulation en cours de validité au 27 janvier 2017 sont acceptés comme pièces justificatives.

 

Olivier Blochet

Le 18 novembre 2017

 

© Droits réservés – Olivier Blochet - novembre 2017

 

 

 

 

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7 novembre 2017 2 07 /11 /novembre /2017 19:10

 

Chez les Tsiganes, la mort est accueillie par l'ensemble du groupe par des pleurs et des lamentations.

Longtemps, les Tsiganes ont dû enterrer leurs morts au fond d'un trou au bord de la route ou au pied d'un arbre, tant ils étaient obligés de traverser rapidement certaines régions dans lesquelles ils n'étaient pas les bienvenus.

Il est surprenant de voir avec quelle rapidité, les familles et amis sont prévenus du décès d'un Tsigane. Malgré la distance, ils sont présents pour partager avec toute la communauté ces moments de tristesse et de recueillement. Il va sans dire que c'était la même chose avant l'invention du téléphone portable !

Le mort est veillé généralement 3 jours et 3 nuits, mais selon les endroits et les groupes, la veillée peut être beaucoup plus longue. Pleurs, lamentations exercent comme une musique lancinante pour accompagner le défunt dont l'âme observe le comportement de chaque personne présente. Le respect est de mise. Durant la veillée, les hommes peuvent parler et boire, sans s'enivrer, mais ils ne doivent pas parler du mort.

La caravane est décorée de tentures, des centaines de bougies brûlent durant le temps de la veille dont la durée permet à chacun de dire un dernier adieu.

Symbolique oblige, le feu de camp crépite près de la caravane. Les hommes, les femmes, les enfants sont autour du feu en attendant la cérémonie. 

Les Tsiganes selon leur pays de résidence acceptent les cérémonies catholiques, protestantes ou musulmanes.

On dépose dans le cercueil de petites poupées fabriquées par les femmes, de petits bijoux, un violon, une guitare, des lettres, du tabac, de la monnaie ... afin que le défunt puisse rejoindre l'au-delà dans de bonnes conditions.

Anciennement, la tradition voulait qu'après les funérailles, la caravane du défunt  soit brûlée, Il s'agissait probablement d'une survivance de la crainte des épidémies, née au moyen âge. Cette tradition, aujourd'hui abandonnée, préservait l'âme du défunt " le mulo", un esprit gênant, tourmentant les vivants. Le mulo est à la fois la mort et l'esprit de la mort qui rode autour du campement et se venge si l'on ne rend pas un culte vivace à sa mémoire. Les Tsiganes sont superstitieux et plus sensibles à l' « univers de la magie » qu'au rationnel des gadgé.

 

LES TSIGANES : LA MORT ET LES TOMBEAUX

Désormais, On fait en sorte que la mort intervienne à l'extérieur de la caravane, ou à l'hôpital, pour éviter de la brûler. On tolère également que la caravane soit vendue à un gadjo.

Une chose est sûre, le prix d'une caravane aujourd'hui dépasse très largement la valeur d'une antique verdine vermoulue.

Alors la famille continue d'y habiter.

Par contre, pour respecter encore un peu la tradition, les affaires du défunt sont détruites à l'exception de petits objets personnels sans valeur que les proches gardent en souvenir.

Le fatalisme domine la mentalité Tsigane, alors si la durée du deuil est variable, une fois la cérémonie achevée, le Tsigane n'est plus triste, la vie reprend ses droits.

Les caveaux des Tsiganes sont parfois très grands et très fleuris, symbole de la vie, de leur aisance et de l'amour que leur famille leur porte. Il est d’ailleurs impossible de ne pas les remarquer tant leur style baroque détonne avec les pierres tombales traditionnelles. Parfois même, l’un des défunts est représenté sous la forme d’une statue.

Elles prennent souvent la forme de fastueuses petites chapelles, décorées de bustes ou de statues en référence à la passion professionnelle du défunt. Dans chacune d’elles, nous pouvons y voir des photographies des défunts et de petits objets personnels, mais depuis la profanation régulière des petites chapelles, les familles ne laissent plus de bijoux.

 

Olivier BLOCHET

Le 7 novembre 2017

 

Cette chronique est déjà parue le 26 janvier 2014 sous le titre "Les Tsiganes et la mort". Pour cette nouvelle publication, le texte a été modifié et enrichi de nouvelles photographies de tombeaux familiaux de toute beauté.

 

 

© Droits réservés – Olivier Blochet - novembre 2017

Petites chapelles à Château Gontier (source : photos France Bleue Mayenne)
Petites chapelles à Château Gontier (source : photos France Bleue Mayenne)

Petites chapelles à Château Gontier (source : photos France Bleue Mayenne)

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19 juin 2017 1 19 /06 /juin /2017 08:00
Le camps de Montreuil-Bellay (Maine et Loire)

Le camps de Montreuil-Bellay (Maine et Loire)

 

Les tentatives de sédentarisation de la population nomade, et principalement Tziganes, remontent à l’instauration par le ministre Colbert du « code noir ». L’ensemble de la population nomade française devait se plier à cette règle, à défaut les hommes étaient promis aux galères et les femmes et les enfants à l’internement.

Sous le Consulat, le Général de Castellane, Préfet des Basses-Pyrénées procéda, avec l'aide de l'armée espagnole, à l'arrestation de 500 Bohémiens emprisonnés à Saint Jean Pied de Port et destinés à être déportés en Louisiane. Peu d'entres eux prirent cette destination en raison de la vente de la Louisiane aux Etats Unis. Bonaparte signa alors un décret aux termes duquel les Bohémiens devaient être installés comme fermiers dans une zone désertique des Landes. Mais en définitive, ils furent envoyés dans les Alpes pour construire des routes. Considérés comme des bagnards, ils étaient ferrés aux chevilles. D'autres furent envoyés dans les salines en Camargue. Quant aux femmes et aux enfants, ils furent dispersés dans quatre dépôts (centres de détention). Au terme de quatre années, libérés, ces Bohémiens retournèrent au Pays Basque par attachement au territoire où ils avaient vécu et où leurs morts étaient enterrés. 

Leur situation ne connue ensuite aucune amélioration jusqu'aux événements qui ont marqués dramatiquement le 20ème siècle.

Beaucoup d’historiens jettent un voile pudique sur les circonstances réelles de l’internement des Tziganes pendant la seconde guerre mondiale, portant la responsabilité de celui-ci sur l’occupant nazis. La réalité est moins reluisante.

Après la déclaration de la guerre, le Président de la République Albert Lebrun décida, dès le mois de septembre 1939, de limiter la circulation des nomades dans les départements côtiers et frontaliers au motif que « les incessants déplacements des nomades leur permettent de surprendre les mouvements de troupes, des stationnements d’unités […] renseignements importants qu’ils sont susceptibles de communiquer à des agents ennemis ». Il s’agissait d’une suspicion de trahison au profit de l’ennemi dont les nomades avaient déjà fait les frais lors de la guerre de 1870 et durant la première guerre mondiale.

Cette interdiction de circulation fut très vite élargie à tout le territoire métropolitain, durant toute la durée de la guerre. Ce fut le préalable à l’enfermement.

Le travail des gendarmes français fut facilité par l’existence du fichier administratif des 40 000 nomades détenteurs du « carnet anthropométrique d’identité » institué par la loi du 16 juillet 1912. Ce carnet contenait des indications sur la taille, l’envergure, la pigmentation de la peau, l’âge apparent, la longueur du nez et de l’oreille droite. En outre, il contenait deux photographies et cinq empreintes digitales.

Alors qu’en Allemagne les nazis ne s’intéressaient qu’au caractère ethnique des « Zigeuners » (Tziganes), les autorités françaises ne connaissaient que la catégorie administrative des nomades.

En France, par décret du 6 avril 1940, suivi d’une circulaire du ministre de l’intérieur aux préfets le 29 avril 1940, la France créa les camps d’internement. On peut dire que la France, à cette époque, devança la demande des nazis, car l’occupant considérait qu’il appartenait à l’administration française de contrôler les nomades. Ainsi, dès l’instauration du régime de Vichy et sous l’autorité de Xavier Vallat, Commissaire aux questions juives, l’assignation à résidence puis l’internement, après confiscation des carnets de circulation, porta sur plus de 30 000 Tziganes sur l’ensemble du territoire. Fin 1940, vingt six camps importants, gardés par les gendarmes, fonctionnaient dans la zone sud dont Mérignac (33) et seize dans la zone nord dont Montreuil-Bellay (49), Poitiers (86), Linas-Montlhéry (91). Le nombre de camps fut même, à une période, de plus d’une centaine dont la plupart n’ont pas été répertoriés s’agissant de camps éphémères. Les biens de ces familles furent confisqués en dehors de toute légalité : chevaux, roulottes, cirques et outils …

L’un des camps les plus importants fut celui de Montreuil-Bellay, dans le Maine et Loire avec plus de 1 026 résidents en avril 1942. Lors des raids alliés en 1944, quelques bombes frappèrent ce camp qui fut fermé le 1er janvier 1945. Il en demeure quelques traces. Une stèle commémorative a été inaugurée en 1988, avant d’être vandalisée à coup de pierres en 1990. Une nouvelle stèle a été installée et les vestiges du camp sont inscrits au patrimoine des sites historiques depuis juillet 2010.

Les conditions de vie quotidienne dans ces camps étaient difficiles en raison du manque de vêtements, de l’insalubrité, du manque d’eau et de la malnutrition. A cause du manque d’hygiène, on recensa la présence de poux, de sarcoptes (parasites à l’origine de la gale), la présence de rats et de nombreux cas de maladies de peau dues à la malpropreté. La malnutrition et les maladies constituaient deux des causes principales de mortalité, les plus vulnérables étant les enfants qui représentaient 40 % de la population internée. Les hommes travaillaient dans des exploitations agricoles ou forestières. Pour éviter que les hommes ne s’évadent, leurs enfants étaient enfermés dans des cachots le temps de la journée de travail. L’argent gagné servait partiellement à couvrir les frais de leur internement et à " les guérir de leur oisiveté" légendaire. Dans certains camps, les autorités tentaient parfois de sociabiliser les Tziganes en les scolarisant et en leur faisant faire le catéchisme.

Les tentatives d’évasions étaint malgré tout nombreuses, mais elles ne duraient pas longtemps, les gendarmes trouvant souvent dans la population environnante des auxiliaires pour les intercepter et les livrer à la gendarmerie. Mais ceux qui parvennaient à fuir rejoignaient souvent le maquis.

Toutefois, les Tziganes Français, contrairement aux familles juives, n'ont pas été remis massivement aux autorités allemandes. On observera toutefois que la municipalité de Poitiers envoya 70 Tzigane internés à Oranienburg-Sachenhaussen ou à Buchenwald en janvier 1943 pour éviter la déportation de jeunes de la région.

La déportation de Tziganes Français portera tout de même sur plusieurs milliers d’individus de la région Nord-Pas de Calais, rattachée au commandement militaire de la Belgique. Les convois de Juifs étaient complétés par des Tziganes arrêtés sur les routes. C’est ainsi que plus de 15 000 d’entre eux mourront en déportation, principalement à Auschwitz.

La responsabilité de l’administration française est entière dans les conditions de vie difficiles que connurent des centaines de familles jusqu’en 1946, soit un an après l’armistice, comme dans « le camp des Alliers » près d’Angoulême en Charente, en l’absence de directives claires données aux autorités locales après la libération. A la servilité de Vichy succéda le désintérêt pour le sort des Tziganes de la part des structures administratives issues de la résistance.

Ainsi, après la libération de la France par les alliés, il fallu attendre jusqu’à la fin du mois de mai 1946 pour que les derniers Tziganes internés soient libérés. Comble de la bêtise administrative, alors que ces familles avaient tout perdu et qu’elles se retrouvaient de nouveau sur la route, une circulaire du 24 juillet 1946 invita les maires à distinguer entre les « bons Tziganes », ceux qui acceptaient la sédentarisation, et les « mauvais Tziganes », ceux qui voulaient continuer leur nomadisme.

Sachant que les Tziganes ne furent pas indemnisés de la perte de leurs biens, roulottes, instruments de musique, camions, cirques, chevaux, terrains, leur situation devint encore plus préoccupante.

C’est alors qu’une profonde amnésie frappa la France.

Sans l’action d’associations, les vestiges des camps auraient disparu et aucune plaque ne rappellerait les sombres heures de l’internement d’une partie de la population française coupable de ne pas être sédentarisée. Dans les manuels scolaires, le génocide des Tziganes est à peine effleuré. Pire, la Loi du 3 janvier 1969(*), dérogatoire au droit commun, leur appliqua, jusqu’à une date encore récente, des mesures de détentions de carnets et de livrets de circulation et un certain nombre de contraintes administratives dérogatoires au droit commun, à croire qu’ils étaient des citoyens français de seconde zone.

Les nombreuses initiatives pour abroger cette Loi et obtenir la reconnaissance officielle de la responsabilité de la République Française dans l’internement des Tziganes ont fini par porter leurs fruits

Le 29 octobre 2016, sur le site de Montreuil-Bellay, un hommage national a été rendu aux Tziganes internés, en présence du Président François Hollande. Dans un discours très attendu, le Président de la République a reconnu officiellement la responsabilité de la République Française dans les souffrances des Tsiganes internés. Un nouveau monument commémoratif a également été inauguré.

Au-delà de la reconnaissance de l’horreur de l’internement  et l’abrogation d’une loi d’exception digne des périodes les plus noires de l’histoire de France, il reste à vaincre les difficultés rencontrées par les familles pour leur permettre un accès normal à la scolarité et à la santé.

Mais ce qui prendra le plus de temps, ce sera de vaincre les préjugés. Le « sans feu ni lieu » s’est transformé au fil du temps en « sans foi ni loi » car les exactions d’une minorité ternissent la réputation d’une majorité soucieuse de vivre selon ses traditions, tout en respectant les règles de la société.

Le regard de notre société sur cette communauté est également une forme d'internement social.

 

 Olivier BLOCHET

Le 19 juin 2017

© Droits réservés – Olivier Blochet - juin 2017

Bibliographie :

LES TSIGANES DE FRANCE OU L'HISTOIRE DES ÉTERNELS ÉTRANGERS - Éditions La Comoé - seconde édition 2017 - 164 pages - 14,50 euros (commande sur papier libre à Olivier Blochet, 8 rue Principale 79290 Brion Près Thouet , en joignant votre chèque. frais de port offerts. Dédicace sur demande).

(*) La loi du 3 janvier 1969 relative à l’exercice des activités ambulantes et au régime applicable aux personnes circulant en France sans domicile ni résidence fixe, dites « gens du voyage », assouplit ce régime, mais maintenait un dispositif dérogatoire au droit commun, notamment en substituant aux carnets anthropométriques des titres de circulation.

 

L'INTERNEMENT DES TZIGANES EN FRANCE

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2 mai 2017 2 02 /05 /mai /2017 18:20
Affiche du spectacle

Affiche du spectacle

 

Lorsque j'ai publié "CONTES, LEGENDES & CHRONIQUES TSIGANES" (Editions La Comoé 2015) je ne pensais pas que ce livre destiné à mieux faire connaître aux enfants l'univers imaginaire de la communauté Tsigane rencontrerait autant de succès auprès des enfants, des professeurs de français et des ... adultes en général.

La nouvelle vie de ces belles histoires réécrites pour être abordables par des enfants à partir de 10 ans était déjà une jolie satisfaction personnelle jusqu'à ce qu'au mois d'octobre 2016, les auteurs Françoise Faure et Robert Albert me demandent mon accord pour adapter des récits tirés de ce livre pour le théatre pour enfants. Je ne me considère pas comme le dépositaire de la culture Tsigane, et j'ai dit oui sans hésiter.

Et ce matin, je découvre l'affiche du spectacle qui sera joué samedi 6 mai 2017 à BONNAT, dans la Creuse, avec le petit texte suivant :

Les Mini-Tréteaux : Troupe de théâtre enfants, composée de 8 comédiens de 10 à 13 ans, plus 2 techniciens de 15 et 16 ans.
Le spectacle : 5 contes adaptés pour le théâtre (et pour être joués par des enfants), dont 3 tirés de "Contes et légendes tsiganes" d'Olivier BLOCHET dit Le Niglo.
Entrée libre et gratuite.

Une nouvelle joie pour moi dont l'objectif est, depuis plusieurs années, de proposer une réflexion de nature à faire porter un autre regard sur la communauté Tsigane.

 

Olivier Blochet

Le 2 mai 2017

 

© Droits réservés – Olivier Blochet - mai 2017

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22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 08:20
Les différentes sortes de livrets de circulation (la carnet a été supprimé le 5 octobre 2012)

Les différentes sortes de livrets de circulation (la carnet a été supprimé le 5 octobre 2012)

 

 

Dans le but de contrôler les nomades – et non pour les obliger à se sédentariser comme nous le lisons trop souvent -,  les autorités françaises leur imposent dès juillet 1912 de se soumettre à la détention obligatoire d’un carnet anthropométrique d'identité, individuel pour toute personne âgée de plus de 13 ans et collectif pour les chefs de famille. Ils ont l’obligation de le détenir en permanence pour répondre aux contrôles et ils ont l’obligation de leur  faire viser en gendarmerie à leur arrivée dans une ville et lorsqu’ils quittent celle-ci. Leurs véhicules doivent être munis de plaques spéciales de couleur bleue.

Ces dispositions permettaient de mettre sous étroite surveillance les nomades, suspectés de collusion avec l’ennemi car susceptibles de repérer les mouvements de troupes.

Lorsque le régime de Vichy décide d’assigner à résidence (on notera l’aberration de la mesure frappant des nomades) puis de les interner dans des camps, le travail des gendarmes fut facilité par le fichage de cette population depuis près de 30 ans. Les  arrestations, le choix d’implantation des camps et leur gestion furent placées sous la responsabilité des préfets. A la libération, au prétexte que la mesure portait sur toute la durée de la guerre, les autorités Françaises ne procédèrent à la libération des prisonniers qu’après la signature du décret du 10 mai 1946 mettant officiellement fin à la guerre.

Le carnet anthropométrique supprimé en 1969 a été remplacé par le carnet de circulation (abrogé par une décision du Conseil Constitutionnel le 5 octobre 2012) et le livret de circulation instituant ainsi un régime administratif discriminant à la population Française non sédentarisée que l’administration, en 1962, désigna sous l’appellation de « gens du voyage ». Ceux-ci ont l’obligation de les détenir sous peine d'amende et ils sont astreints à une obligation de rattachement à une commune. A cet égard, rappelons qu’il est interdit à une commune de compter plus de 3 % de "gens du voyage" dans sa population afin que ceux-ci ne pèsent pas sur le résultat des élections locales.  Pourtant, qu’ils soient Manouches ou Gitans, ces familles sont françaises depuis le 15e siècle, c'est-à-dire depuis souvent bien plus longtemps que leurs plus fervents détracteurs.

Depuis plusieurs dizaine d’années, les « gens du voyage » qui regroupent principalement les communautés Manouches et Gitanes réclament l’abolition de cette législation d’exception par la voix des associations.

Dans son discours du 29 octobre 2016, François Hollande a reconnu officiellement la responsabilité de la République Française dans l’internement des Tsiganes et de ses conséquences. Il est également revenu sur la proposition de Dominique Raimbourg, président de la commission nationale consultative des gens du voyage d’abroger la loi de 1969, dans le cadre du projet de loi « Egalité et Citoyenneté » actuellement en discussion au Sénat. Le livret de circulation devrait donc être supprimé. Un autre espoir est lié à cette loi, celui de la reconnaissance de la caravane comme un logement et non plus seulement comme un domicile afin de bénéficier d’aides publiques liées au logement.

Au-delà de la reconnaissance de l’horreur de l’internement  et l’abrogation d’une loi d’exception digne des périodes les plus noires de l’histoire de France, il reste à vaincre les difficultés rencontrées par les familles pour leur permettre un accès normal à la scolarité et à la santé.

Mais ce qui prendra le plus de temps, ce sera de vaincre les préjugés. Le « sans feu ni lieu » s’est transformé au fil du temps en « sans foi ni loi » car les exactions d’une minorité ternissent la réputation d’une majorité soucieuse de vivre selon ses traditions en respectant les règles de la société.

 

 

Olivier Blochet

Le 22 novembre 2016

 

© Droits réservés – Olivier Blochet - novembre 2016


 

Lors de la cérémonie du 29 octobre 2016, quelques membres de la communauté Tsigane brandissent leurs carnets de circulation (copyright Olivier Blochet)

Lors de la cérémonie du 29 octobre 2016, quelques membres de la communauté Tsigane brandissent leurs carnets de circulation (copyright Olivier Blochet)

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